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Christophe Lécapène

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Christophe Lécapène
Co-empereur byzantin
Image illustrative de l’article Christophe Lécapène
Solidus de Romain Ier et de Christophe Lécapène.
Règne
-
10 ans, 3 mois et 11 jours
Période Macédonienne
Co-empereur Romain Ier Lécapène (920-944)
Constantin VII (913-959)
Étienne Lécapène (924-945)
Constantin Lécapène (924-945)
Biographie
Naissance vers 895
Décès (~36 ans)
Père Romain Ier Lécapène
Mère Maria
Épouse Sophie
Descendance Marie
Romain
Michel

Christophe Lécapène (en grec Χριστόφορος Λακαπηνός), né vers 895 et mort le est le fils aîné de Romain Ier Lécapène et de sa première épouse Maria.

Jeunes années

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Christophe Lécapène est le fils aîné et le deuxième enfant (après sa sœur Hélène Lécapène) du général byzantin Romain Ier Lécapène et de son épouse Théodora. Ses cadets sont Agathe, qui épouse l'aristocrate byzantin Romain Argyre ; Étienne et Constantin, coempereurs de 924 à 945 ; Théophylacte, patriarche de Constantinople de 933 à 956 ; ainsi que deux sœurs cadettes dont les noms ne sont pas connus[1],[2].

Avant que Romain ne devienne coempereur en 920, Christophe épouse Sophie, fille de Nicétas, un riche patrice d'origine slave établi dans le Péloponnèse. Les sources ne livrent toutefois aucune autre information sur les premières années de sa vie[3],[4]. Ensemble, ils ont pour enfants :

Au printemps 919, Romain, qui a alors pris le contrôle du palais de Boucoléon à Constantinople par la force militaire, fait épouser sa fille Hélène Lécapène au jeune empereur de treize ans Constantin VII Porphyrogénète, seul souverain depuis 913. Il assume dès lors la fonction de tuteur de l'empereur, tandis que Christophe lui succède comme grand hétériarque, commandant de la garde du palais[5],[6]. Romain obtient rapidement son propre couronnement des mains du patriarche Nicolas Ier Mystikos en décembre 920, avant de se faire reconnaître comme empereur principal, devant le jeune Constantin dans l'ordre de préséance. Le 6 janvier 921, il fait également couronner son épouse, Théodora, au rang d'Augusta[7],[8].

Afin de consolider davantage sa position et dans la perspective de faire prévaloir sa propre famille sur la dynastie macédonienne, à laquelle appartient Constantin VII, Romain fait couronner Christophe coempereur le 20 mai 921[2],[3],[6],[9]. Lorsque la mère de Christophe, Théodora, meurt le 20 février 922, son épouse Sophie est élevée à son tour à la dignité d'Augusta, aux côtés d'Hélène Lécapène[2],[10],[7].

Certains solidi (pièces d'or de la monnaie byzantine) frappés durant le règne de Christophe représentent celui-ci et Constantin VII Porphyrogénète tous deux barbus. Le numismate Philip Grierson explique ce choix comme résultant « vraisemblablement du désir de concilier la préséance officielle de Constantin [Porphyrogénète] avec l'âge plus avancé de Christophe et la volonté de Romain de favoriser son propre fils »[11]. D'autres émissions excluent complètement Constantin VII et ne montrent que Romain et Christophe ; sur ces monnaies, Christophe apparaît imberbe et de taille plus petite que son père[12].

En 924, les frères cadets de Christophe, Étienne Lécapène et Constantin Lécapène, sont à leur tour couronnés coempereurs[13],[14]. L'historien de vulgarisation John Julius Norwich les décrit comme immoraux, corrompus et « sans valeur ». À ses yeux, Christophe, au contraire, « montre certaines qualités prometteuses et aurait sans doute été digne de succéder à son père s'il avait vécu assez longtemps »[15].

Le 8 octobre 927[2], dans le cadre du traité de paix conclu avec la Bulgarie, la fille de Christophe, Marie, rebaptisée Irène paix ») pour l'occasion[13], épouse l'empereur bulgare Pierre Ier de Bulgarie[16]. Le mariage d'une princesse byzantine avec un souverain étranger constitue alors un événement tout à fait exceptionnel[3],[6],[17]. Le 10 octobre, troisième jour des festivités célébrées à Pégai, Christophe est placé devant Constantin VII dans l'ordre de préséance. Cette décision est prise à l'insistance des Bulgares et a probablement été orchestrée par Romain[2],[3],[6],[17].

En 928, le beau-père de Christophe, Nicétas, tente sans succès de l'inciter à renverser Romain ; il est alors exilé[2],[6],[18]. Cette tentative de coup d'État s'explique peut-être par la santé fragile de Christophe et par les craintes de son épouse et de son beau-père de perdre leur influence en cas de décès prématuré de celui-ci[6],[18]. En 929, ou peu après, Christophe tient le rôle de témoin principal lors du mariage du prince bulgare Ivan, réfugié à Constantinople après avoir conspiré pour s'emparer du trône bulgare[2],[19].

Christophe meurt en août 931. Plusieurs poèmes anacréontiques composés par un auteur anonyme entre 931 et 944 pleurent sa disparition[2],[20]. Il est inhumé au Monastère du Myrélaion, rompant ainsi avec la longue tradition qui veut que les empereurs soient enterrés à l'église des Saints-Apôtres. Fils préféré de Romain, il est profondément pleuré par son père, qui verse des larmes « plus abondantes que celles des Égyptiens », selon Théophane Continué, et se consacre dès lors de plus en plus à la religion[21],[22]. Peu après la mort de Christophe, Sophie se retire elle aussi de la cour pour entrer dans un monastère, où elle meurt par la suite[21],[22]. La disparition de Christophe affaiblit également l'alliance entre les Empires byzantin et bulgare. L'impératrice de Bulgarie Irène cesse ses fréquents voyages dans sa patrie après la mort de son père et ne s'y rend plus qu'une seule fois[21].

La mort de Christophe laisse comme coempereurs son père Romain, ses deux frères Étienne Lécapène et Constantin Lécapène, ainsi que Constantin VII. En décembre 944, Étienne et Constantin renversent leur père et le contraignent à se retirer dans un monastère sur l'île de Prôtè, dans les îles des Princes. Lorsqu'ils tentent ensuite de déposer également Constantin VII, la population de Constantinople se soulève. Après un fragile triumvirat d'environ quarante jours, les deux frères sont à leur tour exilés en janvier 945 sur ordre de Constantin VII[23].

Notes et références

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  1. Kazhdan 1991, p. 1204.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 PmbZ, Christophoros Lakapenos #21275.
  3. 1 2 3 4 Grierson et Bellinger 1973, p. 528.
  4. Runciman 1988, p. 64.
  5. Runciman 1988, p. 58-60.
  6. 1 2 3 4 5 6 Kazhdan 1991, p. 442.
  7. 1 2 PmbZ, Theodora #27602.
  8. Runciman 1988, p. 62.
  9. Runciman 1988, p. 65–66.
  10. Runciman 1988, p. 67.
  11. Grierson et Bellinger 1973, p. 530.
  12. Grierson et Bellinger 1973, p. 534.
  13. 1 2 Kazhdan 1991, p. 1639.
  14. Ostrogorsky 1957, p. 270.
  15. Norwich 1992, p. 156.
  16. Previté-Orton 1975, p. 256.
  17. 1 2 Runciman 1988, p. 67, 97.
  18. 1 2 Runciman 1988, p. 71–72.
  19. Runciman 1930, p. 187–188.
  20. Høgel 2002, p. 79.
  21. 1 2 3 Runciman 1988, p. 78.
  22. 1 2 Grierson et Bellinger 1973, p. 526.
  23. Runciman 1988, p. 232-234.

Bibliographie

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