Christian David (malfaiteur)

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Christian David
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Biographie
Naissance
Surnom
Le Beau SergeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité

Christian David, dit « Le Beau Serge », né en 1930, est un voyou des années 1960. Ancien membre du Service d'action civique (SAC), le service d'ordre gaulliste, il fut, peut-être, impliqué dans l'affaire Ben Barka.

Parcours[modifier | modifier le code]

Petit braqueur devenu barbouze au SAC, mêlé à la guerre d'Algérie en effectuant des interrogatoires musclés de membres de l'OAS et de partisans de l'Algérie française dès 1961 à la caserne des Tagarins à Alger. Christian David est devenu par la suite proxénète et trafiquant lorsqu'il se retrouve mêlé aux réseaux de la French Connection.

Assassinat du commissaire Galibert à Paris[modifier | modifier le code]

Parallèlement, il est recherché à Paris pour le meurtre d'un commissaire de police[1]. En effet, le 2 février 1966, le commissaire Maurice Galibert, chef du groupe de répression du banditisme de la première brigade mobile pénètre vers cinq heures du matin, dans un bar de la rue d'Armaillé, à Paris, « le Saint-Clair ». Il espère mettre la main sur un des habitués du bar, Julien le Ny, recherché pour sa participation à l'enlèvement, l'année précédente de Mehdi Ben Barka[2]. Le Ny n'est pas au « Saint-Clair ». Mais, en vérifiant l'identité des clients, le commissaire découvre un visage connu : celui du « Beau Serge », recherché pour vols de voitures et des cambriolages, fiché comme extrêmement dangereux[2]. Le policier lui ordonne de les suivre. Il prend son manteau et dans la poche il a une arme. Il la sort, tire, tue Galibert et blesse les deux inspecteurs[3]. Il s'enfuit[4].

Fuite au Mexique et French Connection[modifier | modifier le code]

Il fut pris en charge par les réseaux des Guérini, le faisant passer par l'Italie, l'Afrique et enfin l'Amérique du Sud. En 1966, il trouve refuge au Brésil. Sur place, il travaille avec les réseaux d'Auguste Ricord, patron de la filiére sud-américaine de l'héroïne et ancien associé d'Henri Lafont, le chef de la Gestapo française. L'antenne parisienne du Bureau américain des Narcotiques connaissait depuis des mois la présence de Christian David dans l'entourage de Ricord, mais malgré leur souci de venger l'un des leurs, les policiers ne semblaient plus s'intéresser beaucoup à ce personnage encombrant.

Personnage "encombrant" pour le monde politique français[modifier | modifier le code]

Christian David, en effet, est bien placé pour connaître les liens qui existent entre le SAC, le « milieu » et certaines filières internationales de trafic d'héroïne ou d'armes. Beaucoup de gens de Paris, à Lyon, à Grenoble, à Bordeaux, à Nice, à Marseille, lorsqu'il fut arrêté au Brésil, à Salvador de Bahia, en 1972 avec Auguste Ricord, on le torture, pensant qu'il pourrait parler. Ce qui créa un grand remue-ménage en France. La même année, il fut extradé vers les États-Unis où il purgea sa peine pour trafic d'héroïne. Les cellules sont des cellules d'isolement sensoriel, d'hôpitaux psychiatriques[2].

L'assassinat de John Fitzgerald Kennedy[modifier | modifier le code]

Selon le journaliste Stephen Rivele (Assassination of John F Kennedy) Christian David lui aurait avoué qu'Antoine Guérini aurait envoyé des tueurs à Dallas et que c'est un certain Lucien Sarti qui aurait tiré sur Kennedy depuis le monticule herbeux (grassy knoll)[5].

Suites judiciaires[modifier | modifier le code]

Après avoir purgé treize ans de réclusion pour trafic d'héroïne aux États-Unis, il est extradé vers la France en 1985. Après que le procès eut été reporté quatre fois, le 14 septembre 1989, Christian David est condamné à quinze ans de réclusion criminelle pour le meurtre du commissaire Galibert en 1966[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://members.optusnet.com.au/tnorth/lexpressarticle.htm
  2. a b et c Le Nouvel Observateur no 418 du 13 novembre 1972
  3. Paris 60's : au cœur du Milieu
  4. Les truands au service du pouvoir
  5. Thierry Lentz L'assassinat de JFK: l'histoire d'un mystère d'état, éd. nouveau monde 2010
  6. Le «beau Serge»

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henrik Krüger, The Great Heroin Coup : Drugs, Intelligence, and International Fascism, Boston: South End Press, 1980. 240 pages (d'abord publié au Danemark sous le titre Smukke Serge og Heroinen en 1976) (ISBN 0-89608-031-5)
  • On peut le voir égrener quelque souvenirs dans le documentaire de Jérome PIERRAT " Caids Story: 1939-1945 Les voyous dans la guerre " diffusé en novembre 2011 sur la chaine Planète et visible sur Youtube depuis juillet 2018. Il y est indiqué qu'il a fait au total 30 années de prison (USA et France)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]