Chambas

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Chambas

Populations significatives par région
Population totale 200 000-250 000
Autres
Langues Samba Daka, Samba Leko
Religions Religions traditionnelles africaines, islam

Les Chambas constituent une population d'Afrique de l'Ouest, surtout présente au Nigeria et dans le nord-ouest du Cameroun, dans la région du Grassland.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources et le contexte, on observe de multiples variantes : Camba, Chamba Daka, Chamba Leko, Chambas, Daka, Dima, Dingi, Jama, Leko, Nakanyare, Sama, Samba, Samma, Tchamba, Tsamba, Tshamba[1].

Population[modifier | modifier le code]

Selon les sources, leur nombre a été estimé à 200 000[2] ou 250 000, avec une proportion de musulmans d'environ 15 %[3]. Cependant Jacques Kerchache (2008) avance un nombre beaucoup plus réduit, soit 20 000 individus[4].

Langues[modifier | modifier le code]

Les Chamba-Daka parlent le samba daka[5], alors que les Chamba-Leko parlent une autre langue, le samba leko[6]. Le peul et le haoussa sont également utilisés.

Culture[modifier | modifier le code]

Les Chamba sont réputés pour leur sculpture, leur poterie et leur travail du métal[3].

Sculpture[modifier | modifier le code]

Parmi les types de masque utilisés, on remarque celui à tête ronde, avec une grande bouche aplatie et deux larges cornes projetées en arrière[2]. Le style des masques chamba a été rapproché de celui des Jukun, des Mumuye, des Mambila et des Kutine du Cameroun[4].

Les statuettes sont relativement rares, leurs fonctions souvent mal connues. Elles présentent des éléments stylistiques communs avec celles des Mumuye[4]. Beaucoup sont recouvertes d'une épaisse patine rougeâtre provenant de nombreuses libations sacrificielles. Certaines, de plus petite taille, sont fixées au bout d'une pique en fer et plantées dans les champs pour obtenir une guérison ou se prémunir des morsures de serpents[2].

Travail du métal[modifier | modifier le code]

Lame de houe jəm.
Instrument composé de dix hochets utilisé par les hommes initiés pour annoncer le Jup Kupsa.

De même que leurs voisins Vere, les Chamba utilisent, lors des cérémonies rituelles annonçant le Jup Kupsa, l'une de leurs plus grandes festivités agricoles, un instrument en fer assez volumineux (ci-contre, 55 cm), constitué de dix hochets en forme d'auge accrochés de part et d'autre d'un anneau et d'une cloche sans battant. Conservés et utilisés exclusivement par les initiés masculins, ils sont alors secoués avec force[11].

De leur côté, les femmes initiées (jəm) se servent de deux petites lames de houe qu'elles frappent l'une contre l'autre pour accompagner les chants[11].

Économie[modifier | modifier le code]

Les Chamba sont pour la plupart des agriculteurs. Ils cultivent une grande variété de céréales et de légumes, ainsi que du cacao et du café dans certains endroits[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source RAMEAU, BnF [1]
  2. a b et c Jean-Baptiste Bacquart, « La région intérieure du Nigeria », L'Art tribal d'Afrique noire, Thames & Hudson, 2010, p. 96-98 (ISBN 978-2878113549)
  3. a b et c (en) James Stuart Olson, « Chamba », in The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, 1996, p. 124-125 (ISBN 9780313279188)
  4. a b et c Jacques Kerchache, Jean-Louis Paudrat, Lucien Stéphan et Françoise Stoullig-Marin, « Chamba », in L'Art africain, Citadelles & Mazenod, Paris, 2008 (édition revue et augmentée), p. 527 (ISBN 978-2-85088-441-2)
  5. (en) Fiche langue[ccg]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  6. (en) Fiche langue[ndi]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  7. Musée d'histoire naturelle de Nuremberg
  8. (en) Brooklyn Museum
  9. San Francisco De Young Museum
  10. a et b Musées de Berlin-Dahlem
  11. a et b « L'emprise du fer sur les esprits. Les Chamba », in Frapper le fer. L'art des forgerons africains, Actes Sud /Musée du quai Branly, 2019, p. 174-175 (ISBN 978-2330126247)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Raymond Boyd, Historical perspectives on Chamba Daka, Rüdiger Köppe Verlag, Cologne (Allemagne), 1994, 206 p.  (ISBN 3-927620-47-5)
  • (en) Mark W. DeLancey, Historical dictionary of the Republic of Cameroon, Scarecrow Press, Lanham, Md., 2000, 359 p.  (ISBN 0810837757)
  • (en) Richard Fardon, « A chronology of pre-colonial Chamba history », in Paideuma (Stuttgart), vol. 29, 1983, p. 67-92 [lire en ligne]
  • (en) Richard Fardon, Raiders & refugees : trends in Chamba political development, 1750 to 1950, Smithsonian Institution Press, Washington, Londres, 1988, 406 p.  (ISBN 0-87474-428-8)
  • (en) Richard Fardon, Between God, the dead and the wild : Chamba interpretations of religion and ritual, Edinburgh University Press for the International African Institute, Edimbourg, 1990, 252 p.  (ISBN 0-7486-0222-4)
  • (en) Richard Fardon, Christine Stelzig, Column to volume: formal innovation in Chamba statuary, Saffron Books, 2005, 159 p. (ISBN 9781872843469)
  • Jean-Claude Muller, « Circoncision et régicide. Thème et variations chez les Dìì, les Chamba et les Moundang des confins de la Bénoué et du Tchad », in L'Homme, no 141, p. 7-24, [lire en ligne]
  • (en) Ndifontah B. Nyamndi, The Bali Chamba of Cameroon : a political history, Yaounde, 1984 ?, 198 p. 
  • Eldridge Mohammadou, Climat et histoire en Afrique centrale aux XVIIIe-XIXe siècles : l'expansion Baare-Tchamba de la Haute-Bénoué, Cameroun, vol. 1, Nagoya University (Japon), 2004, 213 p. 

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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