Chadia Arab

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Chadia Arab
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Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (45 ans)
AngersVoir et modifier les données sur Wikidata
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A travaillé pour
Dir. de thèse
Emmanuel Ma Mung, Christian Pihet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Prononciation

Chadia Arab, née le à Angers, est une géographe franco-marocaine, chercheuse au CNRS et spécialiste des migrations internationales. Ses recherches portent sur les migrations marocaines en Europe et dans les pays du Golfe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Chadia Arab, née à Angers de parents marocains venus en France dans les années 1960[1], étudie à l’école élémentaire Jules Verne à la Roseraie[2]. Elle fréquente le collège Jean Vilar et le lycée Chevrollier où elle passe un Bac ES. En 1996, elle débute une licence de géographie à Belle-Beille et obtient sa maîtrise à l'Université d'Angers avec la spécialité « géographie aménagement du territoire » en 2000[2]. En 2001, elle obtient le diplôme d'études approfondies de l’université de Poitiers dans la spécialité « migrations internationales et relations inter-ethniques »[2]. En 2007, elle soutient sa thèse sur les Aït Ayad en Europe[3],[4]. Après avoir obtenu le concours du CNRS, elle est enseignante-chercheuse au sein du laboratoire ESO (Espaces et Sociétés) à l'Université d'Angers[5]. Elle soutient son habilitation à diriger des recherches en 2021[6][2]. Elle est membre du comité de rédaction de Migrations Société, et co-directrice d'une collection aux Presses universitaires de Rennes[6].

De 2014 à 2020, elle est conseillère municipale à la mairie d'Angers[7],[8],[9].

Travaux[modifier | modifier le code]

Chadia Arab inscrit son travail sur les migrations dans la géographie sociale[10]. Elle étudie les flux migratoires des populations avec une approche centrée sur le système et les rapports entre les territoires, les sociétés et les hommes[2]. Elle concentre ses travaux sur les migrations internationales et, plus particulièrement, sur les Marocains et Marocaines en France, en Espagne[11],[1],[12] et en Italie. En 2018, elle publie Dames de fraises, doigts de fée, résultat d’une enquête de plusieurs années dans le sud de l’Espagne, où elle accompagne sur le terrain[2] l’évolution des saisonnières marocaines et les dysfonctionnements d'un système migratoire sexué, celui des « contrats en origines », un dispositif contre l’immigration clandestine lié à la cueillette des fraises[13],[14]. « Dans les choix de recrutement, ils cherchent les plus marginalisées et les plus précaires parce que cela crée un lien de dépendance, à cause de ce besoin économique. Cela crée de la malléabilité, de la docilité et de la corvéabilité »[15].

Elle travaille également sur les Marocaines présentes dans les pays du Golfe[16] comme les Émirats Arabes Unis[17] pour déconstruire l’image de la prostituée qui colle à la Marocaine et dévoiler des parcours forts de femmes qualifiées qui luttent et résistent[16].

Elle étudie également la vulnérabilité de ces travailleuses face à la pandémie de Covid-19, ces femmes « invisibles » étant plus exposées au Covid-19 que les autres[18].

Chadia Arab analyse les inégalités à partir de l'étude des sociétés et des individus sur les espaces en choisissant le prisme du genre dans les migrations[2]. Son approche intersectionnelle[13],[19] lui permet de mettre en exergue la triple vulnérabilité des femmes liée à leur genre, leur origine sociale et leur nationalité[20],[21].

Engagements associatifs[modifier | modifier le code]

De 2009 à 2012, elle préside le réseau IDD (Immigration, Développement et Démocratie) et participe à l'élaboration de projets de développement au Maroc. Elle est aussi membre de la plateforme euro-marocaine « Migration, développement, citoyenneté, démocratie »[22].

À Angers, elle fait partie du groupe de travail « populations immigrées vieillissantes à la Roseraie » entre 2012 et 2014. Chadia Arab est aussi dans l’association Histoire et Mémoire de l’Immigration en Anjou[23] où elle organise des conférences, des débats publics et elle aide à la mise en place d’un documentaire « C’est comme ça. Histoire d’Angevins venus d’ailleurs. 1960-1980 »[24],[25].

En 2019, elle devient vice-présidente du FORIM[26], le Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations[27], qui regroupe plus 700 associations (intervenant en Afrique subsaharienne, au Maghreb, en Asie du Sud-est, aux Caraïbes et dans l’Océan Indien ) où elle travaille sur des actions d’intégration en France et dans des actions de développement dans les pays d’origine.

Vie politique[modifier | modifier le code]

De 2014 à 2020 Chadia Arab est élue dans le parti d'opposition « Aimer Angers » à la mairie présidée par Christophe Béchu[28]. Elle est alors conseillère municipale et conseillère communautaire à la communauté urbaine ALM (Angers Loire Métropole). Elle est aussi membre de la commission « Vie des quartiers », « Éducation », « Culture » et « Développement économique, enseignement supérieur et recherche ».

Publications principales[modifier | modifier le code]

  • Chadia ARAB (2018) Dames de fraises, doigts de fée. Les invisibles de la migration saisonnière marocaine en Espagne. Édition En toutes Lettres, Casablanca, 187 p.
    • traduit en espagnol et en italien[16].
  • Chadia ARAB (2009) Les Aït Ayad – La circulation migratoire des marocains entre la France, l’Espagne et l’Italie. Presses Universitaires de Rennes, 351 p.

Articles[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Angers. Elle livre la vie des Marocaines de la migration saisonnière », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  2. a b c d e f et g Clémence Guillemont, « Soutenance d’HDR de Chadia Arab “Les migrations marocaines au prisme d’une géographie intersectionnelle”, 10 décembre 2021 », sur Structure Fédérative de Recherche Confluences (consulté le )
  3. Hafid Hamzaoui, « Arab, Chadia (2009) Les Aït Ayad : la circulation migratoire des Marocains entre la France, l’Espagne et l’Italie », e-Migrinter,‎ (lire en ligne)
  4. « La circulation migratoire des Aït Ayad : construction d'un espace migratoire entre le Maroc, la France, l'Espagne et l'Italie par Chadia Arab », sur theses.fr
  5. « Angers. L’Université s’interroge sur le déclassement de la chercheuse Chadia Arab », Ouest-France,‎ (lire en ligne Accès libre)
  6. a et b Les invités de Mediapart, « Instituts de recherche français à l'étranger : des pratiques discri... », sur Mediapart (consulté le )
  7. « Frédéric Béatse: une liste renouvellée à 63% », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  8. « Trombinoscope du conseil municipal »
  9. « Angers : une centaine de personnes pour dire non à l'islamophobie », France 3 région,‎ (lire en ligne)
  10. Sirine Sassi, « ENTRETIEN AVEC CHADIA ARAB, DAMES DE FRAISES, DOIGTS DE FÉE, PAR SIRINE SASSI », Sens public,‎ (lire en ligne)
  11. « Chadia Arab | Dames de fraises, doigts de fée »
  12. « Le coût amer des fruits : la galère des ouvrières au Maroc et en Espagne face au Covid-19 », The Conversation,‎ (lire en ligne)
  13. a et b Nadia Bouchenni, « Entre le Maroc et l'Espagne, "Dames de fraises, doigts de fée" raconte la dure migration des cueilleuses marocaines », sur TV5 monde,
  14. Yabiladi.com, « Migration : Chadia Arab part à la rencontre des Dames de fraises aux doigts de fée », sur www.yabiladi.com (consulté le )
  15. Reporterre, « En Andalousie, le calvaire des ramasseuses de fraises marocaines », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le )
  16. a b et c Khadija Alaoui, « Chadia Arab : ses nouvelles recherches sur les Marocaines du Golfe », Femmes du Maroc,‎ (lire en ligne)
  17. « Chadia Arab, géographe, UMR CNRS-ESO, Université d’Angers »
  18. « Chadia Arab : pourquoi les ouvrières agricoles sont davantage exposées au Covid-19 », sur Telquel.ma (consulté le )
  19. Chadia Arab, Nassima Moujoud, « Le stigmate de « Marocaine » à Dubaï Les résistances des migrantes à l’épreuve de l’intersectionnalité », Migrations Société,‎ (lire en ligne)
  20. « L'immigration en Anjou, un film-témoignage », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  21. Tarrius Alain, « « Arab Chadia, Dames de fraises, doigts de fée, les invisibles de la migration saisonnière marocaine en Espagne » », Revue européenne des migrations internationales,‎ (lire en ligne)
  22. « COP 22 à Marrakech : Deux ateliers animés par le réseau IDD dans l'espace autogéré »,
  23. « Les dames de fraise de Chadia Arab (2018) », sur http://hmia.fr/
  24. Christelle Fifaten Hounsou, « « C’est comme ça. Histoires d’Angevins venus d’ailleurs de 1960 à 1980 » », Hommes & migrations,‎ (lire en ligne)
  25. Benoît ROBERT, « L'immigration à Angers dans les années 60 », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  26. « La Tunisie : une crise du Covid-19 maitrisée, une diaspora active mais dévalorisée », Médiapart,‎ (lire en ligne)
  27. Admin, « Accueil », sur FORIM (consulté le )
  28. « La Lettre Aimer Angers n°14 »

Liens externes[modifier | modifier le code]