Roussillonnais
| Catalan roussillonnais, catalan septentrional, nord-catalan rossellonès | |
| Pays | France |
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| Région | Catalogne du Nord |
| Classification par famille | |
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| Codes de langue | |
| IETF | ca-FR
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Étendu du catalan septentrional dans le département des Pyrénées-Orientales | |
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Le roussillonnais (rossellonès), nord-catalan ou catalan septentrional est un dialecte constitutif du catalan parlé dans le Roussillon, le Conflent, le Vallespir et le Capcir[1], territoire également dénommé Catalogne nord. Il est rattaché au bloc dialectal oriental.
Au sens strict, le terme « roussillonais » désigne en théorie uniquement le catalan parlé dans la plaine du Roussillon, mais il tend en pratique à désigner les modalités parlées dans les zones susmentionnées[1] conformément à l'habitude des linguistes spécialistes qui se trouve justifiée d'un point de vue dialectologique.
Le catalan septentrional est caractérisé par une forte influence de l'occitan, du fait de la proximité géographique avec cette langue mais aussi d'une immigration provenant d'Occitanie au XVIe et au XVIIe siècle[2]. Dans le Capcir est parlé le capcinois, qui partage encore plus de traits avec les dialectes occitans voisins, mais qui est malgré tout clairement un dialecte catalan[3]. Par ailleurs, le français est également une influence importante en tant que superstrat, étant dès le traité des Pyrénées en 1659 une langue utilisée par les élites et se généralisant peu à peu à partir du XVIIIe sous l'effet de la politique d'uniformisation linguistique française[2].
Usage
[modifier | modifier le code]En raison de la forte présence du français, seule langue officielle dans l'État français, le roussillonnais présente le plus faible taux en compétences linguistiques du territoire catalan. La langue s'y trouve dans une situation précaire en étant essentiellement parlée en milieu rural, la transmission familiale de la langue ayant été totalement interrompue depuis 30 ans. Selon une enquête de la Generalitat de Catalunya (Généralité de Catalogne, une des communautés autonomes d'Espagne) réalisée en 2004, 68,9 % des habitants de la Catalogne Nord affirmaient comprendre le catalan, 37,1 % le parler, 31,4 % le lire, et 10,6 % l'écrire. En 2009, 13,9 % des élèves de l'éducation primaire ou secondaire de la région avaient reçu un enseignement de ou en catalan[4],[5],[6].
Description phonétique
[modifier | modifier le code]Voyelles
[modifier | modifier le code]Le catalan roussillonnais a un système de voyelles toniques différents des autres dialectes, qui ne distingue pas les voyelles mi-ouvertes et mi-fermées ([ɛ] et [e], [ɔ] et [o]), réduisant le système à cinq voyelles, contre sept dans les autres dialectes. Historiquement ce système vocalique est le resultat des changements suivants :
- la fusion des anciens [e] et [ɛ] en une voyelle moyenne [e̞] (généralement notée [e])
- la montée des voyelles postérieure, c'est-à-dire de [ɔ] en [o̞] (généralement notée [o]) et de [o] en [u][7].
Le résultat le plus remarquable de cette reconfiguration est que les [o] du catalan centrale correspondent généralement à des [u] en catalan septentrional, dans des mots comme Canigó [ka.niˈɣu] ou Rosselló [ru.siˈʎu]. Ce deuxième mot est aussi un exemple de la transformation des voyelles atones en [i], qui peut avoir lieu en catalan roussillonnais[8].
On peut trouver en catalan septentrional les voyelles [y] et [ø] dans des emprunts au français tels que USAP [yˈsap] ou euro [øˈɾo]. La voyelle [ø] est également présente en capcinois en tant que le résultat de l'avancement de [u][9],[10].
Consonnes
[modifier | modifier le code]On trouve en catalan roussillonais, en plus des consonnes présentes dans les autres dialectes, des consonnes empruntées au français. On trouve notamment /v/ dans des emprunts récents, bien que certains locuteurs peuvent utiliser /b/ pour adapter le /v/ français, ou prononcer [β] entre deux voyelles[11]. Par ailleurs, certains locuteurs qui sont particulièrement influencés par le français utilisent [ʁ] à la place de [r] et [ɾ][12]. Plusieurs caractéristiques contextuelles existent aussi :
- Comme en catalan central, les <r> finaux ne sont généralement pas prononcés (cantor [kənˈtu]). Mais quand ils le sont, ce qui est notamment le cas dans les monosyllabes et quelques autres mots, un [t] est rajouté derrière : mar [ˈmart], dur "dur" [ˈdurt], clar [ˈklart], segur [səˈɣurt]. Certains mots rajoutent plutôt un [ə] : ser [ˈse.ɾə], dir [ˈdi.ɾə], dur "porter" [ˈdu.ɾə], et d'autres peuvent ajouter l'un ou l'autre : cor [ˈkort] / [ˈko.ɾə]. Cet ajout est un processus actif, et on le retrouve dans les emprunts au français : tour [ˈturt], radar [rəˈðart]. A noter que fer se prononce bien [ˈfe], et que por se prononce [ˈpow][13].
- Quelques mots montrent le resultat d'une labialisation de [l] en [w] avant une consonne, similairement à l'occitan : escoltar [əskuˈta], moltó [muˈtu][14].
- Là où les autres dialectes ont un [ʃ] en fin de mot, le catalan roussillonais a généralement un [j] : calaix [kaˈlaj], baix [ˈbaj], mateix [məˈtej]. Ce n'est pas le cas dans certains mots comme boix [ˈbuʃ], guix [ˈɡiʃ], moix [ˈmuʃ] et les emprunts récents. Certaines formes verbales en [t͡ʃ] sont par contre affectés par le même changement : vaig [ˈbaj], faig [ˈfaj], s'emfuig [səɱˈfuj][15].
Prosodie
[modifier | modifier le code]Caractéristique unique en catalan, la variante roussillonnaise tout comme l'occitan n'admet pas de mots proparoxyton (en catalan esdrúixol, c'est-à-dire accentués sur l'antépénultième syllabe). Les mots qui précedemment était proparoxytons, et qui le sont toujours dans les autres dialectes, ont été modifiés de sorte à ce que leur accent soit sur l'avant-dernière ou la dernière syllabe [16] :
- Les mots qui finissent en -ia [-iə] ou -ua [-uə] perdent le -a, ce qui enlève une syllabe et rend ces mots paroxytons : histori (pour història), perdu (pour pèrdua)[17].
- Certains adjectifs qui au féminin était proparoxtons (comme tímida, féminin de tímid) ont déplacé leur accent à la fois dans la forme masculine et féminine : timit [tiˈmit], timida [tiˈmi.da]. Dans le cas des adjectifs en -ic et en -il, la forme française est empruntée, ce qui a pour la forme féminine le même effet qu'un simple déplacement d'accent, mais qui modifie la forme masculine et la rend homophone au féminin : classique, classica [klaˈsi.kə] (catalan central clàssic, clàssica), facile [faˈsi.lə] (catalan central fàcil). En catalan standard, les adjectifs en -il ne prennent pas de -a au féminin mais il est possible que cela ait été le cas en catalan roussillonais, ce qui expliquerait l'adoption des formes françaises[18],[19].
- Pour de nombreux mots qui sont proparoxytons en catalan général, des emprunts au français sont utilisés en catalan roussillonais : page à la place de pàgina, semula à la place de sèmola, epoca [eˈpo.kə] à la place de època[20].
- Dans le reste des cas, différentes stratégies peuvent être utilisées selon les mots, comme le déplacement de l'accent ou la perte d'une voyelle ou d'une syllabe[19].
Morphosyntaxe
[modifier | modifier le code]- En roussillonnais, au contraire des autres variantes catalanes, les adjectifs possessifs mon, ton, son, ma, ta, sa sont couramment utilisés à l’oral, de même que les pronoms possessifs llur, llurs. De plus, es formes plurielles mes, tes, ses complémentaires de la série précédente mon, ton, son, etc. dont employées, mais elles n'existent pas dans les autres parlers catalans.
- On notera également que les possessifs meu, teu, seu sont normalement les formes masculines mais peuvent être utilisées en remplacement des formes féminines meva, teva et seva de ces mêmes possessifs. Par exemple, la forme meu casa est utiilisée en parallèle à ma casa et la meva casa, cette dernière formulation étant la plus courante, la standard dans toute l'aire catalane.
- D’autre part, la place de ces déterminants peut changer, ce qui est de facto majoritairement la réalité. Ainsi, alors qu’un Barcelonais (ne) dira (que) « fill meu! » ou « Déu meu! », un Roussillonnais préfèrera inverser l’ordre des mots à « mon fill ! » et « mon Déu ! ».
- Enfin, le roussillonnais partage avec le valencien la variante vélarisée de ces possessifs féminins : meua = meva, teua = teva et seua = seva, prononcés [mɛwə, tɛwə, sɛwə], au lieu de [mɛbə, tɛbə, sɛbə]. Il y a bien sûr les formes plurielles correspondantes : meues, teues, seues.
- L’une des caractéristiques marquantes du roussillonnais est la survivance de pluriels masculin en « os » pour les démonstratifs, certains interrogatifs et le pronom personnel correspondant à eux. Ainsi, on notera l’existence des formes aquestos, aqueixos (1*), aquellos et ellos pour aquests, (*1) et ells, et quinos, quantos pour quins et quants.
(*1) : aqueixos est un faux pluriel, un pur régionalisme roussillonnais ou un archaïsme, la forme plurielle masculine standard de aqueix n'existant pas (ou plus), contrairement au féminin : aqueix > aqueixa > aqueixes.
- Comme à Majorque, le roussillonnais conserve quelcom (catalan central alguna cosa, aux Baléares qualque cosa). Il emprunte au français le n’importe qui, n’importa què, n’importa quan, n’importe com, qui correspondent à qualsevol, qualsevol cosa, a qualsevol moment et de qualsevol manera ».
- Les ordinaux [trouasième], [quatrième] et [cinquième], issus du français, remplacent en roussillonnais les standards tercer, quart et cinquè. Les formes desesset, desevuit et desenou ont été conservées du catalan médiéval, face aux formes évoluées disset, divuit et dinou.
- Le roussillonnais n’utilise que les formes pleines du me ou élidées comme m’, quelle que soit sa position, ce qui donne :
- – « me fa pena » au lieu de « em fa pena » en catalan central ;
- – « truca-mé després » au lieu de « truca’m després ».
- En catalan, on sait que l’enclise est obligatoire à l’impératif, au gérondif et à l’infinitif, mais en roussillonnais, elle n’est obligatoire qu’à l’impératif[21]. Le roussillonnais partage cette caractéristique avec le français. Ainsi, on dit :
- - « M’ha demanat de li comprar el llibre » au lieu de « Em va demanar de comprar-li un llibre » (cette formulation, donnée à titre comparatif, n'est pas incorrecte, mais en accord avec la grammaire normalisée, ce serait plutôt le subjonctif imparfait comme mode et temps qui serait employé, soit « Em va demanar que li comprés un llibre »).
- Ou encore : « He pujat al poble, en li contant tota la història » au lieu de « He pujat al poble contant-li tota la història ».
- En roussillonnais, de nombreux verbes de la seconde conjugaison font leur participe passé à la manière des verbes de la troisième conjugaison. Citons notamment, mereixit, coneixit, naixit, pareixit et creixit, (participe passé de mériter, connaître, naître, paraître et croître) qui en catalan central (et dans la plupart des autres dialectes) correspondent à merescut, conegut, nascut, paregut et crescut.
- Alors que dans le reste des pays catalans, la négation se fait avec le no, le roussillonnais utilisera comme en français et en languedocien le pas. Ainsi, le « no vull » barcelonais, valencien et insulaire deviendra « vull pas », et le « no faré », « faré pas »
Modèle de conjugaison
[modifier | modifier le code]a - Première conjugaison :
| Présent de l'indicatif | Imparfait de l’indicatif | Conditionnel | Pretèrit perfet perisfràstic | Imparfait du subjonctif |
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b - Seconde conjugaison :
| Présent de l'indicatif | Imparfait de l’indicatif | Conditionnel | Pretèrit perfet perisfràstic | Imparfait du subjonctif |
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L’auxiliaire se conjugue de la même manière à toutes les conjugaisons. |
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c - Troisième conjugaison :
| Présent de l'indicatif (inchoatifs) | Imparfait de l’indicatif | Conditionnel | Pretèrit perfet perisfràstic | Imparfait du subjonctif |
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L’auxiliaire se conjugue de la même manière à toutes les conjugaisons. |
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d - Le verbe être : sere, estre (ser ou ésser en catalan central)
| Présent de l'indicatif | Imparfait de l’indicatif | Conditionnel | Pretèrit perfet perisfràstic | Imparfait du subjonctif |
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L’auxiliaire se conjugue de la même manière à toutes les conjugaisons. |
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Gérondif : siguent Participe passé : sigut
e - Se passejar (passejar-se)
| Présent de l'indicatif | Plusquamp. D’indicatif | Futur composé |
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Remarquons enfin que de nombreux verbes de mouvement se conjuguent comme en français avec l'auxiliaire être.
f - Le verbe avoir :
| Présent de l'indicatif | Présent du subjonctif | Conditionnel |
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1. Nous recommandons la graphie (jo) "sóm" (prononcé 'sun' selon la phonétique roussillonnaise) pour différencier du (nosaltres) "som" du catalan central et Baléares.
Quelques remarques sur la francisation de l’emploi des temps verbaux :
- Le roussillonnais, comme le français, utilise l’infinitif de narration.
- Le roussillonnais tend à utiliser indifféremment le « prétérit indéfini » et le « prétérit parfait ».
Par exemple :
- « Avui, vam llegir un llibre » au lieu de « Avui, hem llegit un llibre ».
- « Ahir, he treballat tota la tarda » au lieu de « Ahir, vaig treballar tota la tarda ».
D’autre part, la construction du futur immédiat est identique en roussillonnais et en français. Dès lors, la construction catalane " anar + a + infinitif " se réduit en roussillonnais à " anar + infinitif ", ce qui provoque parfois des confusions, « vam treballar » pouvant en roussillonnais dire aussi bien « nous allons travailler » que « nous avons travaillé » .
Vocabulaire et lexique du roussillonnais
[modifier | modifier le code]Les emplois particuliers de termes catalans
[modifier | modifier le code]Trois exemples très simples illustreront les effets du bilinguisme sur le catalan roussillonnais.
- Premier exemple, veu et via.
- Ainsi, alors qu’il est très facile en catalan de distinguer oralement ces deux mots, les deux termes français correspondants (voix et voie) sont des homophones. Pour cette raison, on a observé à l’oral une confusion des deux termes français et une raréfaction en catalan du terme via au profit d’une utilisation exclusive du mot veu. On pourra pour cette raison entendre des phrases telle que « el tren arriba a la veu A ».
- Deuxième exemple : preu et premi, issus du verbe premiar (récompenser en français).
- Le premier terme exprime, par exemple, la valeur d’un objet. Quant au second, il s’utilise essentiellement dans le monde académique et est synonyme de récompense (un prix littéraire, prix Nobel etc.). Cependant, les deux termes se traduisent en français par un seul et même terme : prix. Pour cette raison, le roussillonnais tend ici encore à confondre les deux termes, et préfèrera en catalan l’usage exclusif de preu, ce qui explique son utilisation dans des formules telles que « un preu literari ».
- Troisième exemple : l’utilisation d’estimar.
- Alors que toutes les variantes de catalan, occidentales comme orientales, utilisent les verbes estimar et agradar afin de distinguer l’affection ou l’amour que l’on porte à une personne et l’intérêt que peut susciter un lieu ou un objet, le roussillonnais emploiera dans un cas comme dans l’autre le verbe estimar. Dérivée du français, cette utilisation est identique à celle du verbe aimer qui s’emploie indifféremment pour les objets, les lieux et les personnes. Il sera par conséquent possible d’entendre des phrases telles que : « Jo, estimo els burros » (= j'aime les ânes), alors qu’un catalan du sud des Pyrénées dirait « M’agraden els burros ».
Le vocabulaire roussillonnais
[modifier | modifier le code]Le vocabulaire roussillonnais abonde de termes empruntés au français. Parmi les plus courants, on peut notamment citer les suivants (entre crochets [...] la prononciation approchée lorsque nécessaire et en vis-à-vis les vocables en catalan standard) :
- cahiet = llibreta ;
- cartable [kartablə/kartaplə] = cartera ;
- craiun [krejun] = llapis ;
- votura [vuturə] = cotxe ;
- jornal [jurnal] = diari (jornal en catalan c'est la paie d'une journée) ;
- salsissa / sosissa [susisə] = botifarra ;
- trotuart [trutwar] = voravia ;
- presque = gairebé ;
- a pu/poc prés [apupres/apɔkprs] = més o menys ;
- afrosament = espantosament ;
- agaçant [agasan/agasant] = empipador,
- assieta = plat ;
- xarmant [ʃarman] = encantador ;
- vitessa = velocitat ;
- usina [uzinə/yzinə] = fàbrica ;
- tupet [tupet] = barra ;
- survetllar [syrveʎa] / [surveʎa] = vigilar ;
- servieta = tovalló ;
- ruta [rutə] (plutôt un occitanisme pour le castillanisme 'carretera'),
- même = fins i tot ;
- se fatxar [sə faˈtʃa] = renyir, enfadar-se ;
- domatge [dumatʃə] = pena, dans le sens « és una pena que, és (un) pecat que... » => « Quin domatge ! » = « Quina pena, Malaguanyat (-ada) ! ». Les sudcatalans, quant à eux, abusent du castillanisme '' llàstima '',
- contravenció/verbal [kontravanˈsju / bərˈbal] = multa ;
On rencontrera également de nombreux termes empruntés au languedocien, parmi lesquels figurent :
- let/leda = lleig/lletja = laid/laide ;
- veire [ˈbejrə] = got = verre (le récipient) ;
- belleu [beˈʎεu] = potser = peut-être ;
- jaupar [ʒawˈpa] = lladrar = aboyer :
- estonant [əstunant] = estrany = étrange ;
- ribera = riu = rivière (alors qu'en catalan standard ribera désigne la zone plus ou moins étendue proche du lit d'un cours d'eau ou de la mer = rive(s), rivage).
On retrouve aussi quelques mots castillans :
- ademés (provient de además = a més, demés = en plus, en outre ;
- hasta (copie conforme de l'espagnol), = fins = jusque, jusqu'à ;
- apoio (copie du castillan apoyo, mais prononcé [aˈpoju] = ajut = appui, aide ;
- atràs (qui est aussi un archaïsme du catalan et un occitanisme et appartient aussi au castillan) = darrera = derrière (préposition, adverbe) ;
- gasto ['gastu] = despesa = dépense ;
- desditxa [dəsˈditʃə] = infeliçitat = malheur ;
- ciego [sjɛgu] (copie conforme du vocable espagnol mais celui-ci se prononce [θjeɣo] = cec = aveugle ;
On soulignera enfin que le verbe eixir (sortir en catalan central), souvent considéré comme caractéristique du valencien, est également assez utilisé en Catalogne du nord en parallèle à sortir [suɾˈti], notamment dans la plaine du Roussillon et la Salanque ; c'est un reliquat médiéval issu du verbe latin exire avec même signification (Cf le verbe anglais to exit = sortir, quitter un lieu, de même provenance latine).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Veny 2002, p. 40.
- Gómez Duran 2016, p. 17-18
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 38
- ↑ (ca) Antoni Ferrando Francés et Miquel Nicolàs Amorós, Història de la llengua catalana, Barcelone, Editorial UOC, , 2e éd., 552 p. (ISBN 978-84-9788-380-1), p. 452-453
- ↑ Veny 2008, p. 27
- ↑ (ca) Llengua i societat als territoris de parla catalana a l'inici del segle XXI : L'Alguer, Andorra, Catalunya, Catalunya Nord, la Franja, Illes Balears i Comunitat Valenciana, Barcelone, Generalitat de Catalunya, , 1re éd., 226 p. (ISBN 978-84-393-7515-9), p. 26
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 50-51
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 82-83
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 77
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 63
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 113
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 87
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 88-89
- ↑ Phonétique historique du roussillonais, p. 155
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 93-97
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 128
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 129
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 130
- Gómez Duran 2016, p. 174
- ↑ Gómez Duran 2016, p. 131
- ↑ Veny 2008, p. 77
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Pierre Fouché, Morphologie historique du roussillonnais, Toulouse,
- Pierre Fouché, Phonétique historique du roussillonnais, Toulouse, , 318 p.
- (ca + fr) Renat Botet et Christian Camps, Dictionnaire nord catalan / Diccionari nord català : Nord català → français → catalan normatif / nord català → francès → català normatiu, Canet, Trabucaire, , 400 p. (ISBN 978-2-84974-151-1)
- (ca) Joan Veny, Els parlars catalans : Síntesi de dialectologia, Palma de Majorque, editorial Moll, , 13e éd. (1re éd. 1982), 173 p. (ISBN 84-273-1038-2)
- (ca) Joan Veny, Petit atles lingüístic del domini català, vol. 1, Barcelone, Institut d'Estudis Catalans, , 2e éd. (1re éd. 2007) (ISBN 978-84-92583-61-4)
- (ca) Gemma Gómez Duran, Gramàtica del català rossellonès, , 499 p. (lire en ligne)
