Catalan contemporain

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Le catalan contemporain est le catalan du XIXe siècle, dit traditionnellement de la « Renaixença » ("Renaissance"), du XXe siècle ou du XXIe siècle[1].

Particularités : le catalan contemporain, continuité du catalan moderne, est le catalan qui a le plus souffert de la pression du castillan, autant au niveau syntaxique que lexical et même phonétique. Cette forte influence castillane va s'accentuer durant le XXe siècle par l'immigration massive originaire des régions hispanophones de l'État espagnol, qui à la différence des précédentes ne vas pas réussir à s'intégrer linguistiquement et va conserver l'usage social du castillan. D'un autre côté, une de leurs grandes particularités est, surtout à l'écrit, et non tant à l'oral, l'influence importante et croissante de la syntaxe et du lexique castillan à cause du processus de castillanisation de la langue catalane. La réalité sociolinguistique de la catalanophonie provoque la pénétration du castillan dans de nombreux milieux sociaux et même familiaux, milieux informels où la langue catalane avaient toujours exclusivement prédominé. Tout réuni accentue le bilinguisme diglossique.

Littérature contemporaine[modifier | modifier le code]

Renaissance[modifier | modifier le code]

Bonaventura Carles Aribau (1844), huile de Joaquim Espalter et Rull (1809-1880) à l'Académie royale catalane des beaux-arts de Saint-Georges de Barcelone.
Buste de Narcís Oller réalisé par Eusebi Arnau.

La Renaissance est le nom donné au grand mouvement restaurateur de la langue, de la littérature et de la culture catalane qui s'initie en principe à la première moitié du XIXe siècle et avec laquelle s'ouvre la période contemporaine de la littérature catalane. Elle va coïncider, plus ou moins, avec la seconde partie et l'éclat du romantisme en Europe. Bien que chaque tendance ait été suivie, il s'est produit une interrogation pour celui qui respectait l'usage de la langue et les idées politiques.

En général elle se situe dans la période compris entre l'apparition, en 1833, dans la période de "La Vapeur", de La Patrie de Bonaventura Carles Aribau i de la présentation des jeux floraux de 1877 de L'Atlantide de Jacint Verdaguer.

En 1835 l'université de Barcelone va être restaurée et en 1839 a été publié le premier livre de poésie en catalan, Llàgrimes de viudesa, de Miquel Anton Martí. Dans les magazines et journaux de Barcelone, pendant ce temps, des compositions catalanes arrivent à sortir, alors que ce premier magazine écrit entièrement en catalan, "Le Véritable Catalan", n'apparaîtra qu'en 1843. Dans ces débuts, la conscience de la Renaissance sera favorisée par la récupération de sa propre histoire, par le pouvoir croissant de la bourgeoisie libérale (surtout celle de Barcelone), par l'être décidément libérale et romantique, par l'utilisation d'une relative normalité de sa propre langue et, en plus, d'une production littéraire sérieuse et persévérante. Les membres les plus marquants étaient : Marià Aguiló, Joan Cortada, Manuel Milà i Fontanals, Pau Piferrer et Joaquim Rubió i Ors.

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, le redressement est chaque fois plus clairement ajouté certaines institutions comme l'Académie des Bonnes Lettres de Barcelone, l'Université de Barcelone ou certains secteurs de l'Église (que représente Jaume Collell et Torras i Bages).

En ce qui concerne la langue, les instruments les plus urgents et basiques comme les grammaires et les dictionnaires sont promus. Elle crée ses propres mythes politiques (Jaume I ou Felip V) et littéraire (les troubadours) et sont [...] et du lyrisme dans une tentative de catalanisation d'autres domaines comme la philosophie, la science, l'art ou le droit.

En 1859 les Jeux Floraux vont être fondé ce qui signifie une grande projection populaire. Cette fondation était esthétiquement et idéologiquement conservatrice, mais idiomatiquement et socialement elle aida à répandre la culture dans les milieux populaires, surtout ruraux, et la situation changea radicalement. Ils comptèrent sur le prestige d'une reconnaissance publique notable, et tandis qu'ils commencèrent à Barcelone, ils furent reproduits dans de nombreux autres endroits du pays et prirent un caractère d'organe suprême de la Renaissance. Ceci va aider à faire surgir un nombre très considérable d'auteurs, très souvent originaire de la petite bourgeoisie urbaine et se dédiant presque exclusivement à la poésie, parmi les leaders il y avait Antoni de Bofarull et Víctor Balaguer.

Le fruit d'un caractère plutôt conservateur, le mouvement, par l'autre bande, n'affecta quasiment pas la littérature populaire qui avait été produit en catalan presque sans interruption dans toute la période de la décadence. Plus tôt il a été vu avec méfiance par ses auteurs (Abdó Terrades, Anselm Clavé ou Frederic Soler).

En 1862, le premier prix dédié au roman des Jeux Floraux s'instaura, dont fini gagnante le roman L'orphelinat de Menargues, d'Antoni de Bofarull. Le théâtre ne fait pas partie des Jeux jusqu'en 1865 avec la sortie du premier drame en catalan : Tal faràs, tal tombaras, d'Eduard Vidal i de Valenciano. La poésie culte, d'un autre côté, est éditée en catalan depuis 1839, mais son processus est couronné au prestige du poème épique L'Atlantide, de Jacint Verdaguer, publié en 1878. Le tournant du siècle : Modernisme et Noucentisme. 

Le tournant du siècle : Modernisme et Noucentisme [modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, en confrontation à la survie anachronique des formes romantiques en remorque, primordial, du milieu floral, s'entreprend un processus de rénovation artistique englobant l'ensemble des modalités artistiques (spécialement l'architecture et la littérature). En ce sens, il est nécessaire de faire allusion à la pertinence du travail réalisé par le groupe de L'Avenç, publication dans laquelle, entre 1881 et 1893, la charge idéologique du modernisme a largement circulé.

La rénovation théâtrale arrive de la main de Adrià Gual, et atteint des niveaux qualificatifs remarquables grâce au dévouement d'auteurs comme Santiago Rusiñol (propres aux courants esthétiques), Ignasi Iglésias ou Joan Puig i Ferreter (tous deux partisans d'une fonctionnalité sociale attachée à l'importance esthétique de leurs œuvres) accordés aux confections théâtrales.

Quant au roman, la prose moderniste reste fortement influencée par la thématique rurale ; le paysage, constituant incontournable de telles œuvres, il établit une force inexorable à laquelle sont attribuées des valeurs empiriques affectant le personnage, un individu idéaliste et solitaire qui est mal compris par les habitants primitifs et arriérés d'un monde rural présenté négativement. Le roman moderniste met en lumière des œuvres de haut niveau, méritent une mention spéciale Raimon Casellas, Víctor Catalán, (auteur d'œuvre telles que Solitude ou Drames ruraux), Joaquim Ruyra, Prudenci Bertrana, Josep Pous et Joan Puig i Ferrater (auteur de la pièce Eaux Enchantées).

Dans le milieu poétique, le processus d'innovation reste inséparablement lié à la trajectoire de Joan Maragall, poète bourgeois engagé dans l'évolution sociale qui, malgré la composition d'une poésie rhétorique, prônait sa « théorie du mot vivant », défendant la spontanéité et sentimentalité du poète. Autrement, il faut mentionner le travail d'Apel·les Mestres, important précédent du modernisme, en plus des trajectoires de Guillermo Tell y Lafont et Jeroni Zanné, poètes qui ont dénoncé une certaine dilection vers le classicisme, certainement à côté de la glèbe des auteurs du Noucentisme.

En opposition à l'idéologie libérale du Modernisme s'engendre le Noucentisme, un mouvement ambitieux de locaux conservateurs à prétentions politiques et administratives (relationné avec la Ligue Régionaliste d'Enric Prat de la Riba), qui a régi le panorama catalan du début du siècle (1906-1923). Les noucentistes prêchaient le travail bien fait, établissant comme modèles littéraires les classiques grecs et latins. En ce sens, il est nécessaire de faire allusion aux œuvres de Miquel Costa i Llobera et Joan Alcover, poètes appartenant à l'École de Majorque, qui ont développé leur œuvre en parallèle à la montée du modernisme, bien qu'ils aient développé une conception de la littérature certainement antagoniste à eux, constituant, par conséquent, un pertinent précédent par le mouvement traité.

La poésie fut l'art le plus cultivé par les noucentistes ; les œuvres d'auteurs comme Josep Carner, Guerau de Liost, Josep Maria López-Píco ou Maria Antònia Salvà le montrent clairement. Leur travail a été présidé par la recherche rhétorique et la fraîcheur de la langue ; opposée à la poésie moderniste, la poésie noucentiste a travaillé principalement dans le domaine de l'écriture formelle et rhétorique.

Eugeni d'Ors constitue un personnage transcendantal au sein du mouvement étudié. Idéologue accompli, il composa un court récit et certains romans. Las Glosas, publié dans le journal La Voz de Cataluña de 1906, méritent une mention significative de son travail dans son ensemble. Dans le même temps, il est nécessaire de placer l'effort et le travail de la section philologique de l'Institut d'études catalanes, avec au premier plan les figures de Pompeu Fabra et Antoni Maria Alcover, concernant le processus de normativisation linguistique. 

Littérature catalane pendant le franquisme[modifier | modifier le code]

Josep Pla à 20 ans.

L'abolition du Statut d'Autonomie Catalane en 1938 signifie le début d'un grand processus d'espagnolisation qui essaie de mettre fin à toute manifestation explicite de la culture catalane. De cette manière, devant l'impossibilité de se manifester dans la langue propre, les intellectuels catalans ont opté pour l'abandon idéologique et linguistique, ils ont continué en agissant de manière clandestine ou bien ils ont fini en s'exilant.

Les intellectuels qui ont décidé d'abandonner idéologiquement et linguistiquement ont dû se réduire à une littérature d'expression espagnole, avec des manifestations dérivées de l'idéologie dominante, ou bien essayant d'adapter les idées propres de la culture catalane d'avant-guerre (c'est le cas de Joan Ramon Masoliver, avant-gardiste durant les années 1920, qui a créé la collection "Poesia en la mano"). Malgré cela, on a soustrait à la Catalogne d'autres intellectuels qui ont refusé de rompre définitivement avec la langue et la culture autochtones. Cela a été le cas de ceux qui ont opté pour l'exil interne, c'est-à-dire, pour agir dans la clandestinité. Des rencontres littéraires, des réunions culturelles, des lectures poétiques et des cours de culture catalane se sont organisés avec l'objectif de sensibiliser la jeunesse et ainsi de former des nouveaux écrivains capables d'éviter la rupture avec la culture et la langue catalane. Tous ces actes étaient célèbres, mais, dans des cercles privés et devant un public réduit et sélectionné. Des magazines d'importance vitale ont aussi commencés à être publiés, dont certains étaient Poesia (1944-1945), Ariel (1946-1951) et Dau al set (1948-1955). La première, créée par Palau et Fabre, était de caractère avant-gardiste, parce que à moins d'un compromis avec la langue il y avait aussi un clair compromis poétique. La seconde, Ariel, a été conçu par Palauet Fabre, Josep Romeu, Miquel Tarradell, Joan Triadu et Frédéric-Pau Verrie. Son antécédent le plus clair était Poesia, et bien qu'elle n'eût pas un programme idéologique totalement unifié, j'ai survécu grâce à la volonté commune de récupérer les valeurs déterminantes du passé. Ils ont refusé de regretter le génocide culturel et à partir de là, le désir de ne pas s'arrêter au ressentiment et de le traduire en action est né. Ils voulaient démontrer qu'il n'y avait pas eu de rupture avec le passé, ils l'ont fait en récupérant les stratégies pédagogiques de la tradition du XIXe siècle tournées vers le futur. Dans ce magazine, on peut voir clairement les deux tendances du moment : d'une part, la tendance que défendait le classicisme comme base de notre culture et comme modèle à suivre ; d'autre part, la tendance plus avant-gardiste qui défendait l'art moderne (Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé…). Cependant, Poesia et "Ariel" ont su innover sans jamais laisser de côté la tradition antérieure. Enfin, le magazine Dau al Set a compté avec la collaboration d'artistes comme Modest Cuixart, Joan Ponç, Antoni Tàpies, Joan Josep Tharrats, Arnau Puig Grau et Joan Brossa qui avaient comme objectif commun de se connecter à la tradition avant-gardiste antérieure à 1936, précisément avec le surréalisme.

La majorité des intellectuels catalans qui sont partis en exil se sont installés en France, excepté quelques-uns qui ont pu éviter l'invasion allemande en allant en Amérique, au Mexique et au Venezuela… En dépit de devoir renoncer à la langue propre, ces catalans ont pu s'inscrire dans une infrastructure culturelle qui leur a permis de travailler avec des professionnels dans différents domaines (journalisme, monde éditorial, arts graphiques). Et si ces exilés avaient quelque chose en commun avec les intellectuels clandestins qui étaient restés en Catalogne, c'était la volonté de donner une continuité à la langue et à la tradition littéraire catalane. De cette manière, et malgré les difficultés qu'ont dû subir ceux qui partaient en exil, des initiatives ont immédiatement surgis pour réaliser cette continuité. En l'an 1939, ils ont déjà commencé à éditer des livres et magazines en catalan, comme le magazine Catalunya, édité avec l'objectif de continuer l'œuvre des écrivains catalans. Ressorgiment et Germanor sont deux des autres magazines qui ont aussi été publiés pendant l'exil des intellectuels catalans. Avec la même volonté de continuité linguistique et culturelle, il convient aussi de mentionner le maintien des Jeux Floraux de la Langue Catalane entre 1941 et 1945.

En conclusion, on peut dire que, à partir de l'an 1939, les intellectuels catalans qui se montrent réticent au nouvel ordre politique mettent en place, que ce soit de l'exil ou de la clandestinité, différentes initiatives avec une unique volonté commune : la continuité culturelle et linguistique.

Des auteurs comme Josep Carner, Joan Salvat-Papasseit, Carles Riba, J.V Foix, Salvador Espriu, Joan Oliver "Pere Quart", Josep Maria de Sagarra, Josep Pla, Mercè Rodoreda, Llorenç Villalonga, Pere Calders, Gabriel Ferrater, Manuel de Pedrolo, Joan Brossa, Jesús Moncada, Quim Monzó, Miquel Martí i Pol ont été quelques-uns des plus reconnus, avec différentes éditions et traductions dans d'autres langues. Au début du XXIe siècle la production de livres en catalan est importante autant au niveau de la quantité qu'au niveau de la qualité, comme des auteurs tels que Julià de Jòdar, Enric Sòria, Jaume Cabré, Núria Perpinyà et Feliu Formosa.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Catalogne au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le chevet de la Renaixensa fut dessinée par Lluís Domènech i Montaner le 1880. Conjugue le bouclier de Catalogne avec l'oiseau Phénix[2].

Dans la première moitié du XIXe siècle, la réalité sociolinguistique du catalanisme est semblable au siècle antérieur/d'avant. La nouvelle classe bourgeoise maintient les mêmes attitudes que l'aristocratie : l'adoption du castillan et le détachement de la tradition catalane. Tout cela accentue le bilinguisme diglossique. Mais, à partir, de la seconde moitié du XIXe siècle, se produit un changement très important dans le comportement du peuple catalan envers sa propre langue. La base de ce changement est évident à la suite de la naissance d'un moment littéraire rénovateur, la Renaissance catalane, et avec l'apparition du catalanisme politique, qui s'affrontera dans la capitale de Madrid. Le changement d'attitude des bourgeois a été particulièrement important, ce qui a fini par faire des revendications catalanes. 

La Renaissance[modifier | modifier le code]

La langue et l'idéologie[modifier | modifier le code]

La Renaissance catalane est un mouvement littéraire strictement de la Principauté. On peut considérer qu'il est apparu en 1833 avec la publication de l'Oda a la Pàtria de Bonaventura Carles Aribau et s'achève en 1877, Jacint Verdaguer et Angel Guimerà triomphent aux Jeux Floraux.

La Renaissance est un mouvement géré par la classe bourgeoise et dont il a beaucoup de points en commun avec le romantisme apparu durant le XIXe siècle, avant tout en Allemagne et en Angleterre. Les européens romantiques revendiqueront les cultures nationales et le retour à l'esplendeur du Moyen Âge.

Ainsi, on tente de reconstruire la période de splendeur nationale avec la divulgation des classiques et de la littérature populaire, bien qu'on tente de normaliser la langue, nouvelle entente comme principal véhicule agitateur du pays.

La littérature[modifier | modifier le code]

Les Jeux Floraux révèleront l'inquiétude suscitée par l'usage et l'état de la langue catalane. En raison de ce mouvement rénovateur, commencent à émerger de grands auteurs de différents genres. En poésie, apparaît Jacint Verdaguer, auteur de l'Atlàntida; au théâtre Àngel Guimerç et Frederic Soler (Pitarra) et dans le roman, pratiquement mort depuis le XVe siècle, renaît avec L'orfeneta de Menargues (1862) et avant tout avec Narcís Oller.

Études sur la langue[modifier | modifier le code]

Tout au long du XIXe siècle, l'intérêt porté à la langue fera le nombre d'études augmentera considérablement. Au moment de trouver un modèle de langue, surgiront deux tendances linguistiques irréconciliables : celles qui ont provoqué un catalan " académique" (un catalan archaïque loin de la langue appauvrie et hispanisée en ce moment) et celles qui ont défendu " le catalan parlé aujourd'hui" (le catalan habituel du peuple, malgré le catalanisme).

La presse va joueur un rôle très important dans la diffusion des polémiques sur la normalisation du catalan, surtout le magazine L'avenç. Ils ont proposé d'arrêter l'anarchie orthographique et d'élaborer un bon dictionnaire, et d'unifier les deux modèles de la langue (le culte et le populaire) et de déboguer le lexique, plein de barbarismes. Dans cette réforme orthographique, Pompeu Fabra, auteur en 1891, du Ensayo de gramática del catalán moderno, a eu une grande importance car son livre a servi à poser les bases de la codification linguistique qu'a réalisé l'Institut d'Estudis Catalans en 1913 avec la publication des Normes ortogràfiques.

Normativisation de la langue catalane[modifier | modifier le code]

Pompeu Fabra, le 1933.

Au début du XXe siècle, le catalan était la langue majoritaire et naturelle de la population, mais il n'existait pas encore de normes. De plus, Enric Prat de la Riba était conscient que "l'État ne se préoccupe pas de la culture catalane et les Conseillers doivent supplier l'État de formenter la culture et le perfectionnement de la langue".

Quand va être créée l'IEC ils vont faire deux commissions à la Section Philogique par Pompeu Fabra : systématiser quelques règles d'écriture et promouvoir le catalan comme le langage à usage scientifique, buts qui vont être explicités durant la constitution de l'IEC : « le rétablissement et l'organisation de tout ce qui fait référence à la véritable culture catalane » et « l'investigation scientifique de tous les éléments de la culture catalane ». L'IEC va publier les Normes orthographiques en 1913, équipé d'une catalan d'une orthographie formelle. Immédiatement ils vont générer de grands débats sur certaines décisions orthographiques précises (le plus difficile était d'écrire aux pluriels « es » et non « as »), mais petit à petit ils vont accepter : La Mancomunitat va tout de suite adopter le catalan de Fabre et va promouvoir ses œuvres : toutes ces institutions l'adopteront avec une langue véhiculée, des différentes écoles d'enseignement professionnel aux écoles primaires.

En 1916, la Mancomunitat de la Catalogne va envoyer une pétition officielle pour reconnaître la langue catalane comme co-officielle, et joindre un programme détaillé de la normalisation linguistique. La proposition provoqua des plaintes et des pressions de la Real Academia Española, jusqu'à ce que le Comté de Romanones ait déclaré qu'il ne donnerait pas cette normalisation au Catalan, car elle servira comme emblème politique. La Generalitat républicaine en grande partie va continuer et va amplifier la politique éducative de la Mancomunitat de la Catalogne. Elle a de grandes difficutés financières et le transfert des compétences ne va pas s'achever de se faire dans la totalité. En général, cette période va constituer un essai et une leçon historique pour la réalisation postérieure de la Generalitat de 1977[3],[4],[5].

La dictature franquiste[modifier | modifier le code]

La victoire du dictateur Franco dans la guerre civile de 1936 à 1939 a signifié la répression de tout signe de la catalanité. Le statut d'autonomie, le Parlement de Catalogne et la gouvernement régional de Catalogne ont été abolis. Durant la période franquiste (1939-1975), le catalan a été soumis à une agression brutale et a été réduit à un usage familial. Le castillan est devenu la seule langue de l'école, de l'administration et des médias. La situation a été aggravée par les grandes vagues d'immigrants hispanophones du XXe siècle, en particulier ceux des années 1960 et 1970, venus du reste de l'Espagne, en particulier d'Andalousie et d'Estrémadure, qui se sont largement concentrés dans les zones métropolitaines de Barcelone. Tout cela a alors provoqué un grand déclin de l'usage social du catalan et de ses connaissances, à tel point qu'en Catalogne, l'espagnol a adopté le catalan comme langue maternelle pour la première fois de son histoire. En Catalogne, le facteur le plus important du bilinguisme social est l'immigration en provenance du reste de l'Espagne. Il a été calculé que, sans cette immigration, la population de Catalogne serait passée d'environ 2 millions de personnes en 1900 à 2,4 en 2001, contre plus de 6,1 millions à cette date (et plus de 7 millions de personnes). en 2008), c'est-à-dire que la population sans immigration aurait représenté 39% de la population réelle en 1980. Plusieurs initiatives ont été lancées à la fois en Espagne et à l'étranger (livres, journaux, campagnes, etc.) afin de remplacer le silence imposé par le régime.

Répression franquiste[modifier | modifier le code]

Avec la guerre civile, les médias catalans vont disparaître. Ce tissu riche n'était pas récupérable avec la transition et de nos jours l'impact est assez irrégulier. Il souligne toutefois la progression spectaculaire de la langue catalane dans le domaine numérique. Avec l'avancement des troupes franquistes, en 1936 ils occupèrent les îles Baléares, Lleida en 1938 et en 1939 tout le reste de la Principauté le processus de normalisation et de démocratisation culturelle a été tronqué. La guerre civile a donc eu de graves conséquences pour la culture du pays. Les troupes rebelles ont commencé par brûler ou transformer en catalan des livres papier en librairie privée et chez des éditeurs commerciaux. Ce qui fut le cas de la bibliothèque Pompeu Fabra. En d'autres occasions, comme ce fut le cas pour la bibliothèque de Joaquim Xirau, ils occupèrent la maison et expédièrent les livres. Et, finalement, comme c'est arrivé à Antoni Rovira i Virgili, ils ont confisqué et transféré tous les documents et les œuvres à Salamanque. Il y avait donc une haine générale envers la différence avec pour but de détruire le système de communication en catalan. Ainsi, le journal La Publicidad a été bombardé et La Humanidad saccagé par les gagnants, comme tous les journaux. « « La Voix de la Catalogne » a été médiatisée par des anarchistes. Après la guerre civile, à partir de 1939, la dictature du général Franco, avec la répression politique et linguistique que celle ci imposait, entraîna la disparition de la presse nationale et locale en langue catalane et la fin de la radiodiffusion en catalan. Les exilés catalans ont alors lutté contre la disparition de la langue catalane en publiant des publications et des programmes radiophoniques catalans de courte durée. La programmation internationale en catalan d'une douzaine de radiodiffuseurs à courte durée : Radio Moscou, La Pirenaica, Radio París ou BBC, entre autres, malgré son témoignage constant, pendant les quarante années de régime franquiste, revêtait une grande importance pour la survie du catalan dans la radiodiffusion. Rien que dans les années 1950 et 1950, Ràdio Girona, Ràdio Vilanova, Ràdio Tortosa, REM Ràdio Berga, Ràdio Taradell et Ràdio Popular de Figueres ont réalisé des programmes en catalan, toujours à thèmes religieux ou musicaux. En 1958, une certaine modernisation du régime franquiste a eu lieu, accompagnée de changements sociaux, politiques et économiques modérés qui ont permis à la langue catalane d'être minimalement présente dans les médias du pays. Le magazine Serra d'Or est né en 1959. Dans les années soixante, Ràdio Popular de Figueres et Ràdio Girona avaient déjà diffusé une partie de la programmation en catalan. Ràdio Barcelona, à partir de la saison 1962-1963, a commencé à programmer une pièce de théâtre en catalan tous les mois et à installer une antenne quotidienne «Radioscope». Ce programme, bien que présenté principalement en espagnol, était entre autres une plateforme pour les auteurs, compositeurs, et interprètes catalans. Radio España de Barcelona, à partir de l'année 1962, a inclus dans la programmation le programme "Que savons-nous de la Catalogne". En 1964, Televisión Española (TVE) a créé les premiers lieux de théâtre mensuels en catalan, sous le nom de «Teatro catalán», et Radio Nacional de España à Barcelone a commencé à diffuser Evocaciones Catalanas. En 1967, TVE a lancé le programme mensuel 'Mare Nostrum' et peu après RNE le programme 'Word and think'. [14] Avec cette annulation systématique de la communication, les francophones ont rendu le catalan presque invisible pendant environ un demi-siècle. Ensuite, une transition extrêmement prudente n'a pas non plus résolu des décennies de silence. Sans la persécution et la destruction, la maison d'édition disparue de « La Veu de Catalunya » serait aujourd'hui, en proportion, semblable à celle de l'ABC. Celui de "Humanity" serait comme "The Country". Les années de liberté de cette transition n'ont donc pas permis de reconstruire le marché, ni l'industrie ni les médias[6].

« "À partir de la répression, le régime franquiste a créé des réseaux de complicité dans lesquels des milliers de personnes étaient impliquées ou étaient des complices, de toutes les manières possibles, du bain de sang, des persécutions perpétrées, de la vie des centaines de milliers de personnes dans des prisons, des camps de concentration ou des bataillons de travailleurs. En résumé, des formes de répression les plus diverses: politique, sociale, syndicale, idéologique et, dans le cas de la Catalogne, d'une tentative de génocide culturel qu'il a tenté de faire disparaître de sa personnalité nationale spécifique..." »

Persécution du catalan[modifier | modifier le code]

La version imprimée du Dictionnaire catalan-valencien-Baléare.
Lluís Llach pendant une action à la Olympia de Paris en 2006.
Raimon à Almussafes le 24 février 2008.

Au cours de la période franquiste (1939-1975), le catalan a été soumis à une agression brutale et a été réduit à un usage familial. Le castillan est devenu la seule langue de l'éducation, de l'administration et des médias. À la fois en Catalogne et en exil, plusieurs initiatives ont été lancées telles que des livres (Mystic Rose de Mossèn Geis, des magazines (comme Dau al set, réalisé par Brossa) et des campagnes pour remplacer le silence imposé. Par le régime, par exemple, Pío Daví et Maria Vila effectuent des campagnes de théâtre vernaculaire, en publiant The hostel of glory de Josep Maria de Sagarra. [17]

Contrairement à ce qui s'est passé avec l'immigration reçue dans les années 1920 et 1930, la plus grande partie de la dictature franquiste a entraîné l'exclusion totale de la langue catalane du système éducatif (elle a été reléguée au second plan). sphère familiale), dans laquelle des méthodes ont été utilisées à certains endroits, dans lesquelles les étudiants eux-mêmes devaient dénoncer l'étudiant qui parlait le catalan en lui donnant une balle. La langue catalane a également été interdite sur les pierres tombales de l'après-guerre. Jusqu'en 1951, Rafael Aracil, Joan Oliver et Antonio Segura considéraient que la persécution de la langue était "totale".

Sous le second régime franquiste, une certaine ouverture du régime a permis une modification timide de la marginalisation de la langue maternelle qui a donné lieu à une série de mesures allant à l'encontre de cette tendance, comme l'émission en 1964 du premier programme télévisé de Catalan par TVE (Théâtre Catalan). The New Song (1961) - avec certaines restrictions, comme en témoigne l'interdiction faite à Joan Manuel Serrat de chanter en catalan lors du festival Eurovision de 1968, ou comme la création en 1971 de l'Assemblée de Catalogne, dans lequel les forces antifranquistes étaient encombrées sont des phénomènes qui ont été considérés comme des exemples de maintien de l'usage de la langue catalane pendant la dictature. En 1970, la dernière loi sur l'éducation de Franco a ouvert la porte à l'utilisation de différentes langues dans l'enseignement primaire, qui sera développée par décret 5 ans plus tard. De plus en 1975, après de la mort de Franco, un autre décret autorisa l'emploi d'autres langues dans les conseils autres que l'espagnol.

Au niveau mondial, l'exclusion presque totale du catalan du système éducatif et les limitations sévères à son utilisation dans les médias pendant toutes ces années ont eu des conséquences durables et seraient des années après la fin de la dictature, "observe les taux élevés d'analphabétisme en catalan qui se produisent entre les générations scolarisées au cours de ces années: en 1996, seul un tiers du groupe d'âge des 40 à 44 ans était capable d'écrire en catalan, parlé par 67% des recensements, ce chiffre a chuté à 22% des personnes de plus de 80 ans capables d'écrire en catalan et à 65% des locuteurs [22].

Franco déclara en 1939: "Nous voulons une unité nationale absolue, avec une seule langue, l'espagnol et une seule personnalité, l'espagnol". [23]

Cela a conduit à une disparition presque complète des livres imprimés en catalan jusqu'en 1946.

En 1941, malgré l'interdiction du poète catalan, Lo Gayter del Llobregat fut réédité illégalement pour célébrer le centenaire de sa publication originale, à l'origine du mouvement Renaixença. Sa présentation, l'un des premiers actes de secret, a été faite en hommage à son auteur, Joaquim Rubió i Ors.

Dans les années suivantes, il convient de mentionner la publication d'une série d'œuvres de trois jeunes écrivains: Les élégies de Bierville de Carles Riba (1943), L'aprenent de poeta (1943) de Josep Palau i Fabre, i Cementiri. de Sinera, de Salvador Espriu (1946), toutes éditées à une centaine d'exemplaires environ.

À partir de 1946, avec la défaite de l'Allemagne nazie, le régime procéda à un lavage d'image, appelé fente, qui autorisa l'Orfeó Català à être autorisé à faire du théâtre en catalan. Également, publication de livres en catalan, mais uniquement d'œuvres classiques, et interdiction des œuvres destinées au plus jeune public afin de restreindre l'apprentissage de la langue écrite.

Parmi eux se trouvent les écrivains qui sont revenus d'exil au cours des années 1942-1943. Parmi ces travaux, il faut signaler la traduction en catalan de l'Odyssée (1948) de Carles Riba, ainsi que les recherches menées par le pédagogue Alexandre Galí avec History of Institutions 1900-1936, qui sont encore aujourd'hui des ouvrages de référence. En 1947, l'Institut d'études catalanes surmonta la censure en publiant un livre scientifique démontrant que le catalan était aussi un langage scientifique.

Il convient de mentionner le début de la publication en 1949 du Dictionnaire catalan-valencien-baléarique, jusqu'à son achèvement en 1962 par le philologue Francesc de Borja Moll, devenu une campagne dans les territoires de langue catalane, pour défendre l'unité de la langue et en même temps donner un message d'affirmation de l'identité catalane.

Situation actuelle à l'État espagnol[modifier | modifier le code]

La langue catalane en Espagne
  • Territoris catalanoparlants on el català és oficial
  • Territoris catalanoparlants on el català no és oficial
  • Territoris històricament no catalanoparlants on el català és oficial
Catalunya

Le catalan contemporain, un continuateur du catalan moderne, est la langue catalane qui a le plus souffert de l'espagnol et qui a le plus d'influence espagnole, tant sur le plan syntaxique que lexique et même phonétique. Cette forte influence espagnole a été accentuée au cours du XXe siècle par une immigration massive de régions hispanophones d'Espagne, qui, contrairement aux régions précédentes, ne pouvait pas être intégrée sur le plan linguistique ni conserver l'utilisation sociale de l'espagnol. D'un autre côté, l'une de ses plus grandes particularités est, surtout par écrit, et moins par voie orale, l'influence significative et croissante de la syntaxe et du lexique espagnols en raison du processus « d'espagnolisation » de la langue catalane. La réalité sociolinguistique du catalan fait que dans de nombreuses zones sociales et même familières, il existe en Espagne, des zones qui ont toujours eu une nette prédominance de la langue catalane. Tout cela accentue le bilinguisme.

Après la mort de Franco, une nouvelle phase de récupération linguistique a débuté avec la restauration de la Generalitat de Catalunya (1977), de la Generalitat de Valence (1979) et du Consell Insular (1982) aux îles Baléares. Le catalan est devenu co-officiel avec l'espagnol dans ces trois communautés autonomes.

De nos jours, l'extension du catalan à l'ensemble de la société se heurte à de nombreux obstacles : la plupart des médias (chaînes de télévision, stations de radio, journaux et magazines, etc.) sont en espagnol, comme le cinéma, les jeux vidéo et les échanges économiques, tandis que la langue de la science et de la technologie est essentiellement anglaise.

Quoi qu'il en soit, grâce au redressement du catalan dans l'éducation et à la création de nouveaux médias en catalan tels que TV3, Catalunya Ràdio et de nouveaux journaux, la connaissance du catalan s'est considérablement développée dans différents domaines de la vie sociale.

Les politiques linguistiques catalanes, valenciennes et baléares, non coordonnées, ont augmenté avec plus ou moins l'offre officielle dans la langue maternelle, tant dans l'enseignement que dans les administrations, en particulier dans les administrations régionales et locales. Ce pari est plus ferme dans la Principauté, même s'il existe encore des domaines dans lesquels le catalan n'est pas encore une langue normalisée, comme dans le monde de la justice, du cinéma, des jeux vidéo, des prospectus pharmaceutiques et des médias, packaging des jouets et des produits de consommation. Dans le secteur privé, en particulier dans les îles Baléares et le Pays de Valence, le catalan est très peu utilisé dans les domaines économique, social, scientifique, technologique et commercial. Malgré des progrès palpables, il reste minoritaire dans la télévision et la presse nationales, les films, les jeux vidéo, la musique et la littérature, malgré une industrie éditoriale forte et un niveau de créativité très élevé. Il jouit d'une présence commune à la radio et sur le théâtre en Principauté et jouit une bonne utilisation sur Internet, où il jouit de son propre domaine et où il existe en tant que 23e langue. Malgré cela, on ne peut pas parler d'un espace de communication catalan qui dépasse les frontières régionales et nationales.

D'autres circonstances non politiques affectent également l'avenir du catalan. Le sujet en question est présent dans la rue et, surtout, dans les zones urbaines et chez les jeunes, où, contrairement au monde officiel, son utilisation diminue en faveur de l'espagnol, à la suite de ce qui s'est passé sous le régime franquiste. Un autre sujet en suspens concerne la normalisation du catalan dans des domaines où il est pratiquement inexistant, comme dans le monde de la justice, du cinéma, des jeux vidéo, des perspectives pharmaceutiques et de l'étiquetage des jouets et des produits de consommation. Même en Catalogne, où l'effort de normalisation a été plus clair, il n'a pas abouti ni eu d'effets absolus. L'immense présence de l'espagnol, du français et de l'italien, beaucoup plus fort et mieux reconnu pour diverses raisons (politiques, économiques, historiques, démographiques, etc.), entrave le progrès de l'utilisation sociale du catalan et affecte l'authenticité lexicale et grammaticale.

L'avenir du catalan dépendra, du fait qu'il augmente et coordonne l'offre des gouvernements, des entreprises et des entités, mais aussi et surtout du fait que les institutions et les citoyens, qu'ils soient catalans ou non, veulent et peuvent le percevoir différemment. Pour vivre avec des garanties à long terme, il est nécessaire que la société entière lui accorde une considération qui la rend attrayante en l'associant à la modernité et au progrès social et, parallèlement, à un statut qui la rend nécessaire. Au sein de la pensée collective résultant des premières décennies d'autonomie, et sans une action publique, privée et civique vigoureuse, le renforcement, la pratique et le succès du militantisme linguistique individuel seront limités.

Milieu éducatif [modifier | modifier le code]

Drapeaux des territoires où se parle la langue catalane

Avec la démocratie, la langue a été réappropriée par le milieu éducatif. Néanmoins, l'introduction du catalan dans les classes a été très inégalitaire selon les territoires. Ainsi, alors qu'en Catalogne et dans les îles Baléares a été adopté un modèle linguistique selon lequel le catalan est la langue véhiculaire principale, dans la région de Valence a été suivi un modèle radicalement différent dans lequel les parents peuvent choisir, en théorie, la langue avec laquelle seront scolarisés leurs enfants.

Le catalan a été retiré du milieu éducatif entre le XVIIe et le XXe siècle, à mesure que les différentes régions dans lesquelles la langue était parlée ont imposé l'éducation obligatoire dans leurs langues régionales respectives. Cependant, les différents secteurs sociaux du pays ont toujours été conscients que l'enseignement est un secteur décisif tant pour le progrès du pays que pour la vitalité de la langue, de sorte que les demandes pour inclure le catalan dans l'enseignement et les plaintes contre son bannissement vont être fréquentes tout au long de cette période.

La situation va commencer à changer, surtout en Catalogne, à partir du XXe siècle, avec l'avancement du catalanisme politique, premier de la main de la Mancomunitat de Catalogne et après/plus tard de la Generalitat républicaine. En effet, le Statut d'autonomie de la Catalogne en 1932 a introduit pour la première fois l'apprentissage du catalan à tous les niveaux d'enseignement. Malheureusement, la période d'autonomie a été très courte, mais ce travail a installé les bases qui permettront que, des décennies plus tard, le secteur des professionnels de l'enseignement maintienne la langue catalane, même en pleine dictature franquiste, quand la langue était interdite et ses utilisateurs persécutés. La répercussion de la démocratie et d'un certain degré d'autonomie du territoire catalanophone inclus dans le royaume d'Espagne a permis la récupération de la langue dans le milieu éducatif, un exemple qui va être stimulant pour le reste du domaine linguistique. Cependant, la récupération a été très inégalitaire sur l'ensemble du territoire et la fragmentation territoriale et administrative fait qu'aujourd'hui, la position du catalan dans le monde de l'éducation varie énormément selon l'endroit auquel on fait référence.

Les médias en catalan[modifier | modifier le code]

L'espace de communication catalan englobe les médias en catalan du monde entier. Il est utilisé pour se référer au développement de ces médias à partir du début de la transition démocratique, malgré l'existence de médias antérieurs en Catalogne. Le concept a été formulé par Josep Gifreu i Pinsach dans les années 1980 et développé en 1991 dans son livre Construire l'espace de communication catalan, élaboré avec les contributions et les réflexions des consultants de tous les pays catalans.

Entrée des bureaux du quotidien ARA.
Éditions du quotidien El Periódico de Catalogne en castillan (chevet rouge) et en catalan (chevet bleu).

L'espace de communication catalan englobe les médias en catalan du monde entier. Il est utilisé pour se référer au développement de ces médias à partir du début de la transition démocratique, malgré l'existence de médias antérieurs en Catalogne. Le concept a été formulé par Josep Gifreu i Pinsach dans les années 1980 et développé en 1991 dans son livre Construire l'espace de communication catalan, élaboré avec les contributions et les réflexions des consultants de tous les Pays Catalanes.

De la fin du XIXe siècle à l'occupation franquiste de la majeure partie des Pays catalans, la région a connu une croissance soutenue, jusqu'à arriver à un système de communication varié et complet avec des journaux locaux et généraux, spécialistes et généralistes, des magazines très présents dans les kiosques et la société, collections de romans populaires et d'annuaires variés. Ces éléments ont fait du catalan une langue de communication indispensable. Après la répression de la dictature franquiste et le retour de la démocratie, l'espace des médias catalan est devenu une référence de manière progressive. Surtout, au début de ces processus, les politiques de communications de la Generalitat Catalane ont tenu ont rôle important avec la création et le soutien des médias catalans et l'activité régulatrice. Il y a plusieurs motions dans ce sens, comme celle de 1999, qui pose les bases normatives pour la promotion d'un espace communicationnel catalan ou celle du 8 juillet 2011 qui renforce les médias de l'espace catalan de communication. Ils n'ont pas eu le même soutien que d'autres territoires avec des médias catalans.

Durant les premières décennies de la transition, les médias publics avaient un rôle prépondérant, surtout TV3, Catalunya Radio, Nou Televisio, Com Radio et l'ACN ainsi que plusieurs radios et chaines de télévisions locales en catalan, jusqu'à l'apparition d'Ona Catalana et Rac1. La presse en catalan, initié par le journal Avui et suivis par d'autres médias comme El Punt, l'édition catalane de El Periodico et La Vanguardia et le journal ARA ont appartenu en majorité à des groupes privés. Sur Internet l'émergence a été rapide à partir de l'apparition de Vilaweb, suivi par Lamalla.cat et 324.cat, entre autres. Une régression dans la croissance de l'espace de communication catalan a été la fermeture du Nou Televisió et les menaces de fermeture des médias publiques des îles Baléares.

Médias qui en font partie[modifier | modifier le code]

Dans les pays catalans, il existe différents moyens de communication en catalan, lesquels forment l'Espai català de comunicació. Dans le domaine de la presse, il convient de mentionner l'édition en catalan de « La Vanguardia » et « El periódico de Catalunya », des journaux édités seulement en catalan : « El Punt Avui », « Ara », « Diari de Balears » et « L'esportiu », la presse locale très fournie en catalan (« Segre », « Regió 7 », « Diari de Girona », « El 9 nou », etc.), les revues en catalan (« El Temps », « Sàpiens », etc.) et les nombreux journaux digitaux en catalan (« Vilaweb », « Racó Català », « Nació Digital », « Ara.cat », « 324.car », etc.). Pour ce qui se fait à la radio, il faut mentionner « Catalunya Ràdio », « Ràdio Nou », « IB3 Ràdio » et « RAC 1 » pour les émissions généralistes, « Catalunya Informació » pour les émissions d'informations en continu, et « Catalunya Música », « Sí Ràdio », « Ràdio Flaixbac », « Flaix FM » et « RAC 105 » pour les émissions musicales. Enfin, pour ce qui est de la télévision, mention doit être faite de « TV3 », « IB3 Televisió » et « 8tv » pour les chaînes généralistes et « El 33 », « 3/24 », « Canal Super3 », « Esport 3 », « Barça TV », « RAC 105 TV » pour les chaînes thématiques. La disparition de la radiotélévision valencienne a laissé un vide encore présent aujourd'hui au Pays Valencien.

De l'origine du catalan aux médias[modifier | modifier le code]

Couverture de la Esquella de la Torratxa du 20/12/1918, quand de la Catalogne se réclamait compter sur une autonomie La couverture est fortement critique et satirique avec la dépendance économique qu'autres régions d'Espagne avaient avec la Catalogne

L'origine de la presse catalane remonte au dernier tiers du XIXe siècle. C'est à cette époque qu'apparaît l'hebdomadaire satirique du parti républicain populaire, avec La Campana de Gràcia (1870) ou L'Esquella de la Torratxa (1872). Quand le mouvement catalaniste de l'époque a dominé la presse quotidienne avec le « Diari Català » (1879), « La Renaixença » (1882) et « La Veu de Catalunya » (1899), ces journaux sont devenus les porte-paroles de la Ligue Régionaliste. Une partie de la presse régionale a également commencé à s'exprimer en catalan. Les partis politiques catalanistes du début du XXe siècle ont créé leurs propres quotidiens : El Poble Català (1905), de la Gauche Catalane, ou « La Pulicitat » (1922), de 'Acció Catalana, parti catalaniste.

La Mancomunitat de Catalunya (fédération de Catalogne)– un organisme similaire à la « Generalitat » actuelle mais dont les compétences sont restreintes à quelques domaines comme celui des services, de l'éducation et de la culture - a donné lieu à la réforme unificatrice de l'orthographe et à la normalisation de la langue standard catalane. Durant quelques années, de 1914 à 1923, la presse écrite en langue catalane n'a jamais dominé celle écrite en castillan, et aucune des deux ne pouvait parvenir à toute la population, car une part considérable de cette dernière était analphabète. En 1915, 15% de la presse quotidienne de Barcelone était écrite en catalan, et en 1923, seulement sept quotidiens catalans ont été publiés dans toute la catalogne, dont deux à Barcelone. Durant les années de la « Mancomunitat», beaucoup de revues spécialisées en catalan ont vu le jour, mais le plus important de cette période avec des tirages, qui, durant quelques années, avaient dépassé les 60 000 exemplaires, était le quotidien pour jeunes et enfants : En Patufet créé en 1904.

Le général Primo de Rivera, qui a imposé une dictature militaire de 1923 à 1930, voulait mettre fin au conflit social et consolider l'unité espagnole. La répression du mouvement ouvrier catalan et du catalanisme a provoqué la création de revues catalanes et la naissance de beaucoup de presses locales et régionales, puisque la dictature n'arrivait pas à interdire la publication en catalan. En revanche, quand la Radio de Barcelone s'est mise en place, à la fin de l'année 1924, la programmation était en langue castillane. Alors qu'en Catalogne, la dictature mettait des obstacles à une radio catalane, en Argentine, en 1928, un groupe de catalan lié au centre culturel catalan de Bueno Aires avait lancé à l'antenne un programme dominical en langue catalane : «  hora catalana », qui était retransmis par la Radio Prieto, dont le propriétaire était catalan. Cette émission n'a pas seulement été la première à être émise en langue catalane par une radio aussi loin de la région, mais elle a aussi été la première programmation en langue étrangère créée par les communautés d'immigrants de toute l'Amérique. Des années plus tard, d'autres programmes s'ajoutent, comme « Hores Catalanes de Radio » produit en Uruguay, au Chili, à Cuba, au Mexique et au Venezuela. Quand la dictature du général Primo de Rivera est tombée, la radio s'est catalanisée de manière progressive. Puis, l'année 1930 a donné naissance à la première radio en langue catalane : Radio Associacio de Catalunya. L'année suivante, avec la proclamation de la république catalane, la RAC a bénéficié d'un grand soutien populaire et est devenue une émission propre à la Generalitat. Ces changements politiques ont permis à la presse catalane de croître de façon significative. Durant la seconde république, plus précisément en 1933, Barcelone publia sept quotidiens en catalan et douze en castillan, ce qui supposait un quart de la totalité des tirages. Avant la guerre civile, il existait en Catalogne un système de communication varié et complet : des quotidiens locaux et régionaux, des spécialisés et généralistes, des revues très présentes en kiosque, collections de nouvelles populaires et des annuaires variés. Le catalan était la langue de communication indispensable pour n'importe quelle personne de moyenne culture. Il y avait des revues enfantines qui avait du succès, comme « en Pantfet », et aussi d'adultes comme « Papitu », humoristiques comme « La Campana de Gracia » ou « el Be Negre » », culturelles, comme « Mirador » ou «  Revista de Catalugny », et cosmopolites comme « D'aci i d'alla ». En définitif, il y avait des publications hétérogènes pour toutes sortes de publics.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ca) http://www.nuvol.com/opinio/per-lo-mati-ells-se-abillaren-lo-millor-que-pogueren article d'Albert Gilabert a Núvol.com
  2. Jordi Falgàs i d'altres, Barcelona and Modernity, Picasso Gaudí Miró Dalí, (ISBN 0-300-12106-7), 2006.
  3. Una llengua per vertebrar Catalunya, min. 9:20-12:40
  4. Una llengua per vertebrar Catalunya, min. 12:25-17:00
  5. Una llengua per vertebrar Catalunya, min. 19:30
  6. (en) « Catalan in mass communication », sur gencat.cat