Carrières de Lumières

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Entrée Picasso
La salle du Nord

Les Carrières de Lumières sont un centre d'art numérique projetant des expositions immersives, labellisé « Site naturel classé ». Situées aux Baux-de-Provence, les carrières sont gérées par la société Culturespaces. Jusqu'en 2012, le spectacle, ainsi que la société gérante, se nommaient Cathédrale d'Images.

Localisation[modifier | modifier le code]

Les Carrières de Lumières ou Carrières des Bringasses et Grands Fonts sont situées aux Baux-de-Provence, en bordure de la route départementale 27, dans le département des Bouches-du-Rhône, au cœur du Val d'Enfer voisin, auquel elles sont improprement associées.

Historique[modifier | modifier le code]

Au fil des années, ces carrières sont creusées pour en extraire le calcaire blanc utilisé pour la construction du Château et de la Cité des Baux. En 1935, la concurrence économique des matériaux modernes conduit à leur fermeture. En 1959, Jean Cocteau, émerveillé par la beauté des lieux et de leur environnement[réf. nécessaire], décide d’y tourner des séquences de son film Le Testament d'Orphée.

Albert Plécy et la Cathédrale d'Images[modifier | modifier le code]

Albert Plécy, rédacteur en chef au Parisien libéré et président des Gens d'Images tombe en admiration des carrières des Grands-Fonds en 1975. Deux ans plus tard naît Cathédrale d’Images où des images géantes sont projetées sur les parois lisses de la carrière. Ce festival d'images s'est depuis renouvelé chaque année avec des thèmes différents[1],[2].

Culturespaces et les Carrières de Lumières[modifier | modifier le code]

En 2011, la ville des Baux-de-Provence confie la gestion des Carrières à Culturespaces, dans le cadre d’une délégation de service public, contestée par la société Cathédrale d'Images occupante et créatrice des lieux depuis 1975.

En 2012, Culturespaces rouvre le site sous le nom de Carrières de Lumières avec l'exposition « Gauguin, Van Gogh, les peintres de la couleur ». Cette première exposition accueille 250 000 visiteurs.[réf. nécessaire]

Site[modifier | modifier le code]

L’entrée Picasso, anciennement Jean Cocteau, est un espace monumental dominé par une vaste scène d'une dizaine de mètres de large et 20 mètres de hauteur adossée à la montagne.

La salle Dante, anciennement Albert Plécy est l’espace principal dans lequel les expositions sont projetées. À droite de l’entrée, une grande galerie s’enfonce sur 60 mètres sous la montagne pour aboutir sur un gigantesque hall, découpé par d’immenses colonnes laissées par les carriers pour porter le « toit ». Ces piliers naturels font entre 5 et 10 mètres à la base et mesurent de 7 à 9 mètres de haut. Ils servent, tout comme les murs et le plafond, d’écrans naturels pour la projection.

C'est dans ces lieux qu'étaient extraits jusqu’en 1880 des blocs de 2 m3 d'abord à la barre de fer puis à la scie crocodile[1].

La salle Cocteau de 300 m2, partiellement couverte et avec de grandes ouvertures sur toute sa longueur, est utilisée pour l’activité réceptive des Carrières.

La salle Van Gogh accueille le Café des Carrières.

La salle de projection de 90 m2 diffuse des extraits du film Le Testament d’Orphée de Jean Cocteau ainsi que des interviews de ce dernier et de Jean Marais, l’acteur principal du film.

Conflit entre la société d'exploitation Cathédrale d'Images et la mairie des Baux-de-Provence[modifier | modifier le code]

Dès août 2008, la mairie des Baux-de-Provence souhaite retirer la gestion du site à la société Cathédrale d'Images et, après avoir procédé à un appel d'offres pour délégation de service public, la confier à la société Culturespaces, filiale d'Engie, qui gère déjà le Château des Baux[3], les Arènes de Nîmes et le Théâtre antique d'Orange. Les gérants de la société d'exploitation Cathédrale d'Images refusent alors de quitter les lieux et dénoncent ce qu'ils appellent « un captage de fonds de commerce[4] ». L'affaire est examinée le par la chambre des référés du tribunal administratif de Marseille chargé de dire si, conformément aux vœux du maire des Baux-de-Provence, Michel Fenard, Cathédrale d'Images doit être immédiatement expulsée[5]. La justice administrative donne finalement raison à la mairie et ordonne l'évacuation des lieux avec une astreinte de mille euros par jour de retard[6]. Cathédrale d'Images s'est immédiatement pourvue en Cassation devant le Conseil d'État.

Après que Culturespaces a été condamné le 1er décembre 2015, par la Cour d'Appel de Paris, pour « parasitisme » au préjudice de Cathédrale d'Images, le 25 janvier 2016 le Conseil d'État a examiné l'affaire de l'expulsion de Cathédrale d'Images[7] : le Rapporteur public (Commissaire du gouvernement) a demandé qu'il soit fait droit aux demandes de dédommagement de Cathédrale d'Images devant la Justice civile, pour la rupture de son bail commercial, au prétexte fallacieux qu'elle aurait exercé, sans le savoir, un Service Public. Ce que Cathédrale d'Images n'avait cessé de contester devant les juges administratifs de Marseille.

De fait, le 15 février 2016, suivant l'avis et la demande du Rapporteur public Benoît Bohnert, le Conseil d’État statuant au contentieux a définitivement tranché cette question de « domanialité » en faveur de la société Cathédrale d'Images[8],[9]. La mairie des Baux-de-Provence est condamnée en 2018 par le Tribunal de Grande Instance de Tarascon à verser près de 5,8 millions d'euros de dommages et intérêts à la société Cathédrale d'images[10]. Jugement dont la commune a fait appel, devant (en exécution provisoire) régler immédiatement à Cathédrale d’Images 25% des 5,8 millions d’euros de dommages et intérêts (augmentés des intérêts de retard) prononcés par le Tribunal de première instance. Par "Arrêt an fond N° 2019 / 333 " du 27 juin 2019, la Cour d'appel d'Aix en Provence a finalement confirmé la condamnation de la Commune.

Cathédrale d'images a précédemment obtenu la condamnation de Culturespaces pour « parasitisme »[11], ayant « indéniablement profité des efforts déployés par la société Cathédrale d’images pendant plus de 30 ans pour concrétiser et développer l’idée de M. PLECY et assurer le succès et la notoriété de ses spectacles ».

Le 20 septembre 2018, un article de Renaud Lecadre, dans le journal Libération, a révélé les mises en examen au pool financier de Paris du maire des Baux-de-Provence, Michel Fenard, pour « favoritisme » lors de l'appel d'offres de la Délégation de service public remportée en avril 2010 par Culturespaces, filiale d'Engie, qui est également mise en examen, de même que son PDG, Bruno Monnier, pour "recel de favoritisme"[12].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Les carrières du Val d'Enfer
  2. Patrick Saletta, Les Carnets du Patrimoine - Provence - Côte d'Azur, éd. Les Guides Massin, 2000, p. 162, 163.
  3. « La carrière d’Anne-Lofton Cobb saluée par Patrick Devedjian », Violeta Assier, in Le Dauphiné libéré, 20 septembre 2010.
  4. Droit de réponse aux lettres circulaires du maire des Baux-de-Provence, 15 juin 2010, adressé aux habitants et élus des pays d'Arles.
  5. Denis Trossero, La Provence, éd. Arles, 20 septembre 2010, p. 1, 30.
  6. « Sortir à Avignon (84) : toutes les sorties aujourd'hui sur Sortir... », sur www.118712.fr (consulté le 1er septembre 2020).
  7. Journal La Provence, 26/01/2016, pages 1 et 5 (voir aussi LE COMBAT JUDICIAIRE Les carrières des Baux devant le Conseil d'état sur laprovence.com)
  8. Voir sur Légifrance : Arrêt No 384228 de la Cour suprême (section du contentieux, 8e et 3e sous-sections réunies)
  9. « TF1, JT de 20 heures, 7 août 2018 », sur https://www.lci.fr
  10. La Provence février 2018
  11. Cour d’Appel de Paris, ARRÊT DU 1ER DECEMBRE 2015, Pôle 5 - Chambre 1 - RG n° 14/14179 : affaire débattue le 21 Octobre 2015, en audience publique.
  12. « ENQUÊTE - BAUX-DE-PROVENCE : LA DRÔLE DE CARRIÈRE D’ENGIE DANS LA CULTURE, PAR RENAUD LECADRE - 20 SEPTEMBRE 2018 », sur liberation.fr,

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Site officiel des Carrières de Lumières.
  • Site officiel de la société Cathédrale d'Images qui a exploité le site jusqu'en 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]