Brigadier Gerard (cheval)

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Brigadier Gerard
Père Queen's Hussar
Mère La Païva
Père de mère Prince Chevalier
Sexe M
Naissance 1968
Pays de naissance Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Pays d'entraînement Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Éleveur John L. Hislop
Propriétaire John L. Hislop
Entraîneur Dick Hern
Jockey Joe Mercer
Record Timeform: 144
Nombre de courses 18
Nombre de victoires 17 (1 place)
Gains en courses £ 253 024
Distinction Cheval de l'année en Angleterre (1972)
Principales victoires 2000 Guineas
St. James's Palace Stakes
Sussex Stakes
Queen Elizabeth II Stakes
Champion Stakes
Lockinge Stakes
Prince of Wales's Stakes
Eclipse Stakes
King George VI & Q. Elizabeth Stakes

Brigadier Gerard (1968 - 1989) est un cheval de course pur-sang anglais né en Angleterre, par Queen's Hussar et La Paiva, par Prince Chevalier. Il fut l'un des meilleurs et des plus populaires chevaux de l'histoire des courses britanniques.

Carrière de courses[modifier | modifier le code]

Malgré ses origines modestes, Brigadier Gerard fut envoyé par son éleveur-propriétaire, John Hislop, chez le grand entraîneur Dick Hern. D'un très beau modèle, il ne tarda pas à se révéler dans une génération qui comptait dans ses rangs un autre phénomène : Mill Reef. Débutant en juin de ses deux ans, il resta invaincu en 1970, alignant quatre victoires, dont les Middle Park Stakes. Pourtant, le verdict des échellistes internationaux le plaça en troisième position des classements de fin d'année, derrière deux poulains exceptionnels, Mill Reef et un autre Anglais invaincu, My Swallow.

En 1971, sans course de rentrée, Brigadier Gerard devait affronter ces deux champions dans les 2000 Guinées : affaire de suprématie. L'explication eut bien lieu, les trois poulains se retrouvant seuls aux prises dans l'ultime ligne droite. Mais la lutte tourna court. Mill Reef fit illusion un instant, mais dut regarder passer Brigadier Gerard qui fila au poteau avec trois longueurs d'avance. En remportant brillamment cette course d'un niveau rarement atteint, le fils de Queen's Hussar était entré dans la légende. Malheureusement, Mill Reef n'aura jamais la possibilité de prendre sa revanche, si toutefois il en fut capable : l'entourage de Brigadier Gerard estima que son poulain ne tiendrait pas au-delà de 1600m, et décida de le cantonner au maximum sur cette distance. Les deux poulains n'allaient plus jamais se croiser sur un hippodrome.

Tandis que Mill Reef se couvrait de gloire en remportant le Derby, les Eclipse Stakes, les King George et finalement le Prix de l'Arc de Triomphe, Brigadier Gerard, lui, raflait toutes les grandes épreuves anglaises sur le mile : les St. James's Palace Stakes, les Sussex Stakes (par 5 longueurs), les Queen Elizabeth II Stakes, le Goodwood Mile (par 10 longueurs). S'aventurant sur les 2000 mètres des Champion Stakes, il dut en revanche batailler ferme pour s'imposer d'une courte tête devant l'irlandais Rarity. Néanmoins, il n'avait toujours pas connu la défaite, après 10 courses. Il fut naturellement élu meilleur miler de l'année, mais le titre de cheval de l'année lui échappa au profit de Mill Reef : il n'y avait qu'un fauteuil pour deux.

Maintenu à l'entraînement à 4 ans, Brigadier Gerard rentra victorieusement dans les Lockinge Stakes, et continua son incroyable série en s'imposant dans les Westbury Stakes, les Prince of Wales's Stakes (où il écrasa Steel Pulse, vainqueur de l'Irish Derby, par 5 longueurs). Puis sonna l'heure de la revanche avec Mill Reef. Elle devait avoir lieu dans les Eclipse Stakes, annoncées comme la course du siècle. Malheureusement, Mill Reef déclina la lutte, victime d'un virus. Comme s'il avait été déçu que le match fut ajourné, le "Brigadier" s'imposa presque laborieusement dans la course. Il lui fallait donc aller chercher son fuyant challenger sur son terrain : comme il avait manifestement gagné en tenue, il fut aligné dans les King George, première tentative sur la distance classique qui se solda par une victoire au courage, malgré une enquête sur de petits remous advenus dans la lutte finale, le cheval ayant légèrement versé sur sa droite. Gagner les King George avec des aptitudes de miler et devant un parterre de chevaux classiques reste un exploit hors du commun[1]. Brigadier Gerard venait en outre de porter son total à 15 victoires en autant de sorties.

Puis vint la Benson & Hedges Gold Cup, à son tour annoncée comme la course du siècle, Mill Reef étant déclaré partant. Mais, bis repetita, il s'abstint une nouvelle fois, toujours en proie à des soucis de santé. Pourtant, cette épreuve allait rester dans l'histoire, mais pour d'autres raisons : le "Brigadier" allait y connaître, pour la première fois de sa carrière, le goût de la défaite, terminant deuxième d'un Roberto brillamment monté par l'Américain Braulio Baeza[2]. Le Derby-winner 1972, qui avait pourtant eu du mal à confirmer son sacre d'Epsom, fit la course de sa vie, et pourrait à jamais se targuer d'être le seul cheval à avoir devancé le crack. La course s'était déroulée sans encombres, si ce n'est qu'elle fut disputée à un train d'enfer (les deux premiers abaissèrent le record de la piste), mais Joe Mercer, jockey de Brigadier Gerard, expliqua que son cheval était malade: "quand ils rentrèrent à l'écurie et que le cheval baissa la tête, il déversa du mucus. Il était malade, et il était encore capable de finir second du vainqueur du Derby, en lui rendant 12 livres"[3].

Après ce coup de tonnerre complètement inattendu, Brigadier Gerard prouva que son prestige n'avait pas lieu d'être entamé. De retour sur le mile, il survola les Queen Elizabeth II Stakes, par 6 longueurs, record de la course à la clé. Sa dernière sortie eut lieu en fin de saison dans les Champion Stakes, où il s'offrit un doublé, dominant sans coup férir le Français Riverman. Ce sans-grade devenu légendaire fit ce jour-là ses adieux au public et se retira au haras, après 17 victoires en 18 courses.

Fin 1972, alors qu'il avait évidemment été élu cheval de l'année, Timeform lui octroya un rating exceptionnel : 144, soit le troisième plus haut rating de l'histoire des courses, à égalité avec le vieux Tudor Minstrel (né en 1944), juste derrière Frankel (147) et Sea Bird (145), mais devant Mill Reef (141, le septième rating de l'histoire).

Palmarès[modifier | modifier le code]

Au haras[modifier | modifier le code]

Au haras, ses origines sans gloire ne lui permirent pas de briller, mais il sut tout de même donner les bons Vayrann (Champion Stakes) et Light Cavalry (St. Leger). Il eut peu d'influence au stud. Notons quand même que l'un de ses fils, l'honorable Comrade in Arms, engendra à son tour Celtic Arms (Prix du Jockey-Club, Prix Lupin, 3e du Grand Prix de Paris), et qu'il est le père de mère de Daralinsha (Prix Minerve) et surtout de sa sœur, la championne Daryaba (Prix de Diane, Prix Vermeille). La pérennité de son nom en lignée mâle pourrait cependant être assurée grâce à son fils General, ancêtre du crack American Pharoah et de Raven's Pass (Breeders' Cup Classic).
Brigadier Gerard est mort en 1989.

Origines[modifier | modifier le code]

On classe souvent Brigadier Gerard parmi ces roturiers célèbres qui ont réussi à s'imposer au plus haut niveau, là où règnent quasi exclusivement les représentants des lignées les plus prestigieuses. Il n'était toutefois pas issu de n'importe qui. S'il était, lui, de basse extraction, son père Queen's Hussar, double lauréat de groupe 1 (Sussex Stakes, Lockinge Stakes) fut un miler de renom, qui n'eut certes pas une production homogène en qualité, mais parvint tout de même à se faire un nom au haras et ne mérite pas l'oubli dans lequel il est tombé depuis, puisque, outre Brigadier Gerard, il eut un autre rejeton de grand talent en la personne de Highclere. Appartenant à la Reine d'Angleterre, celle-ci fut l'une des meilleures pouliches de son temps, remportant les 1000 Guinées, le Prix de Diane, et terminant 2e des King George de Dahlia. Davantage que Brigadier Gerard, elle allait assurer la pérennité de son géniteur au haras, via deux de ses filles : la bonne Height of Fashion (par Bustino), lauréate des Princess of Wales's Stakes (Gr.2), et poulinière exceptionnelle, mère entre autres du crack Nashwan (pour plus de détails, voir l'article consacré à ce dernier), et Burghclere (par Busted), deuxième mère du phénomène japonais Deep Impact.

La mère de Brigadier Gerard, si elle ne peut que se placer à 3 ans dans d'obscures compétitions, avait pour elle d'être une fille du français Prince Chevalier, vainqueur du Jockey-Club, 2e de l'Arc, et plusieurs fois tête de liste des étalons des deux côtés de la Manche. Celui-ci était l'œuvre du belge Prince Rose, reproducteur de premier plan, puisqu'il donna en outre le grand étalon américain Princequillo (père de mère, notamment, de Mill Reef et Secretariat).

Origines de Brigadier Gerard
Père
Queen's Hussar
March Past Petition Fair Trial
Art Paper
Marcelette William of Valence
Permavon
Jojo Vilmorin Gold Bridge
Queen of the Meadows
Fairy Jane Fair Trial
Light Tackle
Mère
La Paiva
Prince Chevalier Prince Rose Rose Prince
Indolence
Chevalerie Abbot's Speed
Kassala
Brazen Molly Horus Papyrus
Lady Peregrine
Molly Adare Phalaris
Molly Desmond

Références[modifier | modifier le code]

  1. « BRIGADIER GERARD WINS 15TH IN ROW; Finishes 1 1/2 Lengths Ahead in Ascot Stakes Race », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  2. « Schenectady Gazette - Google News Archive Search », sur news.google.com (consulté le 6 avril 2016)
  3. Daily Telegraph, 15 août 2012, page S18.