Bombarde (militaire)

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Abbaye du Mont-Saint-Michel. Bombarde abandonnée par l'armée de Thomas de Scales, le 17 juin 1434

La bombarde est une pièce d'artillerie apparue pendant la guerre de Cent Ans qui lançait des boulets de pierre ou de fer d'un calibre important. Son manque de précision et sa faible cadence de tir rendaient la bombarde plus effrayante et démoralisante que meurtrière. C'est pour cela qu'elle était beaucoup plus utilisée pour abattre les fortifications ennemies, par exemple lors de la prise de Constantinople en 1453 où les Turcs utilisèrent des bombardes de taille immense. Elle fut utilisée jusqu'à la fin du XVe siècle où elle fut rendue obsolète par l’apparition des canons à roues (couleuvrine). Le poids du projectile est de 280 kg.

Description[modifier | modifier le code]

Généralement, les bombardes sont des bouches à feu en bronze ou (plus rarement) en fer forgé montées sur un affût en bois et rattachées à ce dernier par des anneaux métalliques. La métallurgie médiévale ne permettant pas de créer des bombardes d'un bloc, celles-ci étaient constituées de plusieurs tubes métalliques, assemblés à la manière de tonneaux par des cerclages[1]. Elles tirent des boulets de pierre, la faible densité de la pierre diminue l'efficacité de la bombarde mais elle est compensée par le calibre important des boulets[2]. À partir de 1430, l'utilisation des boulets en fer se généralise qui contrairement aux boulets en pierre ne se brisent pas à l'impact; par ailleurs leur production est plus simple, car ils sont fondus, contrairement aux boulets en pierre, qui étaient taillés[3]. La poudre noire est chargée grâce à une cuillère à long manche, la lanterne; une première bourre de foin est placée dans la gueule de la bombarde afin de séparer la poudre du boulet, le projectile est calé entre cette première bourre et une seconde, introduite en dernier. Une fois le canon chargé, une charge d'amorçage est versée dans la lumière (orifice foré dans la culasse de la bombarde), la mise à feu se fait grâce à un boutefeu ou à une plaque de fer rougie. La cadence de tir d'une bombarde varie entre six et dix coups par heure, ce qui rend son utilisation impropre aux champs de bataille[1],[4].

Utilisation[modifier | modifier le code]

La Chronique de Villani et les Chroniques de Froissart font mention de l’utilisation de bombardes à la Bataille de Crécy (1346) par les anglais, mais il faut attendre 1380 pour voire couramment des bombardes sur les champs de bataille. Cependant, les bombardes sont vulnérables; une fois la salve tirée, il suffit à l'ennemi de s'avancer et de s'emparer des pièces d'artillerie puis de les enclouer, c'est-à-dire d'enfoncer un clou dans la lumière de la bombarde. Le manque d'efficacité des bombardes dans les batailles rangées oriente leur utilisation vers la guerre de siège. A la fin du XIVe siècle, des ouvertures sont pratiquées à la base des tours et des courtines pour permettre le tir des canons[5]. L'apparition des bombardes dans la guerre de siège entraîne une modification de l'architecture défensive; les remparts, autrefois élevés en hauteur, au détriment de leur épaisseur pour empêcher les tentatives d'escalades doivent être abaissés et épaissis[3].

Origine[modifier | modifier le code]

La bombarde serait une adaptation européenne des canons chinois, inventés au XIe siècle.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Évolution de l'artillerie au Moyen¨-Âge » [PDF], sur musee-du-genie-angers.fr (consulté le 9 janvier 2017)
  2. Paul Benoît, Dictionnaire du Moyen-Âge, Paris, Quadrige / PUF, , 1548 p. (ISBN 2-13-054339-1), p. 93
  3. a et b Christopher Allmand, La Guerre de Cent Ans, Paris, Histoire Payot, (ISBN 2-228-88220-8), p. 118
  4. « Les Merveilles de la science/L’Artillerie ancienne et moderne - Wikisource », sur fr.wikisource.org (consulté le 9 janvier 2017)
  5. Philippe Contamine, La guerre au Moyen-Âge, PUF, , 516 p. (ISBN 978-2-13-050484-9), p. 339 - 345

Liens externes[modifier | modifier le code]