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Bataillon des canonniers sédentaires de Lille

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Bataillon des canonniers sédentaires de Lille
Image illustrative de l’article Bataillon des canonniers sédentaires de Lille
Canonniers sédentaires de Lille en 1860

Création 1483-1790 et depuis 1803
Dissolution 2015
Pays Drapeau de la France France
Branche Artillerie
Type Bataillon
Garnison Lille
Ancienne dénomination Confrérie des canonniers et couleuvriniers, Confrérie de sainte Barbe
Couleurs Bleu et écarlate
Anniversaire Sainte Barbe
Guerres Guerre franco-autrichienne (1792)
Guerre de 1870
Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Batailles siège de Lille (1667), siège de Lille (1708), siège de Lille (1792)

Le bataillon des canonniers sédentaires de Lille est une ancienne unité de l’armée française. Il est l'héritier des traditions de la Confrérie de Madame Sainte Barbe. Ce corps de canonniers a eu, sous différents statuts, une longévité exceptionnelle, de 1483 à 2015.

Origine et dénominations successives

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L'histoire du bataillons des canonniers de Lille s'inscrit dans celle de l'artillerie, un siècle après l'utilisation des « tuyaux de tonnerre » du XIVè siècle (en 1363 Lille possédait 7 canons[1]).

Les Confrères de Sainte Barbe (1483 - 1790)

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Lille devient frontière en 1482 par le traité d'Arras entre Louis XI et Maximilien d'Autriche ; en 1483, l'échevinage de Lille organise le « serment des quenonniers et culeuvriniers (…), confrères de Madame Sainte Barbe », qui fixe le fonctionnement de cette unité « privée », un des plus anciens corps d'artillerie d'Europe, composé à l'origine de spécialistes étrangers assistés d'artisans artilleurs venant de différentes connétablies, et qui a pour but la défense de la place forte de Lille, passée avec les Flandres sous domination autrichienne[2]. Les confrères de Sainte-Barbe prêtent ainsi serment de défendre la ville de Lille le , et la « confrérie des canonniers et couleuvriniers » de Lille devient confrérie de sainte Barbe.

En 1538 les Canonniers achètent de leurs deniers une maison sise rue des Malades, aujourd'hui rue de Paris (angle de la rue Malpart)[3]; les privilèges des canonniers sont confirmés par Charles Quint en 1541. En 1578 six batteries défendent Lille d'une attaque des « Gueux » (ou Hurlus) ; s'ensuivent au XVIè siècle toute une série d'action des canonniers de Lille dans les Flandres. Philippe IV reconnaissant confirme leurs privilèges en 1650 et 1659, à condition « qu'ils tiennent bien prez, appareilleez de canons, mousquets et arquebuses ».

Lorsque Louis XIV en personne fait le siège de la ville en 1667, eur tir est si précis et si efficace qu'après la reddition de la place, le Roy les complimente, et, pour récompenser leur courage et leur habileté, leur garantit le maintien de leurs privilèges, et leur octroie deux canons d'honneur.

Vauban construit sa citadelle; au XVIIIè les canonniers défendent Lille de l'Anglois, des Autrichiens. Ils participent, aux côtés des troupes françaises, à la défense de la ville lors du siège de 1708. Le Canonnier maître charron Jacques Boutry s'illustre alors par son ingéniosité pour réparer la porte d'eau, charnière de la défense lilloise. Il est récompensé par le maréchal de Boufflers, qui l'anoblit.

L'incorporation dans la Garde Nationale (1791 -1802)

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Les canonniers prennent part à la Fête de la Fédération sue le Champ de Mars le . En 1791 ils sont incorporés dans la Garde Nationale. Le siège de 1792 est le fait d'armes plus marquant de l'histoire des Canonniers. La confrérie de Sainte-Barbe a été dissoute, mais les confrères se sont tous engagés volontaires et servent dans le même bataillon "Égalité". La résistance des Lillois est héroïque. Les Canonniers n'ont pas quitté les remparts de tout le siège, y compris le capitaine Charlemagne Ovigneur qui apprend que sa maison et ses ateliers brûlent, et que sa femme accouche. En 1792 Monge remet sur l'ordre de la Convention des canons d'honneurs aux canonniers de Lille, vaillants défenseurs face aux Autrichiens. En 1793, la maison des Canonniers et ses collections, inventoriées, sont déclarés « biens nationaux », et vendus au profit de la République.

Le bataillon des canonniers sédentaires (1803 - 2015)

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Napoléon Bonaparte rend hommage à cette résistance: en tant que consul, de passage à Lille, il reforme un bataillon, distinct de la garde nationale, le , le bataillon des canonniers sédentaires de Lille. La confrérie des origines fait ainsi maintenant partie prenante de l'armée nationale. Bonaparte lui offre deux canons Gribeauval (actuellement présentés au musée des canonniers), et attribue aux Canonniers une « maison nationale », la Maison des Urbanistes (ancien Couvent des Urbanistes).

Les Lillois vont choisir les canonniers comme symbole de leur propre résistance. En effet, la déesse de la Grand'Place (place du Général-de-Gaulle) tient dans la main un boutefeu, symbole des canonniers. Les légendes du capitaine Ovigneur, et du canonnier Reboux, meilleur tireur du bataillon, qui aurait réussi à envoyer un boulet dans l'âme d'un mortier autrichien, témoignent aussi de cet engouement des Lillois pour leurs canonniers.

Le bataillon est incorporé dans l'armée territoriale en 1875 par Mac-Mahon qui en fait un corps de troupe territorial d'artillerie à pied. En 1896 le bataillon alterne toujours, sur le principe initial de ses fondateurs, ou sur celui de la Garde Nationale, vie militaire et civile, bien que son existence administrative soit permanente. En sommeil depuis 1919, le corps des canonniers est réorganisé en 1935 dans la Défense aérienne du territoire, et un décret réorganise les Canonniers Sédentaires de Lille. Le corps est centre d'instruction des officiers de réserve en 1960. En 1983, le bataillon est réorganisé en tant qu'unité de réserve, avant d'être reconnu comme corps de mobilisation de l'armée française en 1989. À partir de 1997 et de la professionnalisation de l'armée, le bataillon est en attente de mission. Il est dissous en [4] mais son étendard participe toujours aux manifestations telles que le défilé du à Lille, ou les célébrations de sa patronne sainte Barbe.

Combats et batailles

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Le bataillon est cité à l'ordre de l'artillerie de la place pour sa défense de Lille durant la guerre de 1870.

En 1809 les Canonniers de Lille sont à Gadzand-Flessingues (Pays-Bas) face à l'expédition anglaise, trois officiers et 24 canonniers trouveront la mort dans les deux mois de campagne dans les polders, et nombre d'entre eux sont atteint de paludisme. Le capitaine Ovigneur reçoit en 1810 à Lille de Napoléon, au nom de tous les canonniers, la croix de chevalier de la Légion d'Honneur.

En 1830 200 bouches à feu sont mises en batterie. En 1848 une centaine de Canonniers sont embarqués pour Paris par le Chemin de fer nouvellement créé, et placés sous les ordres du Général de Négrier, prennent part aux combats de juin pour rétablir l'ordre. En 1870 Faidherbe remet son fanion de commandement aux Canonniers en remerciement de leurs services pour la défense de la ville.

Durant la Première Guerre mondiale, les quatre batteries mobilisées sont prêtes mais la place de Lille est déclarée « ville ouverte » le à 18 heures. Cependant le ordre est donné de mettre en état de défense la place ; le la 1ère Batterie fait ouvrir le feu sur l'armée Von Kluck en position sur les hauteurs de Bachy. Dans la soirée un contr'ordre déclare de nouveau Lille « Ville Ouverte » ! Le les canonniers sont affectés en renfort dans des villes côtières proches de Dunkerque, dont Boulogne, sous le commandement de la Marine; ils seront cités collectivement pour leurs actions à la fin du conflit.

En 1935 le Chef d'Escadron Van den Bussche est nommé chef de corps et organise le perfectionnement de l'instruction des canonniers dans les domaines du guet, de l'alerte, du tir, de l'altimétrie, de l'écoute, etc... en vue de leur emploi dans la DAT (Défense Aérienne du Territoire) de la zone Lille-Roubaix-Tourcoing. À l'approche de la seconde guerre mondiale, le corps est mobilisé en , puis à nouveau partiellement en et le , avant la mobilisation générale du . Les Canonniers sont répartis dans différentes unités, mais l'administration du corps reste assurée. L'Hôtel des Canonniers est réquisitionné, les états-majors de DCA de Lille s'y installent au rez-de-chaussée et en sous-sol. Douze avions ennemis sont abattus par les sept batteries de Lille-Roubaix-Tourcoing et les sections mitrailleuses. Le , l'ordre de repli vers la côte de la DAT de Lille est donné. Une grande part des unités est faite prisonnière le à Dunkerque[2].

Faits d'armes portés sur l'étendard du bataillon

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L'étendard du bataillon vers 1935

Personnalités célèbres

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Bibliographie

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  • Auguste de Meunynck, La confrérie de Sainte-Barbe à Lille (1483-1792), Lille, G. Leleu, 1903. Accessible en texte intégral sur LillOnum.
  • Louis Quarré-Prévost, Le bataillon des Canonniers sédentaires de Lille (1483-1909), Lille, Danel, 1911.
  • C. Dehorter-Duez, P. Duval-Brédart, Ch. Hivonnait, Les Canonniers sédentaires de Lille, Paris, Revue historique de l'armée, n°1, 1965, pp 5-14.
  • Benoît Bremond, La symbolique du Bataillon des Canonniers Sédentaires de Lille : Insignes, fanion et étendard, Paris, Afnil, 2022.
  • Thomas Ovigneur, Napoléon Bonaparte et les canonniers, 2025.

Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. Louis Quarré-Prévost, Le bataillon des Canonniers sédentaires de Lille (1483-1909), Lille, Danel, 1911.
  2. a et b C. Dehorter-Duez, P. Duval-Brédart, Ch. Hivonnait, Les Canonniers sédentaires de Lille, Paris, Revue historique de l'armée, n°1, 1965, pp 5-14.
  3. Cet actuel 44 de la rue Pierre Mauroy s'effondre en novembre 2022, par vétusté.
  4. « Décret n° 2015-213 du 25 février 2015 portant règlement du service de garnison, article 23, alinéa 2 », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  5. Musée des Canonniers de Lille, « Les Canonniers dans la guerre de 1870-71 - La mobilisation de juillet 1870. », (consulté le )
  6. « Musée des Canonniers Sédentaires de Lille », sur www.facebook.com (consulté le )