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Bataille des Abrolhos

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Bataille des Abrolhos
Description de cette image, également commentée ci-après
Bataille navale des Abrolhos
Informations générales
Date
Lieu Abrolhos, Brésil
Issue Victoire stratégique hispano-portugaise
Belligérants
Union ibérique Provinces-Unies
Commandants
Antonio de Oquendo Adriaen Jansz Pater
Maerten Thijssen
Forces en présence
19 navires de guerre
5 navires non-armés
10 caravelles non-armées
16 navires de guerre
Pertes
2 navires coulés
1 navire capturé
585 morts ou capturés
201 blessés
2 à 3 navires coulés
430 à 2 000 morts ou blessés

Guerre néerlando-portugaise
Guerre de Trente Ans

Coordonnées 18° 02′ 00″ sud, 38° 40′ 00″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Amérique du Sud
(Voir situation sur carte : Amérique du Sud)
Bataille des Abrolhos
Géolocalisation sur la carte : Brésil
(Voir situation sur carte : Brésil)
Bataille des Abrolhos

La bataille des Abrolhos ou bataille de Pernambouc[1] se déroule en 1631 dans l'archipel des Abrolhos au Brésil [2],[3],[4]. Une flotte hispano-portugaise, commandée par l'amiral Antonio de Oquendo, vainc les Néerlandais après une bataille navale de six heures [5].

Après être revenu avec Fadrique de Toledo des Amériques, en ayant nettoyé les Caraïbes des pirates, Antonio de Oquendo apprend que les villes brésiliennes de Pernambouc et de Recife ont été capturées par les Hollandais avec une force de 67 navires et 6 000 hommes.

Pour contrer cette menace, la flotte d'Oquendo est composée de 26 navires, dont 12 caravelles, et transporte 3 000 soldats. Le 5 mai 1631, l'amiral espagnol Antonio de Oquendo quitte Lisbonne avec une flotte d'une vingtaine de navires de guerre. Il transporte des renforts à Paraíba, au Pernambouc et à Bahia. Sur le chemin du retour vers le Portugal, il doit escorter des navires chargés de sucre.

Arrivé à Bahia, il y renforce la garnison et continue sa route en direction de Pernambouc en compagnie de 20 navires marchands qui se sont joints à lui. Ayant appris la présence des Espagnols, les Hollandais envoient 17 galions bien approvisionnés et armés, renforcés par 1 500 soldats à leur bord, sous le commandement de l'amiral Adrian Pater. Deux de leurs navires sont de 1 000 tonnes et 50 canons.

Les Espagnols quant à eux ont 5 navires de moins de 300 tonnes, 5 autres ont la moitié de leur infanterie embarquée et les 6 derniers sont équipés à peu près correctement.

En outre, Oquendo refuse que l'infanterie transportée dans les caravelles, sous les ordres du comte de Bayolo (pt)[6],[7], soit transférée à bord des galions, car ses ordres sont de les transférer aux Amériques. Malgré la présence de 33 navires à Pernambouc, Adrian Pater n'en laisse que 17 au port, estimant que seuls 8 des navires d'Antonio de Oquendo sont aptes au combat [8]. Le 12 septembre, les deux flottes se rencontrent au large des îlots.

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Antonio de Oquendo a quitté la Baie de Tous les Saints avec les navires de guerre espagnols:

  • Vaisseau amiral Santiago de Oliste
  • Vice-vaisseau amiral San Antonio
  • Nuestra Señora de la Concepción
  •  Nuestra Señora del Buen Suceso
  •  Nuestra Señora de la Anunciada
  • San Carlos
  • San Buenaventura
  • San Blas
  • San Francisco
  • San Pedro
  • San Bartolomé
  • San Martín

Les pinasses françaises réquisitionnées:

  • «Lion Doré» (renommé San Antonio)
  • «Saint Pierre» (renommé San Pedro)

Les navires de guerre portugais:

  • São Jorge
  • Santiago
  • São João Baptista
  • Nossa Senhora dos Prazeres (Maior)
  • Nossa Senhora dos Prazeres (Menor)
  • Les navires non-armés Nossa Senhora da Boa Nova, Nossa Senhora do Rozário, Santo António, Santa Cruz et São Jerónimo.

Cette force protège dix caravelles non armées transportant 1 200 soldats, sous le commandement de Giovanni Vincenzo de San Felice, et 20 marchands de sucre venant de Lisbonne. La formation est poussée vers le sud-est par des vents et des courants contraires, à proximité des Abrolhos. Le soir du 11 septembre, la flotte ibérique est aperçue par l'amiral Pater, qui se prépare à l'action pendant la nuit [9].

Au cours du voyage d'Adriaen Jansz Pater, deux de ses navires se séparent, laissant l'amiral néerlandais avec:

  • Vaisseau amiral Prins Willem
  • Second vaisseau amiral Geunieerde Provintien,
  • Provincie Ultrecht
  • Walcheren
  • Griffoen
  • Groeningen
  • Hollandia
  • Oliphant
  • Amersfoort
  • Goeree
  • Mercurius
  • Dordrecht
  • Medemblik
  • Fortuijn
  • Wapen van Hoorn
  • Niew Nederlandt [9].

La bataille commence à 8 h du matin à 240 km de l'archipel des Abrolhos. L'amiral néerlandais Pater dispose sa flotte en deux lignes. Oquendo ordonne à ses 17 galions hispano-portugais de s'interposer en un croissant de lune entre l'ennemi et le convoi. Cinq navires sont hors de vue à l'arrière, n'ayant pas reçu les ordres de l'amiral espagnol. Les Hollandais ne les voient pas et manœuvrent pour engager le reste de la flotte ibérique [10].

Les combats commencent vers le milieu de la matinée, lorsque le San Antonio ouvre le feu sur le Geunieerde Provintien, qui s'approche et s'engouffre dans la rade avec le Provincie Ultrecht [9]. Environ quinze minutes plus tard, cinq autres galions ibériques ouvrent le feu sur le vaisseau amiral de Pater. Les Hollandais tirent et s'engagent dans la lutte. Le galion portugais Nossa Senhora dos Prazeres dérive sous le feu néerlandais et coule. Oquendo parvient à coller son navire, le Santiago, au navire amiral hollandais de Pater. Vers 16 heures, un tir du Santiago provoque un incendie à bord du navire amiral hollandais Prins Willem. L'amiral espagnol ordonne à ses mousquetaires de tirer sur le navire afin de gêner les efforts des Hollandais pour lutter contre le feu. Les flammes se propagent rapidement et finissent par précipiter Pater à l'eau, avec quelques survivants, où il se noie. Le San Antonio se brise et coule par l'arrière, emportant avec lui la majeure partie de son équipage, tandis que son adversaire néerlandais, le Provincie Ultrecht, prend le large en flammes et coule plus tard. Le Geunieerde Provintien est endommagé mais reussi à capturer le navire espagnol Buenaventura. Les navires néerlandais restants se contentent de tirer à longue distance tandis que les Hispano-portugais ripostent de la même manière [9].

Conséquences

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L'affrontement se termine sans vainqueur clair mais d'un point de vue stratégique, la bataille est plus favorable aux Ibères [9].

Côté hispano-portugais, deux navires sont coulés et un autre capturé, faisant 585 morts ou disparus (dont 240 à bord du Buenaventura capturé) et 201 blessés [9]. Côté néerlandais, le navire amiral et un autre bâtiment de guerre sont coulés, laissant 350 morts ou disparus, ainsi que plus de 80 blessés. Selon Miguel Esquerdo Galiana, la flotte néerlandaise perd 2 000 hommes et trois galions [11].

Les Néerlandais ne montrent aucune intention de reprendre le combat le lendemain, préférant regagner Recife avec leur flotte décimée les 21 et 22 septembre [9]. Oquendo dépose ses renforts à Barra Grande de Porto Calvo; seuls 700 d'entre eux atteignent le fort Arrail do Bom Jesus avant de poursuivre sa route vers l'Europe avec son convoi de sucre. La garnison néerlandaise de Pernambouc évacue ensuite Olinda en novembre afin de concentrer ses forces autour de Recife [9].

Notes et références

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  1. « La Batalla de Pernambuco o de los Abrojos », sur fundacionmuseonaval.com (consulté le )
  2. David Marley, Wars of the Americas: A Chronology of Armed Conflict in the ..., Volume 2, Abc-Clio, (ISBN 9781598841008, lire en ligne), p. 183
  3. Category:Dutch Brazil (lire en ligne)
  4. San Antonio (+1631) (lire en ligne)
  5. Wilson, p. 662
  6. Giovanni di Sanfelice, de la famille Sanfelice (it), comte de Bagnuoli, titre fréquemment déformé par les chroniqueurs espagnols en Bayolo ou Gayolo.
  7. (es) Agustín R. Rodríguez González, Señores del mar: Los grandes y olvidados capitanes de la Real Armada, La Esfera de los Libros, (ISBN 978-84-9164-257-2, lire en ligne)
  8. Guthrie, William P.: Naval actions of the Thirty Years' War. The Mariner's mirror, 87:3, 2010, p. 265.
  9. a b c d e f g et h Marley, p. 119
  10. Victor san Juan : Grandes batallas navales desconocidas. Éd. Nowtillus, Madrid 2016. Pg. 94
  11. Esquerdo Galiana, Miguel: España cara al mar. Valencia: Artes Gráf. Soler, 1963, p. 205