Augustin Gretillat

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Augustin Gretillat
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Augustin Gretillat, né le à Fontainemelon et mort le à Neuchâtel est un pasteur, théologien protestant arminien et professeur de théologie suisse[1],[2],[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fait ses études de théologie à Neuchâtel, Halle, Göttingen et Tübingen. Il est consacré en 1859 par Frédéric Godet. Il est Diacre à La Chaux-de-Fonds de 1860 à 1862. Il est pasteur à Couvet de 1862 à 1870. Il est professeur de théologie systématique à l'académie de Neuchâtel dès 1870, puis à la faculté de l'Eglise indépendante de 1873 à 1894. Il est Chapelain du Landeron de 1870 à 1894. Il est collaborateur de la Revue de théologie et de philosophie et de revues étrangères, dont la Revue de théologie de Montauban, le Theological Journal (Londres) et la Presbyterian and Reformed Review (Philadelphie)[1],[5],[6].

Théologie[modifier | modifier le code]

Sur le plan théologique Augustin Gretillat fut, entre autres, un critique du calvinisme et de son élection inconditionnelle. A ce propos, Henri Blocher note :

Augustin Gretillat, le dernier auteur proche de l'orthodoxie qui ait laissé une Théologie systématique en français affirme avec force son arminianisme : la prédestination particulière est conditionnelle, « relative aux actes de la volonté humaine »; « cette conditionnalité humaine, en effet, se réalise dans deux alternatives opposées, toutes deux préconnues et non prédéterminées, qui sont désignées dans l'Ecriture par les termes de foi et d'incrédulité[7]

A ce sujet, Gretillat fit par exemple cette déclaration significative dans sa Théologie systématique :

La doctrine de la prédestination a présenté au cours des siècles le plus étrange et le plus contradictoire des phénomènes. Considérée en elle-même, dans ses motifs et dans ses conclusions, elle fut le plus audacieux défi porté à la raison et à la conscience humaine ; une aberration du génie chrétien à laquelle on s’étonnera toujours que la cause de la vérité divine sur la terre ait pu survivre. Et cette doctrine qui a fait Dieu menteur et l’auteur du péché, n’en a pas moins marqué les grands réveils et les grandes régénérations de l’Église[3].

En ce qui concerne son oeuvre principale en théologie systématique (1885-1892), son ami, l'écrivain Philippe Godet affirme :

On peut mesurer la valeur [des] leçons [de Gretillat] par le grand ouvrage qui en a été le fruit. L'exposé de Théologie systématique, dont quatre volumes ont paru de 1885 à 1892, devait être complété par trois volumes de morale ; au moment de sa mort, il venait d'achever le premier. Ce vaste monument, conçu d'après un plan tout à fait personnel, est le premier traité complet de dogmatique qui ait paru en langue française depuis Calvin, ou du moins depuis la Théologie chrétienne de Bénédict Pictet (1708)[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Augustin Gretillat, Étude sur J.-J Rousseau, Paris, ThéoTeX Éditions, (lire en ligne).
  • Augustin Gretillat, Théologie Systématique - Méthodologie, vol. 1, Paris, ThéoTeX Éditions, (lire en ligne).
  • Augustin Gretillat, Théologie Systématique - Apologétique et Canonique, vol. 2, Paris, ThéoTeX Éditions, (lire en ligne).
  • Augustin Gretillat, Théologie Systématique - Prolégomènes et Cosmologie, vol. 3, Paris, ThéoTeX Éditions, (lire en ligne).
  • Augustin Gretillat, Théologie Systématique - Sotériologie et Eschatologie, vol. 4, Paris, ThéoTeX Éditions, (lire en ligne).
  • Augustin Gretillat, Théologie Systématique - Éthique chrétienne, vol. 5, 6, Paris, ThéoTeX Éditions, (lire en ligne).
  • Augustin Gretillat et Philippe Godet, Études et Mélanges, Neuchatel, A. G. Berthoud, (lire en ligne), Jérémie et son temps.
  • Augustin Gretillat et Philippe Godet, Études et Mélanges, Neuchatel, A. G. Berthoud, (lire en ligne), Étude sur Pascal.
  • Frédéric Godet, Augustin Gretillat, Charles Monvert, Paul de Coulon et Félix Bovet, La Bible annotée : Ancien Testament, Neuchâtel, Attinger Frères, [1881]-1898 (lire en ligne).
  • Augustin Gretillat, La peine de mort est-elle légitime? : Réponse à M. Le Colonel Philippin, Neuchatel, Sandoz, .
  • Augustin Gretillat, « Socialisme et Evangile [Mémoire] », Actes de la Société pastorale suisse,‎ .
  • Augustin Gretillat, Théologie biblique [cours de Mr. Gretillat], [Neuchâtel], [n. c.], [1874].
  • Augustin Gretillat, Compte rendu [de l'ouvrage intitutlé:] Le Problème de l'Immoralité par E[mmanuel] Pétavel-Olliff, 136-143 (OCLC 78487069).

Articles, sermons, conférences[modifier | modifier le code]

  • (en) Augustin Gretillat, « Religious Life in Switzerland », Theological Monthly, London, vol. 20,‎ .
  • Augustin Gretillat, Foi et parole : discours de consécration prononcé à Neuchâtel le 29 octobre 1884, Neuchatel, Libr. A.-G. Berthoud, .
  • Augustin Gretillat, « Nouvel essai d'interprétation de l'oracle d'Emmanuel », Revue de théologie et philosophie,‎ .
  • Augustin Gretillat, « Pascal et les Jésuites », Chrétien évangélique,‎ .
  • Augustin Gretillat, « la Théorie du sacrifice lévitique d'après Baehr et Œhler », Revue de théologie et philosophie,‎ .
  • Augustin Gretillat, « De l'autorité en matière religieuse, ses critères et sus droits », Chrétien évangélique,‎ .
  • Augustin Gretillat, « Plan de la théologie dans l'ensemble des sciences », Chrétien évangélique,‎ .
  • Augustin Gretillat, « Examen de la cérémonie de la ratification du vœu du baptême, telle qu'elle est pratiquée dans nos églises [2 articles] », Chrétien évangélique,‎ .
  • Augustin Gretillat, « J.-J. Rousseau [3 articles] », Chrétien évangélique,‎ .
  • Augustin Gretillat, « les Citations de l'Ancien Testament dans les deux premiers chapitres de saint Matthieu », Revue de théologie, Montauban,‎ .
  • Augustin Gretillat, Conférence sur la révision de la loi ecclésiastique dans le canton de Neuchâtel : tenue à Couvet, à Neuchâtel et au Locle en février et mars 1873, Neuchatel, Libr. générale Jules Sandoz, .
  • Augustin Gretillat, « Critique de l'analyse métaphysique [de M. Alaux] », Revue chrétienne,‎ .
  • Augustin Gretillat, La lutte de Jacob : sermon sur Genèse XXXII, 24-31, prononcé au Locle le 7 octobre 1860, Neuchatel, Impr. Courvoisier, .

Notes et références[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  1. a et b Aubert 1919.
  2. H. V. 1894, p. 103. , « [...] Nous ne sommes pas les derniers à ressentir le coup douloureux que ce brusque départ porte, [...] à la faculté indépendante de Neuchâtel, au protestantisme de langue française tout entier. [...] Sa collaboration nous était d'autant plus précieuse que, tout en nous sentant avec lui sur un même fondement quant à la foi, nous ne marchions pas personnellement, en théologie, sous les mêmes enseignes. Il contribuait ainsi pour sa bonne part à conserver à notre Revue le caractère qui l'a distinguée dès son origine, de servir d'organe à tous les hommes de bonne volonté qui, sans préoccupation d'Eglise et de parti, ont à coeur l'étude sérieuse des questions de théologie et de philosophie religieuse. [...]»
  3. a et b Gretillat 1888, p. 365-366.
  4. Blocher 1977. Augustin Gretillat, le dernier auteur proche de l'orthodoxie qui ait laissé une Théologie systématique en français affirme avec force son arminianisme : la prédestination particulière est conditionnelle, « relative aux actes de la volonté humaine »; « cette conditionnalité humaine, en effet, se réalise dans deux alternatives opposées, toutes deux préconnues et non prédéterminées, qui sont désignées dans l'Ecriture par les termes de foi et d'incrédulité.» Pour lui, « on chercherait en vain dans l'Ecriture tout entière la formule devenue dès longtemps un axiome courant de la langue religieuse, que la foi est un don de Dieu. » Logiquement, Gretillat souligne que l'acte de foi est « Le seul que, dans son état actuel, l'homme soit capable d'accomplir. » La plupart des arminiens sont synergistes, ils font place à une aide divine, mais qui reste extérieure à l'instance suprême de la décision, et la laisse indépendante. Plusieurs pensent qu'une grâce générale rétablit le libre-arbitre en annulant l'esclavage du péché pour la décision - sans déterminer cette décision elle-même. S'il y a prédestination, comme une citation l'a déjà montré, c'est qu'elle est fondée sur la prescience, pure prévision des choix humains. En général, les arminiens ne s'inquiètent guère de la difficulté de la prescience d'actes absolument indéterminés. Gretillat, cependant, suggère que le plan de Dieu n'est pas « arrêté et poussé jusqu'au détail », et possède « toute l'élasticité suffisante » « pour s'accommoder... à toutes les éventualités issues de la liberté » - comme s'il y avait pour Dieu de l'imprévisible.
  5. a et b Gretillat et Godet 1894, p. 9-11.
  6. Lichtenberger 1882, p. 81.
  7. Blocher 1977, ..

Sources[modifier | modifier le code]

  • Louis Aubert, Catalogue de la bibliothèque de la Société des Pasteurs et Ministres Neuchatelois, vol. 2, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé,
  • H. V., « Augustin Gretillat », Revue de Théologie et de Philosophie et Compte-rendu des Principales Publications Scientifiques, Librairie Droz, vol. 27,‎ (JSTOR 44347399)
  • Augustin Gretillat, Théologie Systématique - Prolégomènes et Cosmologie, vol. 3, Neuchâtel, Fischbacher,
  • Henri Blocher, « Souveraineté de Dieu et décision humaine », Ichthus, vol. 71,‎
  • Augustin Gretillat et Philippe Godet, Études et Mélanges. Avec une notice par P. Godet, etc., Neuchatel, A. G. Berthoud,
  • Frédéric Lichtenberger, Encyclopédie des sciences religieuses, vol. 13, Paris, Librairie Fischbacher, (lire en ligne)