Augustin-François de Silvestre

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Augustin-François Édouard[1] de Silvestre (1762-1851) est un bibliothécaire, inventeur et vulgarisateur scientifique français.

Famille[modifier | modifier le code]

Son père est Jacques Augustin de Silvestre (1719-1809). Sa mère, Anne Françoise Louise Férès (?-1764), est la fille de François Férès, gouverneur du marquis de Saint-Mégrin et la troisième épouse de Jacques Augustin (mariage en février 1762[2] ; les deux premières femmes de Jacques Augustin sont mortes sans enfants[3]).
Il a une sœur[2] : Anne Charlotte Sophie de Silvestre[4] (1764[2]-1799), qui épouse en 1775 Bernard (Augustin ?) de Bonnard, lieutenant à Besançon et tuteur des enfants du duc de Chartres Louis-Philippe d'Orléans[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît à Versailles le 7 décembre 1762. Son père, qui a en vue de lui laisser tous ses emplois, l'oriente vers les beaux-arts et en 1777, à l'âge de 14 ans, l'envoie à Rome sous la protection de son ami le peintre du roi E. Aubry qui part en Italie. Cette même année son père obtient pour lui la survivance de sa charge de maître à dessiner des enfants royaux[6]. Mais la princesse de Guéménée, fille de La Tour d'Auvergne duc de Bouillon, veut cette charge pour son protégé Blaremberge, peintre de marine et habile dessinateur ; et elle obtient pour ce dernier la place en survivance en 1780 - en vain, car Jacques Augustin reste titulaire de cette charge jusqu'à la Révolution. Mais en 1780 cet avenir pourtant proche n'est pas envisagé et, apprenant la nouvelle de la perte de cette promesse d'emploi futur, Augustin-François revient en France cette même année. Toujours en 1780, il est nommé chevalier de l'ordre de Saint-Lazare (ordre aboli en 1830)[7].

Son grand-père maternel François Férès, lecteur et bibliothécaire de Monsieur frère de Louis XVI, obtient l'adjonction à cet emploi en faveur de son petit-fils[7], qui garde ce titre jusqu'en 1791[8].

En 1788 il s'associe avec Alexandre Brongniart (1770-1847), dont il est très proche ; Claude Antoine Gaspard Riche (1762-1797, médecin de Montpellier) ; Joseph Audirac (médecin de Montpellier, probablement mort en 1790) ; Charles de Broyai (parent de Nicolas-François de Broyai, secrétaire des commandements du futur Philippe Égalité) ; et un certain Petit ; ensemble, les six jeunes gens fondent la Société philomathique de Paris dont la première réunion se déroule le [9]. Silvestre en est le secrétaire pendant quatorze ans.[réf. nécessaire]

En 1793 il épouse Louise-Constance Garre. Ils ont trois enfants, tous nés aux galeries du Louvre[8].

Il écrit plusieurs mémoires sur les sciences, l'économie publique, l'agriculture et les arts, tient plusieurs emplois administratifs et participe successivement à toutes les principales sociétés savantes françaises et étrangères. Il est reçu membre de l'Institut en 1806[8].

Lorsque le ministre de l'Intérieur François de Neufchâteau reconstitue la Société pour l'encouragement de l'industrie nationale en mai 1798, Silvestre en est le secrétaire[10]. Il est aussi secrétaire de la Société libre d'agriculture du département de la Seine[11].

À la Restauration en 1814, Louis XVIII le nomme son lecteur-bibliothécaire et il le fait membre de la légion d'honneur en 1821. Charles X le maintient dans son emploi[8].

Il demande en 1825 le titre de baron[12], qui lui est accordé pat Charles X le 23 mars 1828[1].

Après la mort de son père en 1809, Augustin François continue de demeurer à l'hôtel de Larochefoucauld-Liancourt[n 1], qui est démoli en 1825. Augustin François se loge alors rue Taranne[8] jusqu'en juin 1844, quand il déménage pour la rue Saint-Benoît où il meurt le 4 août 1851[13].

Portraits d'Augustin-François Silvestre[modifier | modifier le code]

  • portrait à l'huile par Paulin Guérin, très remarqué à l'exposition de 1832[13].
  • Deux portraits au pastel par Jean Noël, dont un le représente enfant et l'autre jeune homme[13].
  • Dessin par Fouquet, gravé au physionotrace par Gratien[13].
  • Lithographie par Bailly (1823) dans la galerie de portraits des membres de l'Institut de France[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Ne pas confondre avec l'hôtel de La Rochefoucauld-Doudeauville.
Références
  1. a et b « Titre personnel de baron, accordé à Augustin, François, Édouard Silvestre, écuyer, à la suite de l'ordonnance du 23 mars 1828 », sur siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté en ).
  2. a b et c Silvestre 1869, p. 113.
  3. Silvestre 1869, p. 111-112.
  4. « Déclaration de biens de Jacques-Augustin Silvestre », Extrait du registre du conseil général de la commune de Courtacon canton d'Augers, district de Provins département de Seine et Marne, (consulté en ).
  5. (en) « A French Terracotta bust of Madame de Bonnard, née Anne-Charlotte-Sophie Silvestre, by Augustin Pajou (1730-1809) dated 1780 », sur sothebys.com (consulté en ).
  6. Silvestre 1869, p. 117.
  7. a et b Silvestre 1869, p. 118.
  8. a b c d et e Silvestre 1869, p. 119.
  9. André Tuilier, « Les débuts de la Société Philomathique de Paris et le contexte idéologique », sur philomathique.paris (consulté en ).
  10. René Tresse, « Le Conservatoire des Arts et Métiers et la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale au début du XIXe siècle », Revue d'histoire des sciences et de leurs applications, t. 5, no 3,‎ , p. 246-264 (DOI 10.3406/rhs.1952.2946, lire en ligne [sur persee]). Voir p. 250.
  11. « Circulaire de la société libre d'agriculture du département de la Seine enjoignant ses membres à faire leur rapport sur les travaux de la société », 31 juillet 1801, sur patrimoine.mines-paristech.fr (consulté en ).
  12. « Silvestre (Augustin-François de), lecteur-bibliothécaire du Cabinet du roi. Paris. Demande le titre de vicomte ou de baron », sur siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté en ).
  13. a b c d et e Silvestre 1869, p. 120.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Silvestre 1869] E. de Silvestre, Renseignements sur quelques peintres et graveurs des XVe et XVIIIe siècles : Israël Silvestre et ses descendants, Paris, impr. Veuve Bouchard-Huzard, , 2e éd., 259 p., sur gallica (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.

Liens externes[modifier | modifier le code]