Anne Dieu-le-veut

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d’aide sur l’homonymie « Dieu-le-veut » redirige ici. Pour les articles homophones, voir Dieu le veut, Dieuleveult et Dieuleveut.
Anne Dieu-le-veut
Naissance
Gourin
Décès (à 48 ans)
Cap Français
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Île de la Tortue (colonie française)
Conjoint


L'île de la Tortue au XVIIe siècle.

Anne Dieu-le-veut, (parfois appelée Marie-Anne) née le à Gourin en Bretagne, décédée le à Cap Français[1],[2],[3] était une pirate française au XVIIe siècle. Veuve de Pierre Lelong puis de Joseph Chérel, elle épousera Laurent de Graff.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

En 1684, elle épouse le flibustier Pierre Lelong, premier commandant du Cap Français[1],[4], qui décédera lors d'une rixe le . En 1691, elle épouse Joseph Chérel qui décède à son tour en . Plus tard, se sentant insultée elle provoqua en duel Laurent-Corneille Baldran dit de Graaf[5] (ou encore de Graff) et se présenta chez lui, pistolet à la main pour lui en demander raison. « De Graaf, jugeant une telle femme digne de lui l'épousa »[6]. En 1685, Laurent de Graaf, gentilhomme hollandais, avait demandé et obtenu la nationalité française pour lui et sa première épouse: Pétruline Gusman[7]. En 1693, il obtient l'annulation de ce premier mariage[8]. Le , Anne Dieu-le-veut et Laurent de Graaf se marient au Cap[1],[9] et s'établissent à La Tortue (Saint-Domingue). Ils auront une fille née vers 1694 et un fils mort en bas-âge[1]. Anne Dieu-le-veut accompagnait Laurent de Graff en mer. L'équipage, loin de succomber à la superstition qui voulait que le fait d'emmener à son bord une femme portât malheur en avait fait une mascotte et lui réservait même une part de butin[8].

En 1695, lors de l'invasion anglo-espagnole, elle est capturée par les Espagnols, et est détenue à San Domingos. « Elle se révélera une captive difficile »[8]. Elle ne fut ainsi libérée qu'à la suite de nombreuses démarches accomplies par la France[10], en 1698. Sa libération est la dernière mention connue de son nom[7].

Le , âgée de 48 ans, Anne Dieu-le-veut meurt à Cap Français. Sa fille, digne héritière, restera connue pour avoir défié un homme en duel.

Descendance[1][modifier | modifier le code]

  • avec Pierre Lelong
    • Marie Marguerite Yvonne Lelong (1688-1774)
  • avec Joseph Chérel
    • Jean-François Chérel (1692-1732)
  • avec Laurent-Corneille Baldran de Graff
    • Marie Catherine de Graff (1694-1743)
    • un fils mort en bas-âge (1700-~1705)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e GH de la Caraïbe, Généalogie et Histoire de la Caraïbe - no 231, éd. Généalogie et Histoire de la Caraïbe, décembre 2009, p. 6158
  2. Gourin, registre des baptêmes et des naissances, no 1314, p. 44, année 1661
  3. Médéric Louis Elie Moreau de Saint-Méry, Loix et constitutions des colonies françoises de l'Amérique sous le vent: 1704-1721, Chez l'auteur, 1785
  4. également appelé Pierre Length
  5. Louis Moréri Brandmuller, Le Grand Dictionnaire Historique Ou Le Mélange Curieux De L'Histoire Sacrée Et Profane, éditions de Basle, t. 2: C - GRO, Volume 8 , 1745, 1054 p.
  6. Pierre Margry, Relations et mémoires inédits pour servir à l'histoire de la France sous les Pays d'outre-mer tirés des archives du ministère de la marine et des colonies, Challamel, 1867
  7. a et b Pierre-François-Xavier de Charlevoix, Jean-Baptiste Le Pers, Histoire De L'Isle Espagnole Ou De S. Domingue, L'Honoré, 1733, p. 429
  8. a b et c Jean-Jacques Seymour, Les chemins des proies: une histoire de la flibuste, Ibis Rouge Éd., 2010, 299 p.
  9. Publicaciones del Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Escuela de Estudios Hispano-Americanos, Consejo Superior de Investigaciones Científicas, 1972
  10. on dit que Pontchartrain serait personnellement intervenu auprès du Roi d'Espagne pour la faire libérer