Anémone couronnée

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Anemone coronaria

L'anémone couronnée ou anémone coronaire (Anemone coronaria) est une espèce de plantes herbacées vivace de la famille des Renonculacées répandues sur les pelouses, champs, oliveraies, vignes ou cultures à l’abandon des zones basophiles méditerranéennes.

Il existe deux types d'anémones couronnées : l'anémone de Caen à fleur unique et l'anémone « St. Brigid » à fleur double.

L'anémone couronnée est également appelée anémone coronaire, anémone des fleuristes ou anémone cultivée.

Dès le IVe siècle avant notre ère, Théophraste (-372, -288) signalait la floraison précoce de « l'anémone dite « des prairies » [A. coronaria L. et A. pavonina Lam.] avec le glaïeul, une jacinthe et presque toutes les autres fleurs de montagnes dont il est fait usage » (Recherche sur les plantes[1], livre VI).

Description[modifier | modifier le code]

Étamines d’A. coronaria.
La sphère centrale est recouverte de centaines de petites graines.

L'anémone couronnée est un géophyte vivace à tubercule brun, à port érigé, pouvant atteindre 20 à 40 centimètres de hauteur.

Les feuilles, caduques, basales, pétiolées, sont très découpées. Les feuilles caulinaires, en verticille sous la fleur, sont sessiles.

Les fleurs hermaphrodites apparaissent de mars à mai puis une nouvelle floraison peut survenir en début d'automne si le climat s'y prête. L'inflorescence est constituée d'une fleur solitaire terminale. Le périanthe large de 35 à 75 mm est formé de 5 à 8 sépales pétaloïdes, plus ou moins larges et arrondis, de couleur variable (bleu, violet, blanc, rose ou rouge), marqués parfois à leur base d’une tache de couleur différente. La fleur se referme la nuit et une fois coupée, elle peut durer entre 6 et 8 jours en bouquet.

La pollinisation est entomogame.

La reproduction est localisée au centre de la corolle où se situe une sphère recouverte, après fécondation, de nombreux petits akènes violet foncé gros comme une tête d'épingle. Cette sphère est entourée d'un anneau de nombreuses étamines émergeant en courbe à partir de sa base. Les étamines sont de couleur violet-bleu avec des anthères gonflées bleues.

Au moment de la fructification, les segments du périanthe et les étamines tombent en laissant la sphère recouverte d'un fin duvet blanc composé de l'ensemble de ses akènes portant un petit style persistant. Ces centaines d'akènes plumeux à dissémination épizoochore et anémochore tombent à maturité et peuvent donner lieu à une plante qui germe l'automne suivant. L’anémone ou « fleur du vent » doit son nom à ses graines plumeuses que le vent emporte ainsi à de grandes distances.

Le bulbe est rustique (zone USDA 4). La multiplication se fait par semis ou séparation des tubercules à la fin de l'été.

Protection[modifier | modifier le code]

En France, l'anémone couronnée est protégée sur l'ensemble du territoire par l'arrêté du 20 janvier 1982, modifié par l'arrêté du 31 août 1995. L'espèce est inscrite en France sur la liste rouge des espèces menacées[2],[3].

Comptage volontaire et indépendant d'une station menacée sur la commune de Trans-en-Provence d’A. coronaria le 13 mars 2014.


Écologie[modifier | modifier le code]

L'anémone couronnée pousse en Provence et dans le Languedoc, en Charente maritime, en Corse ainsi que dans les régions méditerranéennes et en Asie occidentale.

Elle croît dans les champs et sur les talus des bords de routes.

Cultivars[modifier | modifier le code]

  • Anémone de Caen, à fleur unique : « Hollandia » – rouge, « M.. Fokker » – bleue, « Sylphide » - pourpre, « Bride » – blanche.
  • Anémone St. Brigid, à fleur double : « Governor » – rouge, « Admiral » – pourpre, « Lord Lieutenant » – bleue, « Mount Everest » – blanche.

Utilisation[modifier | modifier le code]

La plante est cultivée pour ses qualités ornementales, en bordure de massif, en rocaille ou pour la confection des bouquets.

Poésie[modifier | modifier le code]

L'anémone et l'ancolie
Ont poussé dans le jardin
Où dort la mélancolie
Entre l'amour et le dédain

G. Apollinaire, Alcools, Clotilde, 1913, p. 73.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Suzanne Amigues, THEOPHRASTE, Recherches sur les plantes, à l'origine de la botanique, Belin, , 414 p.
  2. http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/82607/tab/statut
  3. http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/82607

Liens externes[modifier | modifier le code]