Aimée du Buc de Rivery

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Aimée du Buc de Rivery
Description de cette image, également commentée ci-après

Aimée du Buc de Rivery

Naissance
Le Robert, Martinique
Descendants
Mahmoud II, selon une tradition sans fondement historique[1][réf. incomplète]

Aimée du Buc de Rivery, née le [2] au Robert (au lieu-dit « Pointe-Marlet ») est une fille de planteurs de La Martinique. Elle est considérée par certains auteurs comme la sultane validé (Reine Mère) Nakchidil, mère du futur sultan ottoman Mahmoud II, une théorie rejetée par les auteurs académiques.

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Son père est Henri Jacob du Buc de Rivery, né le au Robert, mort le dans la même ville, planteur et maître d’habitation à Pointe-Royale et Pointe-La-Rose, propriétaire de la sucrerie du Robert, membre du Directoire de l’Assemblée coloniale, intendant des habitations du Buc de Bellefonds à la presqu’île de La Caravelle pendant l’absence de son cousin, marié le 24 mai 1773 au Robert à Marie Anne d’Arbousset-Beaufond (1739-1811). Elle était par ses cousins les Gaignerons Jollimont de Marolles, une lointaine cousine par alliance de l'impératrice Joséphine de Beauharnais[3],[4].

Sa date de naissance varie selon les auteurs : Aimée du Buc de Rivery était née en 1766 à la Martinique [5] Aimée du Buc de Rivery, naquit en 1775 à la Pointe Royale[6] Née à La Martinique autour de 1773[7] naissance en 1768... 18 juillet 1785 : âgée de 9 ans Aimée fille de Mr Dubuc et de Mlle Arbousset (ce qui donne comme date de naissance 1776) était de passage à Bordeaux[8]

Légende[modifier | modifier le code]

Lors de son retour de France vers la Martinique (en 1788 selon certaines versions, plus tard ou plus tôt selon d'autres) son navire disparait. Selon une tradition répandue, elle aurait été enlevée par des pirates et emmenée à Alger pour y être vendue[9],[10],[11]. puis offerte par le dey d’Alger (Baba-Mohamed-Ben-Osman) au sultan (en général Abdul-Hamid Ier, mais certaines versions mentionnent Sélim III) et installée au harem du Palais de Topkapı à Constantinople sous le nom de « Nakchidil »[N 1]. Parfois convertie à la religion musulmane, élevée au rang de quatrième Kadine (quatrième épouse) et mère du futur sultan Mahmoud II, ou bien conservant sa religion catholique et son honneur en devenant la mère adoptive du sultan, elle serait devenue en 1808 Sultane validé[N 2].

Pour Jacques Petitjean Roget, historien et spécialiste incontournable de la Martinique, toute cette histoire n’est qu’une légende, inspirée par une pièce de théâtre et colportée par des membres de la famille. Dans son livre J'ai assassiné la sultane Validé, il livre la généalogie des Dubuc de la Martinique et critique les ouvrages parus sur le sujet[12]. Avant lui, Joseph Aubenas, dans Histoire de l'impératrice Joséphine cite Adrien Dessales (Histoire des Antilles) aucune demoiselle du Buc n'aurait pu, de par son âge, être cette sultane (consultation des archives versaillaises, où étaient envoyés tous les actes établis aux Antilles) [13]


La famille d'Aimée du Buc de Rivery était alliée par des cousins communs à celle de Joséphine Rose Tascher de La Pagerie[réf. nécessaire], future impératrice Joséphine[N 3] et femme de Napoléon Ier. Une telle alliance ne pouvait que renforcer sa situation politique de 1799 à la chute de l'Empire français en 1814[réf. nécessaire]. Son cousin, l'ambassadeur créole Gallet de Saint-Aurin lui aurait rendu visite dans le cadre d'accords entre la France et la Turquie. Ce dernier relate dans un courrier qu'il lui aurait parlé et que cette dernière aurait répondu en créole. Boulerversée, elle s'éloigna sans un mot[3].

Aimée aurait reçu, avec autorisation du sultan, les derniers sacrements de l’Église des mains du Père Chrysostôme (supérieur du couvent des Capucins à Constantinople)[14]. Selon J. Minassian, il s'agissait du père Alexis d'Arras moine capucin [15]

Le tombeau de la sultane validé Nakchidil se trouve dans le quartier de Fatih[16],[17] Naksh-i-dill elle-même, est morte en août ou début septembre 1817 La sultane Validé, mère du Grand-Seigneur, vient de mourir d'une maladie de langueur[18]

Une autre sultane chrétienne ?[modifier | modifier le code]

La Gazette de la Martinique du 2 avril 1789[N 4] signale la présence d'un prêtre catholique lors de la mort de la « sultane favorite », qui serait née dans une ville de Provence ; A-M Martin du Theil suppose (sans le justifier) que cette dernière serait la mère biologique de Mahmoud II et qu'Aimée en serait la mère adoptive[19],[20].

Commémorations en Normandie et à Paris[modifier | modifier le code]

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La famille Du Buc a rendu hommage à Aimée du Buc de Rivery le 14 juin 2009 au Château du Fontenil à Saint-Sulpice-sur-Risle dans l'Orne (Normandie) lors du millénaire de cette famille avec inauguration d'une plaque souvenir, ainsi que pendant les journées du Patrimoine les 18 et 19 septembre 2010 : une délégation turque a été reçue au dit château du Fontenil où une exposition sur la sultane blonde française avait été organisée grâce aux Du Buc et à l'écrivain scientifique Philippe Lherminier.

Un des membres de la famille Dubuc, l'écrivain Yvan Brunet-Dubuc[3], dit Yvan Brunet du Buc de Mannetot, héritier de souvenirs familiaux et coloniaux par son oncle Jean-Marie Dubuc, a été reçu le 26 mars 2010 à l'Institut Français d'Istanbul, et s'est rendu au mausolée d'Aimée du Buc avec l'autorisation ministérielle et religieuse. Les Turcs de ce quartier religieux de Fatih, où se trouve le tombeau de la sultane d'origine française, ont rappelé leur attachement à Aimée du Buc, leur sultane, qui a été généreuse envers les pauvres, les malades, et les orphelins d'Istanbul en construisant fondations et hôpitaux. Par respect de ce lieu de recueillement, une prière religieuse en turc et en arabe a été faite à la fin de cette visite familiale avec un imam. La dernière visite des Du Buc avait eu lieu en 1927. La famille impériale ottomane a donné officiellement en juillet 1867 un portrait d'Aimée du Buc en sultane à la famille Du Buc au Palais de l'Élysée lors du séjour du sultan Abdulaziz en France. Ce sultan avait été invité par Napoléon III. À nouveau en 1932, la famille impériale ottomane retirée en France avait renouvelé sa sympathie à la famille du Buc, notamment à Mme Martin du Theil, écrivain et descendante des Du Buc de Martinique.

Lors du Tricentenaire des Antilles Françaises en 1935, le Sénateur Henry Lémery présida la conférence du 22 mai 1935 à Paris (100 rue de Richelieu) du Docteur William Dufougeré auteur de « Madinina, Reine des Antilles » (Éditions Berger-Levrault sises au 5, rue Auguste-Comte à Paris 6e arrdt 1931, édité à seulement 55 exemplaires), sur Aimée du Buc de Rivery, avec la collaboration de Mme Martin du Theil (petite-fille Du Buc). Ce livre est presque disparu aujourd’hui. Mais le nouveau livre « la Saga des Du Buc » par Yvan Brunet du Buc de Mannetot[3] et F. Renard-Marlet, cite un long chapitre sur la vie de l’impératrice Joséphine et de sa cousine Aimée du Buc de Rivery. Ces deux écrivains essayent d’élucider la question de l’existence de la Sultane Aimée du Buc de Rivery.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Petitjean Roget, J'ai assassiné la sultane Validé, Société d'Histoire de la Martinique, 1990 (430 pages)
  • Yvan Brunet du Buc de Mannetot, Si la Martinique m'était contée à travers l'histoire des chevaliers du Buc de la Normandie à la Martinique… en passant par la Turquie, Paris, Éditions du Buc, Paris.
  • Yvan Brunet du Buc de Mannetot avec la collaboration de Fabrice Renard-Marlet, la Saga des Du Buc, Éditions du Buc, Paris, 2013
  • Maurizio Costanza, La Mezzaluna sul filo - La riforma ottomana di Mahmûd II, Marcianum Press, Venezia, 2010 (appendix.1)
  • Charles Lambolez, Saint-Pierre - Martinique 1635-1902 : Annales des Antilles françaises – Journal et album de la Martinique, naissance, vie et mort de la cité créole – livre d’or de la charité, Paris, Berger-Levrault, , 224 p. (lire en ligne), p. 121-125
  • Christine Isom-Verhaaren, Royal French Women in the Ottoman Sultans' Harem: The Political Uses of Fabricated Accounts from the Sixteenth to the Twenty-first Century, in Journal of World History vol.17 num.2, 2006, p. 159-196
  • Anne-Marie Martin du Theil, Silhouettes et documents du XVIIIe siècle : Martinique, Périgord, Lyonnais, Ile-de-France, Périgueux, Imprimerie commerciale et administrative, , 142 p. (lire en ligne), p. 11 à 45

Romans[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Souvent orthographié Nakchidil en français, Nakshidil en anglais, et Nakşidil en turc.
  2. Les différences entre les versions s'expliquent par la prise en compte de certains auteurs d'éléments historiques que d'autres ignorent ou négligent.
  3. Pas de lien de parenté connu entre Aimée du Buc de Rivery et Joséphine Tascher de La Pagerie, impératrice des Français
  4. datée par erreur de 1786 dans L'Intermédiaire des chercheurs et curieux

Références[modifier | modifier le code]

  1. Revue d'histoire des colonies -1932 Page 194 nous savons aussi qu'Aimée du Buc de Rivery, disparue en 1790, ne peut avoir été la mère de Mahmoud II, né en 1785, alors qu'elle avait neuf ans
  2. « Aimée Du Buc de Rivery (1776-1817?) - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le 7 septembre 2016)
  3. a, b, c et d Yvan Brunet du Buc de Mannetot, Si la Martinique m'était contée à travers l'histoire des chevaliers du Buc de la Normandie à la Martinique… en passant par la Turquie, 2008, Ed. du Buc.
  4. Anne-Marie Martin du Theil, Silhouettes et documents du XVIIIe siècle : Martinique, Périgord, Lyonnais, Île-de-France, Périgueux, Imprimerie commerciale et administrative, 1932.
  5. Bulletin de la Société académique du Centre : archéologie, littérature, science, histoire et beaux-arts, 1905
  6. Madinina "Reine des Antilles"
  7. Michel de Grèce La nuit du sérail
  8. L'Intermédiaire des chercheurs et curieux 1929 (VOL 92)
  9. La légende de la sultane Validé « Tandis qu'elle rejoignait sa famille, quelques années plus tard, le bateau qui la transportait fut attaqué par des corsaires au large des îles Majorque »
  10. Louis Enault Constantinople et la Turquie: tableau historique, pittoresque, statistique... page 216
  11. Sydney Daney de Marcillac Histoire de la Martinique: depuis la colonisation jusqu'en 1815 page 235
  12. J'ai assassiné la sultane Validé, Société d'Histoire de la Martinique (1990)
  13. Histoire de l'impératrice Joséphine, page 68
  14. Aimée du Buc de Rivery la sultane Validé de la Martinique
  15. Une Sultane Française : Mlle Aimée du Buc de Rivery fut-elle la mère de Mahmoud II ? (Figuière, 1928) Persée : Échos d'Orient Année 1929 Volume 28 Numéro 153 p. 125-126
  16. Mausolée de la sultane Naksidil
  17. Fatih n'est pas un quartier de Constantinople, mais le nom de la mosquée de Mohamed II le Conquérant (Sévérien Salaville, Échos d'Orient Année 1929 Volume 28 Numéro 153 p. 125-126)
  18. Journal des débats, Constantinople, 8 septembre 1817
  19. L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1934 (VOL 97)
  20. Martin du Theil, Silhouettes, p. 45-46

Liens externes[modifier | modifier le code]