Affaire James Bulger

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L’affaire James Bulger est une affaire criminelle britannique qui a défrayé la chronique en 1993, à la suite de l'enlèvement et du meurtre le d'un enfant de deux ans, James Patrick Bulger ( - ), par deux autres enfants de dix ans, Robert Thompson () et Jon Venables ()[1], dans un centre commercial de Bootle, près de Liverpool, au Royaume-Uni.

Torturé et battu à mort[1], l'enfant est retrouvé près d'une ligne de chemin de fer à Walton deux jours plus tard. Confondus notamment par les vidéos des caméras de surveillance[1], les deux meurtriers sont inculpés puis condamnés dans un émoi particulier suscité par leur jeune âge[1]. Il fut considéré par les juges que les criminels de moins de 13 ans ne risquaient pas de peine d'adulte, mais au maximum un placement en détention jusqu'au jour de leur majorité. Libérés à 18 ans, après 8 ans de placement en détention, les enfants devenus adultes ont dû changer d'identité afin d'échapper au ressentiment encore très présent de la population et des médias nationaux[1]. Il faudra attendre une autre affaire, jugée en avril 2016, pour qu'un criminel de 13 ans (au moment des faits) soit condamné pour la première fois au Royaume-Uni à une peine d'adulte, en l'occurrence à une peine de prison à perpétuité réduite à 15 ans de sûreté.

Meurtre[modifier | modifier le code]

Jon Venables et Robert Thompson ont fait l'école buissonnière le jour du drame. Ils faisaient cela régulièrement et se sont retrouvés dans un centre commercial de Bootle. Les caméras de surveillance les montrent observant des enfants et probablement « choisir une cible ». Peu avant, Venables et Thompson s'étaient livrés à divers vols dont ceux d'une bombe de peinture bleue, une figurine de troll et de piles.

Venables et Thompson ont enlevé le petit James alors qu'il jouait devant une boucherie du centre commercial où sa mère prenait sa commande. Ils sont sortis du centre et ont marché ; en tout environ quatre kilomètres. Ils sont d'abord allés près du canal entre Leeds et Liverpool où ils ont frappé James. Leur but était probablement de le noyer mais le petit James attirait trop les regards par ses cris. Par conséquent, ils ont continué à marcher. Pendant ce trajet, ils ont croisé plusieurs témoins mais les deux garçons ont fait preuve de sang-froid et ont menti en disant qu'ils ramenaient l'enfant à sa mère ou en disant qu'ils l'accompagnaient à la police.

Finalement, ils ont emmené le petit James sur une voie ferrée près de la gare désaffectée de Walton et Anfield dans le but de le jeter sous un train en faisant croire à un accident. Ils l'ont tout d'abord aspergé de la peinture bleue volée — des traces seront retrouvées sur leurs vêtements — puis ils l'ont déshabillé et frappé avec tout ce qu'ils trouvaient sur place - comme des briques et une barre de fer de 10 kg - et placé les piles volées dans la bouche de James. Finalement, ils ont laissé James sur la voie ferrée et sont partis. Quelque temps après, le passage d'un train coupa le corps de James en deux. Un médecin légiste a constaté plus tard que James était déjà mort à ce moment-là.

Lors de l'autopsie, il s'est révélé que suite aux coups avec la barre de fer, James n'avait pas moins de dix fractures crâniennes.

Enquête[modifier | modifier le code]

Les deux jeunes suspects ont d'abord été confondus par les caméras de surveillance du centre commercial. En effet, on voyait James Bulger partir du centre accompagné de deux adolescents. La police a alors fait des recherches sur tous les adolescents âgés de moins de 18 ans habitant dans les alentours, sans se douter que des enfants de 10 ans pouvaient avoir fait ça. Jusqu'au jour où ils reçoivent un appel provenant d'une femme qui leur dit qu'elle a « aperçu Robert Thompson et Jon Venables avec le petit James ». Après cette information la police envoie un agent pour vérifier sa version. Quand l'officier arrive sur place et sonne, c'est le grand-frère de Robert Thompson qui répond et qui dit à cet agent : « Nous sommes partis à l'enterrement de ce petit James ». Avec cette information, la police décide alors de convoquer les deux enfants. Ces derniers ont eu à répondre à des questions jusqu'à ce que Jon Venables fasse une erreur. Il affirme ne pas s'être rendu au centre commercial le jour de la disparition, mais va finalement faire marche arrière après qu'on lui aura dit que son compagnon, Robert Thompson, avait, dans le même temps, donné une version opposée à la sienne. Ils ont alors été placés en garde à vue, puis condamnés à la prison jusqu'à leur majorité. Ils ressortent donc en 2001, à 18 ans, après être restés 8 ans en prison.

À leur sortie, et à cause de la pression populaire, les autorités leur ont accordé une nouvelle identité.

Pendant leurs interrogatoires les deux enfants se sont accusés entre eux pour finalement reconnaître que c'était Thompson qui avait tout manigancé.

Postérité[modifier | modifier le code]

La vision de la société a permis de faire évoluer le droit au Royaume-Uni et permettre à des enfants commettant ces mêmes actes d'éviter la prison. On n'entend plus parler d'eux jusqu'en 2010, quand Jon Venables - alors âgé de 27 ans - est de retour en prison. Il a été arrêté en possession de vidéos pornographiques à caractère pédophile, et condamné à deux ans d'emprisonnement.

Le film Chucky 3 est tristement célèbre au Royaume-Uni, car les médias l'ont soupçonné d'avoir inspiré ce meurtre sauvage[2]. C'est pourquoi il n'est pas diffusé à la télévision pendant de nombreuses années.

Le Cortège de la mort, roman d'Elizabeth George, s'inspire en partie de cette affaire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Mary Bell
  • Boy A - film britannique librement inspiré de cette affaire

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Christophe Boltanski, « Les assassins du petit James, libres et traqués outre-Manche », Libération,‎ (consulté le 21 juin 2010)
  2. (en) David Buckingham, Moving Images. Understanding Children's Emotional Responses to Television, Manchester University Press, , p. 22