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Élections législatives nauruanes de 2013

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Élections législatives nauruanes de 2013
8 juin 2013
Type d’élection  élection
Baron Waqa.jpg
Baron Waqa – sans étiquette
Sièges obtenus 13 Green Arrow Up.svg 5
Defaut.svg
Roland Kun – sans étiquette
Sièges obtenus 5
Président
Élu
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Des élections législatives se tiennent à Nauru le 8 juin 2013[1], la législature débutée en 2010 étant arrivée à son terme.

Le Parlement sortant n'avait plus de majorité claire ; la nouvelle assemblée élit à la présidence de la république la principale figure de l'ancienne Opposition, Baron Waqa, avec une nette majorité[2].

Système électoral[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Élections à Nauru.

Il n'y a pas de partis politiques à Nauru, les députés s'associant néanmoins pour former une majorité et une opposition. Le droit de vote est ouvert à tous les citoyens âgés d'au moins 20 ans. Voter est obligatoire - tout comme en Australie, l'ancienne puissance coloniale. La non-participation est punie en principe par une amende de 6 A$[3].

Le système électoral, communément appelé « système Dowdall », est un système de vote préférentiel. L'électeur doit indiquer un ordre de préférence pour tous les candidats dans sa circonscription. Son bulletin de vote n'est valide que s'il a assigné un ordre de préférence à chaque candidat. Le candidat qu'il classe premier reçoit une voix pleine ; celui qu'il classe second reçoit une demi-voix (0,5 voix) ; celui qu'il classe troisième reçoit un tiers de voix (0,33 voix), et ainsi de suite. Les circonscriptions étant plurinominales, plusieurs députés sont élus par circonscription[3].

Pour l'élection de 2013, le nombre de sièges au Parlement dans ce micro-État est porté à dix-neuf, contre dix-huit auparavant. Cette réforme électorale fait suite à l'instabilité générée autour des deux élections en 2010 ; le Parlement était alors scindé en deux camps composés de neuf députés chacun, empêchant la formation d'un gouvernement durable et paralysant la vie politique du pays. La mise en place d'un nombre de sièges impair a ainsi pour objectif d'éviter une égalité entre 'majorité' et 'opposition'[4]. Le siège supplémentaire est attribué à la circonscription de Meneng, qui a désormais trois députés[5].

Le nouveau Parlement devra élire un Président du Parlement parmi ses membres, puis un Président de la République, également parmi ses membres. Le Président de la République nommera alors des députés aux divers postes de ministres. Le Président de la République, à la fois chef de l'État et du gouvernement, conserve son siège de député ; il en va de même pour ses ministres[4].

Contexte[modifier | modifier le code]

En février 2013, le gouvernement du président Sprent Dabwido est nettement affaibli par les démissions des ministres des Affaires étrangères Kieren Keke et des Finances Roland Kun, ainsi que par le limogeage du ministre du Commerce Marcus Stephen, pour des raisons non spécifiées. Cet éclatement du gouvernement serait dû à un désaccord autour du rétablissement d'un centre de détention australien sur l'île[6]. Dès lors, outre le président lui-même, le gouvernement n'est plus composé que des ministres de la Justice Dominic Tabuna et des Transports Riddell Akua. Le Parlement se trouve « divisé en trois factions ». Le gouvernement n'ayant plus de majorité parlementaire, il est question d'avancer les élections, prévues initialement pour la mi-2013[7].

Fin février, le Parlement est suspendu par son président Ludwig Scotty, malgré les protestations des députés d'opposition. Début mars, il est formellement dissous en vue d'élections le 6 avril. L'opposition saisit la justice pour faire annuler la dissolution et la tenue d'élections anticipées[8]. Le 15 mars, le président de la Cour suprême, Geoffrey Eames, statue que Scotty n'avait pas autorité pour annoncer une suspension indéfinie du Parlement, dont Eames ordonne la réouverture, annulant l'avancée des élections au 6 avril[9].

Fin avril, la crise politique se poursuit. Le Parlement ne peut siéger faute de quorum. Les séances parlementaires sont en effet boycottées par les députés du gouvernement, qui considèrent que le Parlement est dissous[10]. Le 23 mai, le Parlement tente une énième fois de siéger, toujours sans quorum, et le président du Parlement, Godfrey Thoma, accepte finalement de dissoudre l'assemblée sur demande du président de la République. Cette dissolution enclenche des élections, qui doivent se tenir autour du 22 juin[11]. Quatre jours plus tard, dans un discours à la nation, le président Sprent Dabwido annonce que l'élection devra avoir lieu plus tôt, le 8 juin, car il est urgent de voter le budget, suite aux délais engendrés par la paralysie du Parlement[1].

Il y a 68 candidats pour les dix-neuf sièges[12].

Campagne électorale[modifier | modifier le code]

Fin mai, le Président Dabwido décrète l'état d'urgence, indiquant lors d'une allocution à la population que l'état des finances du pays nécessite qu'un nouveau budget soit adopté par le Parlement au plus vite. Bénéficiant ainsi de pouvoirs élargis, il ordonne aux médias du pays de ne pas traiter de politique durant la campagne électorale, et de n'accorder aucune interview de nature politique. Roland Kun, son ministre des Finances qui vient de démissionner, se serait ainsi vu interdire l'accès aux médias, où il souhaitait porter la contradiction au président concernant l'état des finances du pays[13]. Lorsque cette information est rendue publique, Sprent Dabwido précise que les personnalités politiques peuvent intervenir dans les médias, mais uniquement avec son accord préalable, et qu'il se réserve un droit de regard sur le contenu de leur intervention, pour éviter que les candidats ne « fassent leur auto-promotion » et ne dénigrent leurs adversaires. Il précise qu'il interdit « aux hommes politiques d'utiliser les médias pour quelque raison politique que ce soit »[14]. L'organisme régional de défense des libertés, le Pacific Freedom Forum, dénonce cet interdit, rappelant que les citoyens doivent pouvoir s'informer avant de voter[15].

Baron Waqa, représentant l'un des mouvements d'opposition, critique une proposition du gouvernement qui permettrait aux détenus du camp australien -où sont maintenus, sur l'île, des demandeurs d'asile arrivés en Australie par bateau clandestin- de circuler librement de jour à travers Nauru[16]. (Cette critique est formulée avant les restrictions faites aux médias.)

Résultats[modifier | modifier le code]

La plupart des candidats sortants conservent leur siège, mais il y a plusieurs nouveaux députés. Parmi ces derniers, une femme, Charmaine Scotty. Elle n'est que la deuxième femme députée dans l'histoire du pays, après Ruby Thoma dans les années 1980 et 1990[17],[18]. Le président du Parlement sortant, Godfrey Thoma, est battu[17]. Frederick Pitcher, un temps président de la république durant la législature sortante, est également battu[19].

Résultats complets par circonscription[modifier | modifier le code]

Les résultats sont les suivants[20] :

Yaren[21]

Bulletins: 474. Dont suffrages exprimés: 468.

Candidat Voix Résultat Remarques
Charmaine Scotty 303,067 élue ancienne secrétaire d'État
Kieren Keke 211,167 réélu ancien ministre
Dominic Tabuna 187,467 battu député depuis 2004
John Julius 170,333 battu
Omeri Agigo 142,667 battu
Brian Amwano 131,900 battu

Boe[22]

Bulletins: 484. Dont suffrages exprimés: 474.

Candidat Voix Résultat Remarques
Mathew Batsiua 279,619 réélu ancien ministre
Baron Waqa 224,467 réélu ancien ministre de l'Éducation ;
député depuis 2003
Abraham Aremwa 194,35 battu
Bryan Star 172,1 battu
Lidira Ephraim 152,167 battue
Kinza Clodumar 138,6 battu ancien président de la république

Ewa/Anetan[23]

Bulletins: 630. Dont suffrages exprimés: 610.

Candidat Voix Résultat Remarques
Cyril Buraman 321,819 élu ancien député
Marcus Stephen 299,493 réélu ancien président de la république
Landon Deireragea 264,029 battu député depuis 2008
Aloysius Namaduk 185,562 battu
Begg Adire 177,245 battu
Haseldon Buraman 168,4 battu
Paul Ika 164,095 battu

Aiwo[24]

Bulletins: 699. Dont suffrages exprimés: 682.

Candidat Voix Résultat Remarques
Milton Dube 310,45 réélu député depuis 2010
Aaron Cook 251,017 élu Président de la Fédération
d'Haltérophilie de Nauru
(depuis mars 2009)
Dantes Tsitsi 228,433 battu ancien député
Godfrey Thoma 205,8 battu président du parlement sortant ;
ancien ministre
Pamela Scriven 170,95 battue
Lance Agir 136,567 battu
Preston Thoma 134,633 battu
Tazio Gideon 119,383 battu

Buada[25]

Bulletins: 525. Dont suffrages exprimés: 512.

Candidat Voix Résultat Remarques
Roland Kun 235,308 réélu ancien ministre
Shadlog Bernicke 233,032 réélu ministre de l'Éducation sortant ;
député depuis 2007
Bingham Agir 203,975 battu
Sean Halstead 154,451 battu
Vinson Detenamo 153,155 battu Président du Comité national olympique nauruan
de 1991 à 2009
Arrow Depaune 140,592 battu
Ace Capelle 139,042 battu
Ishmael Fritz 131,968

Anabar/Ijuw/Anibare[26]

Bulletins: 510. Dont suffrages exprimés: 495.

Candidat Voix Résultat Remarques
Ludwig Scotty 255 réélu ancien Président de la République
Riddell Akua 242 réélu ministre des Transports et des Télécommunications sortant ;
député depuis 2003
Tyrone Deiye 208 battu
Jaden Adun 204 battu
Melissa Ika 165 battue proviseure du Nauru College
(enseignement secondaire)
Paul Doguape 136 battu

Meneng[27]

Cette circonscription élit désormais trois députés.
Bulletins: 941. Dont suffrages exprimés: 904.

Candidat Voix Résultat Remarques
Sprent Dabwido 374,758 réélu président de la république sortant
Lyn-Wannan Kam 356,112 élu
Squire Jeremiah 303,37 élu
Lionel Aingimea 272,512 battu
Rykers Solomon 253,298 battu député depuis 2007
Elvin Brechtefeld 237,266 battu
Doneke Kepae 228,71 battu
Clint Deidenang 191,806 battu
Sambruce Akibwib 188,619 battu
Jerielyn Teleni 186,341 battue secrétaire générale de la Commission nationale
nauruane pour l'UNESCO
Nemo Agadio 185,627 battu
John Agadio 172,25 battu
Nickos Simon 166,315 battu

Ubenide[19]

Bulletins: 1265. Dont suffrages exprimés: 1204.

Candidat Voix Résultat Remarques
David Adeang 427,680 réélu ancien ministre
Valdon Dowiyogo 388,999 réélu député depuis 2004
Russ Kun 373,357 élu
Ranin Akua 357,949 élu
Aloysius Amwano 309,684 battu ministre de la Santé sortant ;
député de 1998 à 2001,
et depuis 2008
Julian Itsimaera 309,271 battu
Frederick Pitcher 282,819 battu ancien président de la république
Samuel Adumur 267,771 battu
George Gioura 252,633 battu
Vyko Adeang 207,965 battu
Renos Agege 194,381 battu
Arde Bam 189,442 battu
David Dowiyogo 180,847 battu président de la Fédération nauruane de Football australien
depuis 1999
Darnard Dongobir 172,084 battu

Élection du président de la République[modifier | modifier le code]

Les députés se réunissent le 11 juin et élisent Ludwig Scotty à la présidence du Parlement. Ils doivent ensuite élire parmi eux le président de la République, qui continuera à siéger comme député. Bien qu'ayant conservé son siège au Parlement, Sprent Dabwido ne sollicite pas un nouveau mandat. Les candidats sont Roland Kun, ancien ministre des Finances, et Baron Waqa, principale figure de l'opposition sortante. Baron Waqa est élu président de la République par treize voix contre cinq[2],[28].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Parti Candidat pour la présidence Circonscription du candidat
pour la présidence
Nombre de députés Changement par
rapport à 2010
Aucun ; députés indépendants
formant la nouvelle majorité
Baron Waqa
Élu président de la république
Boe 13 députés +5
Aucun ; députés indépendants
formant la nouvelle opposition
Roland Kun Buada 5 députés n/a

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) "Nauru leader declares state of emergency", Radio New Zealand International, 27 mai 2013
  2. a et b (en) "New Nauru President prioritises stable government", Radio New Zealand International, 11 juin 2013
  3. a et b Nauru : système électoral, Union inter-parlementaire
  4. a et b (en) "Nauru country brief", ministère australien des Affaires étrangères, février 2013
  5. (en) "President Dabwido gives it another go", Islands Business, 6 juin 2013
  6. (en) "Nauru in chaos as ministers quit", The Australian, 16 février 2013
  7. (en) "Nauru MP Alleges Government Has Lost Mandate", Radio New Zealand International, 20 février 2013
  8. (en) "Nauru parliament dissolved and election date announced", Radio New Zealand International, 11 mars 2013
  9. (en) "Nauru court rules on parliament recall", Radio Australia, 15 mars 2013
  10. (en) "Nauru parliament again fails to reach quorum", Radio New Zealand International, 30 avril 2013
  11. (en) "Nauru parliament dissolved - elections in a month", Radio New Zealand International, 23 mai 2013
  12. (en) "Last minute rush to prepare for Nauru's snap election", Radio Australia, 5 juin 2013
  13. (en) "Nauru's media banned from reporting on politics during national election", Radio Australia, 29 mai 2013
  14. (en) "Nauru’s President denies banning media from speaking to politicians", Radio New Zealand International, 30 mai 2013
  15. (en) "Nauru Elections Need Free Media - PFF", Solomon Times, 6 juin 2013
  16. (en) "New Nauru government must communicate", Radio New Zealand International, 26 mai 2013
  17. a et b (en) "Nauru gets second woman MP, first in nearly 30 years", Radio New Zealand International, 9 juin 2013
  18. (en) "Second woman ever elected to Nauru parliament", Radio Australia, 9 juin 2013
  19. a et b (en) "Final result: constituency of Ubenide", gouvernement de Nauru, 9 juin 2013
  20. (en) Résultats officials, gouvernement de Nauru
  21. Résultats pour Yaren, Nauru Media, 9 juin 2013
  22. Résultats pour Boe, Nauru Media, 9 juin 2013
  23. Résultats pour Ewa / Anetan, Nauru Media, 9 juin 2013
  24. Résultats pour Aiwo, Nauru Media, 9 juin 2013
  25. Résultats pour Buada, Nauru Media, 9 juin 2013
  26. Résultats pour Anabar, Nauru Media, 9 juin 2013
  27. Résultats pour Meneng, Nauru Media, 9 juin 2013
  28. (en) "Baron Waqa named as new Nauru president", Radio Australia, 11 juin 2013