Typographie sur le Web

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La typographie sur le Web désigne le choix des polices de caractères, la mise en page et l'intégration de nouvelles fontes sur les sites Internet et leurs pages Web.

Mise en situation[modifier | modifier le code]

Lors du choix des polices de caractères, un concepteur Web se tourne vers celles conçues pour une bonne lecture à l’écran et qui se retrouvent sur la majorité des plateformes. Pour plusieurs, l’originalité de ces fontes s’est transformée en conformisme tant elles sont populaires[1]. C’est pourquoi l’idée d’aller au-delà de ces limites a fait son chemin depuis les débuts du Web.

Différentes techniques permettent d’afficher à l’utilisateur une police qu’il ne possède pas, toutes ayant des avantages et des désavantages, que ce soit au niveau de la syntaxe ou de la sémantique. En général, le procédé se résume à transformer un élément texte en élément graphique. Ainsi, le navigateur n’a pas à mettre en page le texte car il est décodé comme un tout, une image, une animation, etc. Outre ces compromis, il existe un code de mise en page qui indique l’emplacement d’une police puis la télécharge sur le poste du visiteur. Ce principe existe depuis plus de 10 ans sur Internet Explorer mais n’a pas été adopté en raison de l’absence d’uniformité dans son interprétation et des risques d’atteinte à la propriété intellectuelle.

Standardisation[modifier | modifier le code]

La standardisation est un enjeu majeur dans le monde du Web. Un produit multimédia dit standard répond autant du point de vue fonctionnel que visuel pour différentes résolutions, différentes générations de navigateurs, des vitesses de connexion lentes et extrêmement rapides. C’est dans cette optique que fut développé le format WOFF. Il ne s’agit pas d’une fonte en soi mais plutôt d’une valise pour la transporter et l’identifier. Ce fichier est téléchargé dans l’historique du navigateur mais ne peut être utilisé par aucun autre document ou logiciel. Cette limitation au visiteur assure au créateur que son œuvre ne se retrouvera pas réutilisée à d’autres fins[2]. Les plus récentes générations de navigateurs ont rapidement adopté ce format. En parallèle, ils ont implémenté le support de l’importation via la règle font-face tel que standardisé par CSS. Voilà le point de départ pour l’utilisation à grande échelle de cette méthode.

Réactions du marché[modifier | modifier le code]

Les fontes intégrées permettent l'utilisation de polices qui ne sont pas nécessairement installées sur le poste du visiteur.

Jusqu’à maintenant, différents modèles de mise en marché ont été proposés aux concepteurs Web[3]. Dans le but de contrôler leur produit, la majorité des distributeurs ont pris sur leur compte d’héberger les fontes. Ainsi, le concepteur n’a jamais le fichier en sa possession. De même, ils offrent leurs services en forfaits. Les prix varient selon la durée de l’entente, le nombre de polices utilisées et l’achalandage sur les sites qui les affichent. D’autres ont plutôt choisi de distribuer chacune des familles de caractères à l’unité. L’hébergement est laissé aux soins de l’acheteur qui, une fois la vente effectuée, n’a plus à débourser pour cette fonte.

Grâce à ces progrès, les typographes doivent considérer le marché de la typographie à l’écran au même titre que celui de l’imprimé. Pour l’instant, les fontes disponibles en ligne sont majoritairement optimisées pour l’impression. Bien que plusieurs éléments de mise en page Web aient été empruntés au monde de l’édition, il reste plusieurs différences techniques à considérer lors de la création d’une fonte. Tout d’abord, le support n’est pas le même. Au lieu de choisir un papier ou une surface bien précise sur lequel le rendu sera uniforme, la fonte sera mise à l’épreuve à travers différentes résolutions et méthodes de rendu. D’un navigateur à l’autre, le lissage d’une police peut différer suffisamment pour changer l’esthétique d’un site. Pour Jason Smith de Fontsmith, ces complications ne sont pas un obstacle pour le développement de nouvelles polices car les principes de base restent les mêmes. « Ce qui nous importe, c’est la lisibilité et comment la lumière et les couleurs l’affectent et non le procédé d’intégration des fontes »[4]. Selon Colin Jenkinson de Cogapp, le vrai défi des prochaines années sera de renverser la culture qu’ont amenée les limitations et d’établir un nouveau standard de qualité en mettant en pratique les bons principes de la typographie[4].

Services d’hébergements[modifier | modifier le code]

Depuis 2010 plusieurs compagnies offrent des services d’hébergement de fontes Web, dont notamment Google Fonts, Edge Web Fonts et Typekit d’Adobe, et SkyFonts de Monotype.

Exemples[modifier | modifier le code]

Exemples de polices WOFF (ainsi que TTF, EOT et SVG) : police tifinagh (écriture touareg) (Hapax Berbère) et une police latine d'aspect médiéval (Chantelli Antiqua). Ces deux polices qui ne sont probablement pas sur votre ordinateur devraient cependant s'afficher correctement avec la plupart des navigateurs relativement récents.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Web fonts will flourish: True to type », The Economist (consulté en 2010-10-25)
  2. (en) « CSS Fonts Module Level 3 », World Wide Web Consortium (consulté en 2010-10-25)
  3. (en) « @font-face face off », grahambird.co.uk (consulté en 2010-10-25)
  4. a et b (en) Anna Richarson, « Screen aesthetics », Design Week, no 25,‎ 15 avril 2010, p. 14-15