Tlachtga

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Tlachtga, dans la mythologie celtique irlandaise, est une druidesse (bandrui, ce qui signifie « femme-druide »), réputée pour la puissance de sa magie. Son père est lui-même un des druides les plus fameux d’Irlande, il s’agit de Mog Ruith.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Pendant son initiation, elle accompagne son père aveugle dans ses voyages, c’est ainsi qu’elle apprend les secrets de sa magie. Elle découvre notamment des pierres sacrées en Italie. Elle est enlevée et violée par les trois fils de Simon le Magicien. Lors de son retour en Irlande, elle donne naissance à des triplets dont les pères sont évidemment différents. Ils ont pour nom Cumma, Doirb et Muach. Tlachtga mourra de chagrin. Une forteresse sera construite sur le lieu de naissance des triplets. La triple naissance est un thème commun dans la mythologie celtique, de même que la mort provoquée par le chagrin et la construction de la forteresse ensuite, comme par exemple dans la légende de Macha.

La colline de Tlachtga[modifier | modifier le code]

Cérémonies[modifier | modifier le code]

La colline sur laquelle Tlachtga donna naissance aux triplets est appelé la colline de Tlachtga, c'est probalement la colline de Ward dans le conté de Meath. [1].

Cette colline deviendra au moyen age un site cérémonial en son honneur. Les célébrations rivalisaient avec ceux de Tailtiu, et auraient été suivis par les non seulement par les gens de Meath mais aussi par ceux de Munster. Plusieurs cérémonies y avaient lieu, mais le plus connu est celui du premier feu annuel. En effet c'était l'endroit où, dans le conté de Meath, on allumait le premier feu à Samain.

Le lieu sera incendié par Niall Glúndub au Xe siècle.[2]

Roth rámach[modifier | modifier le code]

Quand Tlachtga accompagna son père en Italie c'était sur une machine volante, en forme de roue. Son père tire d'ailleurs son nom Mog Ruith (Serviteur de la Roue) de cette machine volante roth rámach (roue à rames). Dans le folklore du moyen age l'apparition de la machine est signalé sur la colline de Ward. Pour l'annecdote : la machine aurait été construit avec l'aide de Simon le magicien, le père des violeurs de Tlachtga, qui aurait été en plus le maître de Mog Ruith.

Bandruid[modifier | modifier le code]

Tlachtga est la fille de Mug Ruith, le druide aveugle, et l'accompagne pendant ses voyages. C'est ainsi qu'elle apprend les secrets du druidisme. On ne peut donc pas être certain qu'elle ait apprise la magie par hasard en prenant soin de son père aveugle, ou qu'on le lui ait enseigné, mais elle était connu comme une druidesse ou bandruid puissante. La classe sacerdotale des Celtes était ouverte aux femmes et plus particulièrement la fonction de prophétie, assumée par les vates (voir par exemple les Gallisenae de l’Île-de-Sein)[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul-Marie Duval, Les Dieux de la Gaule, Paris, éditions Payot,‎ février 1993, 169 p. (ISBN 2-228-88621-1)
    Réédition augmentée d'un ouvrage paru initialement en 1957 aux PUF. Paul-Marie Duval distingue la mythologie gauloise celtique du syncrétisme dû à la civilisation gallo-romaine.
  • Albert Grenier, Les Gaulois, Paris, Petite bibliothèque Payot,‎ août 1994, 365 p. (ISBN 2-228-88838-9)
    Réédition augmentée d'un ouvrage paru initialement en 1970. Albert Grenier précise l’origine indo-européenne, décrit leur organisation sociale, leur culture et leur religion en faisant le lien avec les Celtes insulaires.
  • Christian-J. Guyonvarc'h, Magie, médecine et divination chez les Celtes, Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1997 (ISBN 2-228-89112-6).
  • Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux :
    • Les Druides, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1986 (ISBN 2-85882-920-9) ;
    • La Civilisation celtique, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1990 (ISBN 2-7373-0297-8) ;
    • Les Fêtes celtiques, Rennes, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire »,‎ avril 1995, 216 p. (ISBN 9782737313158)
      Ouvrage consacré aux quatre grandes fêtes religieuses : Samain, Imbolc, Beltaine, Lugnasad.
  • Philippe Jouët, Aux sources de la mythologie celtique, Yoran embanner, Fouesnant, 2007 (ISBN 9782914855372).
  • Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins » , Paris, 2000 (ISBN 2-7028-6261-6).
  • Claude Sterckx, Mythologie du monde celte, Paris, Marabout,‎ octobre 2009, 470 p. (ISBN 978-2-501-05410-2).
  • Consulter aussi la bibliographie sur la mythologie celtique et la bibliographie sur la civilisation celtique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annales d'Ulster 908.1
  2. Benjamin T. Hudson « Niall mac Áeda [called Niall Glúndub] (c.869–919)  », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  3. •Pierre-Roland Giot, Jacques Briard et Louis Pape, Protohistoire de la Bretagne, Ouest-France Université, Rennes, 1995, (ISBN 2-7373-1659-6)