Macha (mythologie celtique)

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Macha maudit les Hommes d'Ulster (Macha Curses the Men of Ulster), illustration de Stephen Reid (artiste) (en) tirée de The Boys' Cuchulainn d'Eleanor Hull (en), 1904

Macha (prononciation irlandaise [ˈmɔ̝xə ]) est une déesse de la mythologie celtique irlandaise, principalement connue pour avoir été à l'origine de la faiblesse des Ulates (habitants du royaume d'Ulster) selon une malédiction qui fait suite à la vantardise de son époux « Crunnchú ». Chez les Celtes, il n'existe qu'une seule divinité féminine qui revêt de nombreux aspect différents[1].

Mythologie[modifier | modifier le code]

Macha, dont le nom magosia signifie « plaine », est une autre représentation de la déesse Morrigan, elle a donné son nom à Emain Macha, la capitale du royaume d'Ulster[2].

Après le veuvage du fermier Crunnchú, une magnifique jeune femme vient dans son lit prendre la place de son épouse, il s'agit de la déesse Macha, avatar de Morrigan. Elle lui propose un pacte : les affaires de Crunnchú seront prospères et il sera heureux tant que leur relation restera secrète. Mais lors d'une fête il ne peut s'empêcher de se vanter et affirme que sa femme court plus vite que le meilleur attelage du roi. Sous peine de mort, le roi l'oblige à prouver ses dires et Macha, alors enceinte, doit s'exécuter. Elle court plus vite que les chevaux du roi et à l'issue de la course elle donne naissance à des jumeaux, un garçon qui est nommé Fior (« le Véridique ») et fille, Fial (« la Pudique »)[3].

Macha lance alors une malédiction sur les Ulates : à chaque fois que le royaume sera attaqué, ils deviendront aussi faibles qu'une femme en couche. Ce sort est connu sous le nom de « neuvaine des Ulates » et lors de la Táin Bó Cúailnge[4]. (« Rafle des vaches de Cooley ») Cúchulainn devra défendre seul le royaume.

La capitale du royaume d'Ulster s'appelle Emain Macha (« les jumeaux de Macha ») en souvenir des deux enfants.

Macha Mong Ruad[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Macha Mong Ruad.

Compléments[modifier | modifier le code]

Selon Julien d'Huy, Macha, comme Mélusine, appartiendrait au type mythique de la ménagère mystérieuse. Dans de tels récits, "une femme-animal apparaît mystérieusement et s'occupe en cachette du foyer d'un homme célibataire ; celui-ci la prend comme conjointe ; le rappel de l'une des caractéristiques animales de la femme conduit à la fuite de cette dernière." En s'appuyant sur des groupes de transformation similaires en Europe et en Amérique du Nord, transformation incluant Macha, l'auteur fait remonter ce type de récit à la préhistoire européenne[5].

Hommage[modifier | modifier le code]

Macha est l'une des 1 038 femmes dont le nom figure sur le socle de l'oeuvre contemporaine The Dinner Party de Judy Chicago. Elle y est associée à la Déesse de la fertilité, deuxième convive de l'aile I de la table[6].

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul-Marie Duval, Les Dieux de la Gaule, Paris, éditions Payot,‎ février 1993, 169 p. (ISBN 2-228-88621-1)
    Réédition augmentée d'un ouvrage paru initialement en 1957 aux PUF. Paul-Marie Duval distingue la mythologie gauloise celtique du syncrétisme dû à la civilisation gallo-romaine.
  • Albert Grenier, Les Gaulois, Paris, Petite bibliothèque Payot,‎ août 1994, 365 p. (ISBN 2-228-88838-9)
    Réédition augmentée d'un ouvrage paru initialement en 1970. Albert Grenier précise l’origine indo-européenne, décrit leur organisation sociale, leur culture et leur religion en faisant le lien avec les Celtes insulaires.
  • Christian-J. Guyonvarc'h, Magie, médecine et divination chez les Celtes, Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1997 (ISBN 2-228-89112-6).
  • Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux :
    • Les Druides, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1986 (ISBN 2-85882-920-9) ;
    • La Civilisation celtique, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1990 (ISBN 2-7373-0297-8) ;
    • Les Fêtes celtiques, Rennes, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire »,‎ avril 1995, 216 p. (ISBN 9782737313158)
      Ouvrage consacré aux quatre grandes fêtes religieuses : Samain, Imbolc, Beltaine, Lugnasad.
  • Philippe Jouët, Aux sources de la mythologie celtique, Yoran embanner, Fouesnant, 2007 (ISBN 9782914855372).
  • Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins » , Paris, 2000 (ISBN 2-7028-6261-6).
  • Claude Sterckx, Mythologie du monde celte, Paris, Marabout,‎ octobre 2009, 470 p. (ISBN 978-2-501-05410-2).
  • Consulter aussi la bibliographie sur la mythologie celtique et la bibliographie sur la civilisation celtique.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Christian-J. Guyonvarc'h & Françoise Le Roux, Les Druides, page 422.
  2. Christian-J. Guyonvarc'h & Françoise Le Roux, Les Druides, page 403.
  3. Le caractère équin de la déesse Macha la rapproche d'Epona de la mythologie celtique gauloise et de Rhiannon de la mythologie celtique galloise. Voir Claude Sterckx, Éléments de cosmogonie celtique', pages 9 et 40, éditions de l’Université de Bruxelles, Bruxelles, 1986, (ISBN 2-8004-0900-2).
  4. La Rafle des vaches de Cooley, récit celtique irlandais traduit de l'irlandais, présenté et annoté par Alain Deniel, L’Harmattan, Paris, 1997, (ISBN 2-7384-5250-7)
  5. Julien d'Huy (2011). « Le motif de la femme-bison. Essai d'interprétation d'un mythe préhistorique (2ème partie) » Mythologie française, 243: 23-41.
  6. Musée de Brooklyn - Macha