The Spotnicks

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The Spotnicks

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Les Spotnicks en concert en 2010.
3e et 4e à partir de la gauche :
Bob Lander et Bo Winberg.

Informations générales
Pays d'origine Suède
Genre musical Rock instrumental
Années actives (1958) 1961 - aujourd'hui
Labels Karusell, Oriole Records (UK) (en), Polydor Records, SweDisc, Interdisc
Site officiel spotnicks.net

Groupe suédois de rock instrumental, les Spotnicks existent sous ce nom depuis 1961. Le groupe est toujours en activité en 2011. Il a connu une grande popularité internationale dans les années 1962 à 1964 en s'imposant alors comme le plus célèbre groupe instrumental européen avec les Shadows.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Spotnicks se sont d'abord appelés "The Frazers". Ce quatuor, constitué à Göteborg en 1958, comprenait alors :

  • Bo Winberg (né le 27 mars 1939), guitare solo
  • Bo Starander (né le 11 mars 1942), guitare rythmique et chant
  • Björn Thelin (né le 27 juin 1942), guitare basse
  • Ove Johansson (né en 1940), batterie.

Cette composition restera inchangée jusqu'en 1963.

Les premiers temps, The Frazers se limitent à jouer dans des clubs de Göteborg et sa région. Dès 1960 le groupe commence à enregistrer, avec un matériel de fabrication artisanal imaginé par Bo Winberg, des morceaux qu'on retrouvera plus tard sur les albums des Spotnicks. Il rencontre un manager et signe un contrat avec la maison de disques suédoise Karusell qui publie en mars 1961 un premier 45 tours simple comprenant Ghost Riders In the Sky et The Old Spinning Wheel. À cette occasion, le groupe change son nom en Spotnicks tandis que Bo Starander se fait désormais appeler Bob Lander.

Également produit en 1961, le second simple fait accéder les Spotnicks à la gloire internationale avec leur interprétation très personnelle de Orange Blossom Special, qui se classe parmi les plus hautes ventes dans toute l'Europe en 1962 et sera même n°1 en Australie. Les Spotnicks présentent alors une image délibérément liée à la science-fiction et à la conquête de l'espace, qui est la grande affaire de ces années-là. Beaucoup de leurs titres y font référence, ils posent et jouent vêtus de burlesques scaphandres de cosmonautes (ou d'extra-terrestres), leur nom de groupe est une allusion aux satellites soviétiques Spoutnik et leur son sidéral dégage une aura de haute technologie grâce au matériel construit par Bo Winberg. Les Spotnicks sont alors un des trois grands groupes mondiaux de rock instrumental, pratiquement à l'égal des Shadows britanniques et des Ventures américains.

En 1963, Ove Johansson est remplacé par Derek Skinner à la batterie, qui sera remplacé en 1965 par Jimmy Nicol.

1963 : les Spotnicks accueillis en France par l'harmoniciste et animateur TV Albert Raisner (au centre), dont le groupe a repris la composition Le Dernier Train de l'espace sous le titre Last Space Train dans l'album « The Spotnicks in Paris ».

Être en pointe de la mode expose au risque d'être vite démodé : c'est ce qui arrive aux Spotnicks, qui passent au second plan dans la seconde moitié des années 1960, sauf en Suède où ils gardent un fidèle public ainsi qu'au Japon où ils font une tournée. Ils abandonnent à cette époque des connotations astronautiques et recentrent leur musique sur un style assez country-rock, plus conforme aux vraies inclinations de Bo Winberg, et avec par la suite un musicien additionnel aux claviers, Peter Winsnes. Le groupe a été plusieurs fois en sommeil et au travers des changements de personnel a gardé pour seul élément stable le leader Bo Winberg et de façon plus intermittente Bob Lander.

En un demi-siècle d'activité, les Spotnicks ont produit pas moins de 42 albums et auraient vendu quelque 18 millions de disques[1].

En France, ils ont fait de nombreuses apparitions en concert et à la télévision entre 1962 et 1965, et ont même publié à l'intention du marché français l'album « Devenez Soliste des Spotnicks » comprenant six de leurs principaux succès enregistrés successivement avec et sans partie solo de guitare — un karaoké guitaristique en quelque sorte.


Titres tirés de l'international[modifier | modifier le code]

Certains morceaux de leur répertoire ont été puisés dans les musiques traditionnelles d'Europe, du Moyen-Orient, d'Amérique style western, et même d'Asie avec leur album au Japon en 1967. Notamment : Comme-ci comme-ça (Sur le pont d'Avignon), Happy Henrik's Polka (Lycklige Henriks Polka, Suède), Hava Nageela (Israël), The Rocket Man (Plaine, ma plaine, Russie), Spanish Gipsy Dance (España Cani, Espagne), Pick a Bale of Cotton (États-Unis) etc.

Le son Spotnicks des années 60[modifier | modifier le code]

La notoriété des Spotnicks dans leurs années de gloire 1961-1965 reposait sur leur sonorité très spécifique. Électronicien de formation, Bo Winberg avait développé une sonorisation basée sur une préamplification centrale haute-fidélité à lampes de sa fabrication, reprenant les deux autres guitares, basse et rythmique (contrairement à l'habitude d'avoir un amplificateur indépendant par instrument), et relayée par un étage de puissance à base d'unités Dynaco Mark III et des haut-parleurs énormes dont le plus gros faisait 30 pouces de diamètre. B. Winberg avait au surplus construit une chambre d'écho à bande magnétique, supérieure à ce qui existait dans le commerce.

Cet équipement hors-normes permettait aux Spotnicks de délivrer en concert un son très puissant tout d'un bloc, immédiatement reconnaissable, associant des basses très profondes à des aigües incisives et très définies. Ils furent d'ailleurs accusés de play-back dans leurs concerts à ce sujet.

B. Winberg a aussi été un pionnier dans la liaison sans fil entre guitare et ampli, plusieurs décennies avant que cette solution entre dans les mœurs. Ceci a été la cause d'un incident resté célèbre : en 1963 à Paris, lors d'une répétition à l'Olympia, la police est venue enquêter sur l'origine de perturbations radio-électriques, car le système de radio-transmission conçu par B. Winberg utilisait la même bande de fréquences que la police parisienne.

Les Spotnicks ne dédaignaient pas d'utiliser aussi les plus élémentaires trucages de studio : la vélocité ébouriffante du solo d'Orange Blossom Special était due au fait qu'il avait été enregistré au ralenti et ensuite accéléré sur la bande finale servant à la gravure du disque.

Discographie sélective (albums)[modifier | modifier le code]

Albums publiés en Europe par les disques Président avec les enregistrements originaux de Karusell

  • The Spotnicks in Paris (1962)
  • The Spotnicks in London (Out-A-Space) (1962)
  • The Spotnicks in Paris (Dansons avec les Spotnicks) (1963)
  • Devenez soliste des Spotnicks (1963) - KVP. 162
  • The Spotnicks in Spain (Bailemos con los Spotnicks) (1964)
  • The Spotnicks in Stockholm (1964)
  • The Spotnicks in Berlin (1964)
  • The Spotnicks at Home in Gothenburg (1965)
  • The Spotnicks in Tokyo (1965)
  • The Spotnicks Around the World (1966)
  • The Spotnicks in Winterland (1966)
  • The Spotnicks Live in Japan (1967)

Le groupe a publié 42 Albums et également de très nombreux EP 45 t tout au long de leur carrière internationale avec 18 millions de disques vendus dans le monde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Extrait du site "The Spotnicks historique" de jacquesmottier-online.fr, un article de Jean Albert Beaudenon

  1. (en) Best selling Scandinavian artists of all time [1]