Teucinde d'Arles

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Teucinde d’Arles (av. 928 - ap. 977), appelée aussi Theusinde ou Teucinda était une aristocrate bourguignonne installée à Arles en Provence, connue par ses nombreuses donations à l’Église arlésienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Montmajour fut érigée sur une butte dominant la plaine marécageuse s'étendant au nord d'Arles

Teucinde est une femme de l’aristocratie bourguignonne qui a suivi Hugues d'Arles en Provence et appartient à la famille des comtes de Cavaillon; elle serait la fille du comte d'Apt, connu sous le surnom de Griffon[1], nommé par le roi Conrad en 948 ou 949, et la sœur de Gontard[2], le prévôt de la cathédrale d’Arles. Elle serait également la tante de Mayeul, le quatrième abbé de Cluny.

Femme très pieuse, certains textes la qualifiant de sancto monialis ou de Deo devota[3], elle distribue ses biens aux communautés religieuses d’Arles sous les archevêques d'Arles, Manassès et Ithier. Le 7 octobre 949, elle achète l’île de Montmajour[4] qui appartient à l'archevêché d'Arles et en fait donation aux religieux bénédictins qui y vivent dessus ; l’abbaye de Montmajour est fondée. Teucinde confirme cette donation dans son testament en 977. Le 19 juillet 973, Teucinde obtient de l’archevêque Ithier la concession de Saint-Hippolyte près d’Arles, pour la rebâtir, la restaurer, et la posséder, elle et son neveu l’évêque de Fréjus Riculfe[5], jusqu’à la fin de leurs jours[6]. Sa pierre tombale a été retrouvée dans les années 1970 dans une propriété privée à proximité de l’abbaye de Montmajour.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le comte d’Apt, connu que par son surnom de « Griffon », délèguera en 972 à ses fils le soin de conduire le second ost du corps d’armée de Guillaume II. Après la conquête, ils reçoivent en dotation, une large part des Préalpes calcaires mordant aussi sur les Alpes cristallines du haut pays nissard, dans le prolongement de la principauté de Riez entre le Jabron et la Vésubie. Ce domaine englobe les deux anciens diocèses de Sénez et Glandèves. Cet immense territoire essentiellement montagneux, un des plus grands alloués, est aussi, « le plus pauvre » et certainement le plus difficile à gérer.
  2. Il devient ensuite vers 950, évêque de Fréjus (d'après La Provence au Moyen Âge de Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet, page 20)
  3. Deo devota = veuve ou vierge consacrée dans le siècle; cf. Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet - La Provence au Moyen Âge, page 40.
  4. À l'époque, le site de Montmajour est une île car entouré de marais (cf. Insulam Sancti Petri que nominatur a Monte Majori, Archives départementales des Bouches-du-Rhône 2H11)
  5. Neveu de Gondard, il lui succède sur cet évêché et devient vers 990, abbé de Montmajour (d'après La Provence au Moyen Âge de Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet, page 20).
  6. Gallia N C

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Congrès archéologique de France – 134e session – 1976 - Pays d'Arles, page 235

Articles connexes[modifier | modifier le code]