Sousveillance

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Cette webcam sans fil est comparable à la boîte noire d'un avion, enregistrant en continu ce que vit celui qui la porte.

La sousveillance, également appelée surveillance inverse, est un terme proposé par le Canadien Steve Mann pour décrire l'enregistrement d'une activité du point de vue d'une personne qui y est impliquée[1], souvent réalisée par un appareil enregistreur portable[2].

Surveillance inverse est un terme plus limitatif que sousveillance, plaçant l'accent sur une « vigilance par la base » ayant vocation à « surveiller la surveillance » en analysant et en surveillant les systèmes de surveillance eux-mêmes et les autorités qui les contrôlent. Elle est souvent conduite par les personnes surveillées (par exemple les prisonniers), mais peut également constituer une forme d'ethnographie ou d'ethnométhodologie[3].

Jamais Cascio (en) fait référence au concept de sousveillance en parlant de « panoptique inversé » (en hommage à Jeremy Bentham et à Michel Foucault).

« Track the money »[modifier | modifier le code]

Aux Etats-Unis, le président en personne a donné une application concrète au phénomène de sousveillance au travers du site Recovery.gov. Cette plate-forme détaille l'utilisation faite par les pouvoirs publics de l’argent des contribuables américains (où va-t-il et pourquoi y va-t-il). Barack Obama assure ainsi la traçabilité des deniers publics et la promotion de la gouvernance transparente. Les internautes ont également l'opportunité de signaler fraudes et autres abus.

« Assiduité politique »[modifier | modifier le code]

En France, ce sont les citoyens qui ont créé un observatoire de l’activité politique. Grâce à nosdeputes.fr et nossenateurs.fr, tout citoyen peut contrôler l’assiduité de ses représentants parlementaires. Les internautes y épinglent les élèves studieux, les cancres politiques, les absentéistes, etc. « Au travers de leurs commentaires, les utilisateurs sont invités à créer le débat en partageant leur expertise », explique l’association Regards Citoyens, à l’origine de ces sites.

Exemple de Neda[modifier | modifier le code]

Le phénomène de la sousveillance connut un exemple le 20 juin 2009. Des mouvements de contestation secouaient l’Iran au lendemain des élections présidentielles. Parmi les services d’ordre présents lors d'une manifestation, un milicien ouvrit le feu et blessa grièvement une jeune femme, Neda Agha-Soltan. Elle agonisa et mourut dans la minute qui suivit, filmée par l’objectif de plusieurs téléphones portables. La mort de cette manifestante iranienne fit le tour du monde dans des conditions proches du direct. Remontant le courant médiatique, des images d’une rare crudité atterrirent dans les journaux télévisées des plus importantes chaînes de télévision. Un pareil fait divers n’aurait jamais trouvé d'écho dans les régimes totalitaires d’antan[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Exploring Equiveillance - Ian Kerr et Steve Mann, On the Identity Trail, 3 janvier 2006
  2. (en) Sousveillance: Inventing and Using Wearable Computing Devices for Data Collection in Surveillance Environments - Steve Mann, Jason Nolan et Barry Wellman, Surveillance & Society, 2003 [PDF]
  3. Surveillance & Society 1(3): 331-355
  4. Antoine Strobel-Dahan, « Neda, une histoire qui synthétise la complexité du conflit », Le Monde, 23 juin 2009 [1] (page consultée le 23 juin 2009)]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]