Sabotage du pont international de Vanceboro

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Le sabotage du pont international de Vanceboro est un attentat perpétré le 2 février 1915 par l'allemand Werner Horn officier de réserve, consistant à détruire le pont du chemin de fer de Sainte-Croix-Vanceboro (Nouveau-Brunswick), afin d'interrompre le passage de munitions canadiennes dans l'État du Maine aux États-Unis, à destination de l'Angleterre[1]..

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Pont international traverse le Fleuve entre les frontières de Sainte-Croix dans la province canadienne du Nouveau-Brunswick et l'état américain. Au moment du sabotage qui part du chemin de fer du Canadien pacifique (Les lettres CFCP) sur le côté canadien et le chemin de fer de la Centrale du Maine (Les lettres (CFCM) sur le côté américain.

Le sabotage a été planifié par le maître de l'espionnage Franz von Papen et exécuté par Werner Horn. La charge de dynamite a failli détruire le pont, mais a fait assez de dommages pour le rendre inutilisable jusqu'à ce que des réparations mineures soient réalisées. L'explosion a fait éclater les fenêtres près des bâtiments à Sainte-Croix et Vanceboro.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • Le 12 décembre 1914 : L’allemand Von der Goltz envisage une invasion japonaise au Canada, pour entraver l'expédition de troupe et fournitures militaires, et denrées alimentaires à destination de la France.
  • Le 3 janvier 1915 : Un télégramme chiffré, parti de Berlin adressé à l'ambassade d'allemagne de Washington (référence n ° 357) :
« secret : Le transport des troupes japonaises à travers le Canada doit être évité à tout prix si nécessaire en faisant sauter les chemins de fer canadiens. Il est sans doute souhaitable d'employer des irlandais[2]à cet effet dans un premier temps car il est presque impossible pour les allemands d'entrer au Canada. Vous devriez discuter de la question avec l'attaché militaire. Le secret le plus strict est indispensable »[3]..
  • Le major-général Franz von Papen prend la décision de détruire le Canadien Pacifique. L'officier de réserve Werner Horn venu du Guatemala, connaissant parfaitement la langue anglaise et vivant à New York, se rend à Vanceboro, pour faire sauter le pont. Son amateurisme technique, et de la connaissance des explosifs, permet une arrestation rapide. Il avoue son forfait, mais loyal à ses commanditaires, il refuse de dénoncer von Papen. Les autorités canadiennes, sensibles à ses aveux spontanés, applique sans délai son extradition[4].

Sabotage[modifier | modifier le code]

Arrestation et emprisonnement[modifier | modifier le code]

Werner Horn sera arrêté le 2 février 1915 à Vanceboro. Le gouvernement canadien, par l'ambassadeur britannique à Washington, a fait la demande formelle d'extradition, mais la demande n'a pas été honoré à l'époque. En attendant, Horn a été temporairement condamné à trente jours dans une prison au Maine sur une accusation d'avoir endommagé des bâtiments à Vanceboro. Le 2 mars, il a été inculpé par un grand jury fédéral à Boston pour violation des lois régissant le transport inter-États d'explosifs, transportant de la dynamite de New York à la frontière. Il a été retiré au Massachusetts après que les autorités du Maine font la lutte infructueuse pour le tenir. Après une longue bataille juridique, il a été condamné par un tribunal fédéral à Boston à une peine d'emprisonnement de dix-huit mois et d'une amende de 1000 $. Après avoir servi son temps, il a été extradé au Canada, où il a de nouveau été jugé, condamné et emprisonné. Jugé "fou", il sera emprisonné au pénitencier de Dorchester, Nouveau Brunswick, avant qu'il ne soit déporté en Allemagne en 1921, [5] n'ayant servi que 6 ans d'une peine d'emprisonnement de dix ans au Canada. [6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Berlioz-Curlet, FBI: histoire d'un empire, Editions Complexes,‎ 2005 (ISBN 2804800555, ISSN 9782804800550), chap. 1, p. 40
  2. Les allemands ont durant la première guerre mondiale soutenus les indépendantistes irlandais dans leur combat contre le Royaume-Uni
  3. Jennifer Crump, Canada Under Attack Volume 3 de Canadians at War, Dundurn,‎ 2010 (ISBN 1770705708, ISSN 9781770705708), chap. 3, p. 148
  4. Kristofer Allerfeldt, Crime and the Rise of Modern America: A History from 1865 1941, New York, Routledge,‎ 2011 (ISBN 0203830326, ISSN 9780203830321), chap. 1, p. 196
  5. (en) Anonyme, « Horn, Bridge Wrecker and Spy, Goes Mad in Canadian Prison (traduction du texte au domaine public aux USA par le téléchargeur) », New York Tribune,‎ 23 juillet 1921, voir page 2 (lire en ligne)
  6. (en) Anonyme, « Will deport insane spy », Evening Public Ledger,‎ 9 août 1921, voir page 2 (lire en ligne)