Joseph Ivanovitch Bové

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Ossip Ivanovitch Bovet)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bové et Bovet.
Portrait de Bovet

Joseph Ivanovitch Bové, parfois Bovet (О́сип Ива́нович Бове́), (Saint-Pétersbourg 1784-1834) connu également sous le nom de Joseph Jean-Baptiste Charles de Beauvais est un architecte néoclassique russe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Certaines sources indiquent que Joseph Bové est le fils d'un peintre napolitain du nom de Vincenzo Giovanni Bova, venu travailler à Saint-Pétersbourg au chantier de l'Ermitage en 1782. Il francise son nom en Bovet, Bové, ou Beauvais, et Joseph naît deux ans plus tard, suivi de deux autres frères, Michel et Alexandre. La famille déménage ensuite à Moscou. Joseph suit les cours entre 1802 et 1807 de l'expédition de la construction du Kremlin et devient assistant de Matveï Kazakov et de Carlo Rossi à Moscou et à Tver.

Il participe à la reconstruction et à la rénovation de Moscou après l'incendie de 1812 lors de l'occupation de Moscou par les troupes napoléoniennes. Il conçoit entre autres les plans du Théâtre Bolchoï, la scène la plus prestigieuse de Moscou, construit en 1825, la reconstruction du Kremlin, le Manège, et le Théâtre Maly.

À la suite de la campagne de Russie par Napoléon, et de son occupation de Moscou le 14 septembre 1812, date de l'entrée de ses troupes dans la ville, un gigantesque incendie destiné à lui servir de piège, embrasa et dévasta alors Moscou. Dans l'impossibilité de poursuivre le tsar avec cet hiver 1812 qui commence, cet incendie causera la tristement célèbre retraite de Russie et la longue marche du retour des armées de Napoléon.

Après la victoire de la Russie, l'heure vint à la reconstruction de Moscou en ruines.

Une Commission de reconstruction de Moscou fut spécialement créée en 1817 sous la direction du grand architecte Joseph Jean-Baptiste Charles de Beauvais.

Les Tours du Kremlin (reconstruction : 1816-1819)[modifier | modifier le code]

Le Nouveau arc de triomphe de Moscou, 1848
  • La Tour Borovitskaïa

La célèbre tour comportant une des entrées vers le Kremlin, tient son nom de la colline Boroviski, l'une des sept collines de Moscou. En 1812 elle fut endommagée par les troupes françaises qui allaient quitter Moscou et battre en retraite. Elle fut reconstruite en 1817-1819 par l'architecte Joseph Jean-Baptiste Charles de Beauvais. En 1935, Staline fit installer une étoile rouge à son sommet. Sa hauteur est de 54,05 m.

  • La Tour Vodozvodnaïa

Appelée la Tour de l'Eau, c'est une tour d'angle au sud-ouest du Kremlin; elle domine les berges sur la Moscova. Originellement édifiée en 1488 par l'architecte italien Antonio Gilardi (pour les Russes Antoine l'Italien), on l'appela au début la Tour Sviblov. Minée par les Français en 1812, elle fut entièrement restaurée par l'architecte Joseph Jean-Baptiste Charles de Beauvais. Elle mesure plus de 60 mètres de haut.

  • La Tour Ouglovaïa au nord du Kremlin, encore appelée la Tour d'angle de l'Arsenal,

Elle fut construite en 1492 par l'Italien Pietro Antonio Solari. Elle terminait la ligne de défense du Kremlin du côté de la Place Rouge. Elle porta le nom de Tour Sobakine. Elle fut restaurée par l'architecte Joseph Jean-Baptiste Charles de Beauvais. Elle mesure plus de 60 mètres de haut.

  • La Tour Petrovskaïa ou Tour de Pierre

En 1812 les troupes napoléoniennes en retraite la firent sauter à l'explosif. Elle fut reconstruite en 1818 par l'architecte Joseph Jean-Baptiste de Beauvais. Cette tour était utilisée par les jardiniers du Kremlin. Elle mesure à 27,15 m de haut.

  • La deuxième Tour sans nom, bâtie au milieu du XVe siècle, fut détruite par les troupes françaises et reconstruite à l'identique. Elle a 34,15 m de haut.

Le Manège[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Manège de Moscou.

Anciennement occupée par un monastère Moïsséiski, puis au XVIIIe et XIXe siècle le quartier était dévolu au commerce. En plein cœur de Moscou situé à la place du Manège (Manejnaïa) près de la Place Rouge, le Manège d'une superficie de 9 000 m2, fut réaménagé par l'architecte Joseph Jean-Baptiste Charles de Beauvais pour commémorer le cinquième anniversaire de la victoire des troupes russes sur Napoléon, et pour alors servir de parades militaires et d'exercices équestres.

Inauguré le 12 novembre 1817, le Manège, avec son style néo-classique, dépouillé et monumental, en vogue à l'époque, la puissante colonnade dorique ainsi que son énorme fronton dépouillé de tout ornement, dominant la place, a été comparé au Grand Palais à Paris pour sa beauté et son architecture spectaculaire.

Le petit théâtre : le Maly[modifier | modifier le code]

En 1756 l'impératrice Élisabeth décréta un oukase pour l'établissement d'un théâtre en langue russe pour comédies et tragédies.

En 1776, on accorda la licence du théâtre au prince Pierre Ouroussov qui fit édifier le Petrovsky qui fut ultérieurement la victime de plusieurs incendies. Celui-ci fut remplacé par le théâtre Arbatski, ou théâtre de l'Arbat, en 1808.

En 1812, le gouverneur-comte Fiodor Rostopchine retarda l'évacuation de l'Arbatski jusqu'au dernier moment. Les acteurs alors paniqués s'enfuirent dans les rues de Moscou, à l'arrivée des troupes napoléoniennes sous la fournaise. Le théâtre fut détruit par les flammes.

En 1820, l'architecte Joseph Jean-Baptiste de Beauvais entreprit la construction de la place Pétrovski (aujourd'hui place du Théâtre), puis du nouveau théâtre Maly (ce qui signifie « le petit théâtre ») ainsi dénommé par rapport au Bolchoï (le grand théâtre) qu'il construirait l'année suivante en face.

Le petit théâtre Maly mit en scène tous les auteurs romantiques célèbres de son siècle. On y fit jouer notamment les œuvres de Schiller, Balzac, Tolstoï, Dostoïevski, Shakespeare, etc... et il accompagna toute sa vie Pouchkine. Il était très prisé aussi pour ses vaudevilles, danses et musiques populaires.

Le Bolchoï « Le Grand Théâtre »[modifier | modifier le code]

Façade du Bolchoï
Article détaillé : Théâtre Bolchoï.

Il fut construit en 1824 par l'architecte Joseph Jean-Baptiste Charles de Beauvais et inauguré le 18 janvier 1825. De renommée internationale, le Bolchoï, deuxième plus grand théâtre du monde, a été le siège de bien des premières historiques, dont en 1877 le célèbre ballet Le Lac des cygnes de Piotr Ilitch Tchaïkovsky ou encore les compositions de Serge Rachmaninov.

Charmé par la vie de la cour impériale, les jolies femmes, les fêtes, la qualité artistique, comblé d'honneurs, l'architecte Joseph Jean-Baptiste de Beauvais s'installa à Moscou et à Saint-Pétersbourg où il vécut le restant de sa vie.

Famille[modifier | modifier le code]

Son petit-fils, le marquis Serge Serguéïevitch de Beauvais, né en 1843 à Saint-Pétersbourg, décédé à Paris, 1 rue Scribe, le 5 mai 1902, était marié à Sarah Alexandrovna Solovtzow. Il fut de 1895 à 1899, directeur général pour la France de la Société Russe d'encouragement.

Œuvres[modifier | modifier le code]