Musée national des arts et traditions populaires

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Musée national des arts et traditions populaires
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse 6, avenue du Mahatma Gandhi
16e arrondissement
Coordonnées 48° 52′ 36″ N 2° 15′ 53″ E / 48.876599, 2.264782 ()48° 52′ 36″ Nord 2° 15′ 53″ Est / 48.876599, 2.264782 ()  
Informations générales
Date d’inauguration 1937
Date de fermeture 2005

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Musée national des arts et traditions populaires

Le musée national des Arts et Traditions populaires (MNATP) est un établissement public fondé en 1937 par Georges Henri Rivière. Situé depuis 1972, à la porte des Sablons dans le bois de Boulogne (16e arrondissement de Paris), ce musée d'ethnologie présentait une vision synthétique de la société française traditionnelle, rurale et artisanale pour l'essentiel, depuis le XIXe siècle jusqu'aux années 1960.

Après plus de soixante-dix ans d'existence, il a fermé en 2005. Ses collections ont été transférées au Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée qui a ouvert le 7 juin 2013 à Marseille.

L'une de ses grandes originalités fut de se constituer en musée-laboratoire, selon la formule retenue par son fondateur Georges Henri Rivière, associant aux conservateurs une équipe de chercheurs. La vocation scientifique de l'établissement était ainsi mise en avant dans l'association avec le Centre d'ethnologie française, rattaché au Centre national de la recherche scientifique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le prédécesseur du MNATP, le musée de folklore – entendu comme l'étude du peuple – est né en même temps que le musée d'ethnographie, créé pour recueillir et exposer les collections issues des missions dans les pays en voie de colonisation. Présentés au cours des grandes expositions, ces objets ont fondé le cœur du Musée du Trocadéro qui s'ouvre sous la direction du Dr Hamy, dans un palais bâti pour l'exposition universelle de 1878. En 1884, est inaugurée la Salle de France, qui, à côté des salles d'Afrique et d'Asie, présente des collections françaises. Si à ses débuts, le musée trouve son public, il va beaucoup souffrir de la guerre; la salle de France est fermée en 1928. Travaillant aux côtés du Dr Paul Rivet pour l'aménagement du Musée de l'Homme, qui sera ouvert en 1937, Georges Henri Rivière observe que la France est le seul pays européen à ne pas disposer d'un musée de folklore. Le Front populaire, arrivant au pouvoir en 1936, va témoigner d'un grand intérêt pour la démocratisation culturelle, notamment sous l'impulsion de Jean Zay, ministre de l'éducation nationale et directeur des Beaux-arts. À l'occasion de l'exposition universelle de 1937 et grâce à la ténacité de Georges-Henri Rivière, les prémisses de ce que sera le musée des ATP voient le jour à partir des collections de la section française du musée d'ethnographie du Trocadéro.

Le premier musée consacré à la France « populaire », essentiellement rurale est donc créé en 1937, sous la direction de Georges Henri Rivière. Ainsi, le domaine des arts et traditions populaires se constitue en véritable objet scientifique. Des équipes d'enquêteurs sont constituées pour aller battre la campagne et collecter les objets. Georges Henri Rivière marque sa différence avec le Musée de l'Homme : alors que ce dernier est rattaché institutionnellement au Muséum national d'histoire naturelle, les ATP dépendront de la section des beaux-arts du ministère de l'Éducation nationale, embryon du ministère de la Culture qui sera créé avec André Malraux. Le musée des ATP s'installe dans le sous-sol du Musée des monuments français, mais les collections s'agrandissant, Georges Henri Rivière après la guerre, imagine un musée scientifique en plein air dans divers endroits de Paris. Après de nombreuses difficultés, le musée se voit attribuer un emplacement dans le Jardin d'acclimatation au Bois de Boulogne. Georges Henri Rivière travaille avec les architectes Michel Jausserand et Jean Dubuisson, qui élaborent un bâtiment alors très moderne qui doit abriter les collections et les équipes de recherche. Les enquêtes et les collectes se multiplient, et celui qu'on a surnommé « Le Louvre du peuple » présentera ses collections d'une double manière : dans la Galerie d'étude, ouverte en 1972, qui aborde les aspects les plus technologiques de la culture, et dans la Galerie culturelle, ouverte en 1975, qui présente dans un programme inspiré par Claude Lévi-Strauss la plupart des facettes de la vie en société de la paysannerie et de l'artisanat français. Ces présentations muséologiques, qui mettent au second plan l'environnement pour laisser l'objet seul parler, furent alors saluées comme des réalisations esthétiques remarquables, et Georges Henri Rivière fut surnommé le « magicien des vitrines. »

Si les deux galeries ne changeront pas après leur installation, restant exclusivement consacrées à la France agricole traditionnelle, une série d'expositions temporaires concerneront les cultures contemporaines, qu'il s'agisse des fêtes populaires, ou des pratiques urbaines comme le skate-board par exemple.

Une riche collection[modifier | modifier le code]

Coq gaulois, Musée des arts et traditions populaires

La muséographie originale élaborée par Georges Henri Rivière met en valeur des ensembles d'objets dans les vitrines. Elle ne fait plus appel aux mannequins mais utilise des fils de nylon pour l'accrochage.

Sont inventées des « unités écologiques » c'est-à-dire des ensembles présentant tous les objets d'un lieu particulier, tels qu'ils étaient dans leur contexte naturel (l'intérieur d'une ferme de Basse-Bretagne, une forge du Queyras, une laiterie, ou buron, sur l'Aubrac). Leur reconstitution dans le musée a nécessité un rigoureux travail de repérage, démontage puis remontage de ces unités prélevées de leur milieu d'origine. Des vitrines thématiques permettent de présenter, en les décomposant, toutes les étapes du processus d'acquisition – transformation tel qu'il était mis en œuvre. « Du blé au pain », par exemple, indique toutes les séquences (gestes et objets) depuis la préparation de la terre jusqu'à la consommation du pain.

La galerie culturelle s'organise en quatre parties: « techniques », « institutions », « coutumes et croyances » et « arts populaires. » Chacune de ces thématiques est explorée sous différents aspects. Pour ce qui est des « techniques », douze thèmes sont présentés dans les galeries, dont « cueillette et chasse », « pêche », « de la vigne au vin », « de l'arbre à l'établi », « de la terre au pot. »

Le transfert à Marseille[modifier | modifier le code]

Malgré de nombreux atouts, le bâtiment du MNATP, situé en bordure du Jardin d'acclimatation, se révèle inadapté[réf. nécessaire]. Dans la mesure où le musée se trouve géographiquement éloigné du centre de Paris et que ses thématiques ne sont presque pas renouvelées au fil des ans apparaît alors progressivement un décalage par rapport aux attentes du public. À cela s'ajoute un désintérêt, constaté dans tous les pays d'Europe, vis-à-vis des musées d'ethnologie[réf. nécessaire]. Dans un tel contexte, sur décision du ministère de la Culture et de la Communication, le MNATP est fermé au printemps 2005 et son démontage commence en 2010. Ses collections sont transportées à Marseille, formant le coeur d'un nouveau musée, le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MUCEM), consacré surtout à la Méditerranée.

Réalisé par l'architecte Rudy Ricciotti sur le môle J 4 du port de la Joliette, relié par une passerelle au site du Fort Saint-Jean, avec des réserves basées dans le quartier de la Belle de Mai dans un bâtiment construit par Corinne Vezzoni, ce musée, dont l'ouverture a lieu le 7 juin 2013, synthétise à la fois le passage des cultures populaires françaises aux civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, des riches collections nationales aux collections internationales mais également des recherches, initialement centrées sur l'ethnologie française, vers une approche transdisciplinaire, concernant les sociétés dans leur totalité et dans l'épaisseur du temps.

Ses collections sont constituées principalement à partir de celles de l'ancien MNATP, mais également à partir de celles du département Europe du Musée de l'Homme reçues en dépôt en 2005, et d'œuvres provenant d'autres musées nationaux. En plus de ces dépôts, une politique d'acquisition, sous forme d'achats, de donations ou d'enquêtes-collectes de terrain est réalisée avec l'accord et le concours des musées et des centres de recherche partenaires dans les pays concernés.

Le nouveau musée, n'étant pas construit seulement autour des collections mais aussi du public et de ses interrogations, est consacré à la conservation, l'étude, la présentation et la médiation d'un patrimoine anthropologique relatif à l'aire européenne et méditerranéenne. Il fonctionne comme un forum, un lieu de débats, où les présentations de référence et les expositions temporaires s'articule autour de grandes questions de société. Le nouveau musée est considéré comme un lieu vivant de rencontres, de débats et de créations.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :