Microencapsulation

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La microencapsulation est un procédé par lequel on enferme un produit, solide, liquide ou pâteux, dans des microparticules. Si ces microparticules sont creuses (vésiculaires) on parle de microcapsules, si elles sont pleines (matricielles) on parle de microsphères.

Leur taille varie de 1 µm à plus de 1000 µm. Ces microparticules peuvent être biodégradables ou non.

Tout l'intérêt des microcapsules réside dans la présence d'une membrane, qui isole et protège le contenu du milieu extérieur. Selon les cas, la membrane sera détruite lors de l'utilisation pour libérer son contenu (exemple : encarts publicitaires "scratch and sniff" libérant le parfum lorsqu'on écrase les microcapsules), ou bien la membrane restera présente tout le long de la libération du contenu, dont elle contrôlera la vitesse de diffusion (exemple : encapsulation de médicaments pour libération ralentie)[NB 1].

Selon les molécules encapsulées, il existe des applications dans les domaines de l'agriculture (engrais), de la santé (médicaments), mais aussi en cosmétique (parfum) etc. C’est en recourant à la microencapsulation qu’une marque est parvenue à atteindre une concentration de 31 % d’essences de parfums dans la formulation d‘une poudre cosmétique compactée dénommée « poudre de parfum ». Dans l'industrie du textile, ce procédé permet d'emprisonner un parfum persistant ou un actif cosmétique pour une action prolongée sur la peau. Dans ce dernier cas, on crée une émulsion huile dans l'eau, le produit cosmétique étant contenu dans l'huile, qui se présente alors sous une forme sphérique en suspension très pratique à encapsuler. Les microcapsules sont alors placées dans les fibres même du vêtement qui est appelé cosmétotextile.

Dans le domaine de la santé on utilise les microparticules afin de réaliser un dépôt d'une quantité de médicament qui se libérera lentement dans l'organisme. Ces microparticules peuvent être injectées en intra-musculaire, ou sous la peau ou dans tous tissus d'intérêt, comme le cerveau, le foie, l'espace intrathécal, etc. La libération du principe actif peut durer plus de six mois. Les microparticules peuvent également être utilisées en chimioembolisation : chargées de substance anticancéreuse, elles sont injectées via un cathéter sous contrôle radioscopique dans la microcirculation qui irrigue une tumeur. Les microparticules ont alors une double action : elles provoquent la nécrose de la tumeur par oblitération de ses capillaires nourriciers, et elles traitent la tumeur in situ en y libérant lentement l'agent anticancéreux.

Les polymères les plus utilisés en santé sont les dérivés des acides lactiques et glycoliques (PLGA, PLA), l'éthyl-cellulose, ou la poly-epsilon-caprolactone qui sont biodégradables[NB 2].

Les principaux procédés pour réaliser l'encapsulation de substances dans des microparticules sont la polymérisation interfaciale, la réticulation interfaciale, l'émulsion suivie d'une évaporation ou d'une extraction du solvant, la double émulsion évaporation/extraction de solvant, le spray drying, le prilling, la coacervation.

Le choix final du type de technique et de la nature des constituants de la membrane dépend de l'application et des facteurs tels que la dimension particulaire, l'épaisseur de la paroi, l'imperméabilité, la stabilité thermique, la dégradabilité, et la compatibilité et l'adhérence à l’environnement de l'utilisation finale.

Ces techniques sont utilisées pour réaliser des microcapsules thermochromiques.

La bioencapsulation constitue un domaine particulier de la microencapsulation. La bioencapsulation consiste à encapsuler un matériel actif d’origine biologique, dans des sphères ou des capsules de diamètre variable. Le matériel encapsulé peut être une enzyme, un peptide, de l’ADN, ou bien même des cellules vivantes, des micro- organismes, etc. avec des applications multiples dans des domaines aussi variés que la thérapeutique, l’agriculture, l’environnement ou l’industrie alimentaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une modélisation de la libération de l'actif à partir de systèmes microparticulaires est donnée dans les travaux de Peppas ou de Siepmann dans la base MEDLINE
  2. Des informations complémentaires sur les PLGA/PLA dans les travaux de M. Vert et ses collaborateurs dans la base Medline

Voir aussi[modifier | modifier le code]