Le Club du suicide

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Club du suicide est un recueil de nouvelles écrit par Robert Louis Stevenson, auteur du célèbre Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde et de L'Île au trésor. Ce recueil comprend trois nouvelles : L'Histoire du jeune homme aux tartelettes à la crème, L'Histoire du docteur et de la malle de Saratoga, et L'Aventure du fiacre. Ces trois nouvelles sont comprises dans le recueil Les Nouvelles mille et une nuits publié en 1882, et composé de six parties (dont la première est Le Club du suicide).

Les personnages[modifier | modifier le code]

Dans ces trois nouvelles, les personnages principaux sont le Prince Florizel de Bohême et son Grand Écuyer, le colonel Géraldine. Le lien entre eux est très fort, malgré le fait qu'il ne soit pas sur le même plan hiérarchique. Une confiance, une complicité et une immense amitié règnent entre eux.

L'Histoire du jeune homme aux tartelettes à la crème[modifier | modifier le code]

La première nouvelle, définit le cadre, l'histoire générale des suivantes. Elle se situe à Londres, où le Prince Florizel et le colonel Géraldine se déguisent pour aller boire quelques verres sans être reconnus. Un jeune homme entre dans ce bar, et propose à chacun une tartelette à la crème, et si la personne refuse, la mange lui-même. Ils sont intrigués par le comportement de ce jeune homme. Ils acceptent la tartelette à la crème à la condition que le jeune homme, en retour, dîne avec eux. Ils accompagnent donc le jeune homme dans la fin de sa tournée. C'est seulement à la fin du repas que le Prince questionne le jeune homme sur les raisons de son action. Ce dernier répond : « J'étais résolu à couronner ma vie d'absurdités par une suprême folie. » Ses seules raisons relèvent donc de son amusement personnel, mais aussi du fait qu'il ne lui reste plus que quatre-vingt livres de toute sa fortune, dont il a décidé d'employer quarante livres à s'amuser tout au long de la journée. Il dit au Prince « J'ai passé une journée des plus divertissante, jouant nombre de tours en dehors de celui des tartelettes à la crème qui m'a valu le plaisir de faire votre connaissance ». Il garde les autres quarante livres pour un usage particulier, celui d'entrer dans un étrange club : le Club du Suicide. Il leur propose d'y adhérer aussi, sans réellement en expliquer le fonctionnement. Le Prince, piqué de curiosité et d'humeur à plonger dans l'aventure, accepte l'offre, malgré la réticence du colonel Géraldine. Tous trois se rendent donc dans au club, en rencontrent le Président et y adhèrent, sans en connaître le principe véritable. Ils découvrent un lieu fermé, un peu enfumé, où une vingtaine de personnes s'amusent gaiement, accompagnés de verres de champagne. Ce club apparaît tout à fait ordinaire au premier abord, seulement le Prince et le Colonel soupçonnent des activités illicites. Pendant assez longtemps, le fonctionnement du club reste néanmoins mystérieux pour le Prince et son Grand Écuyer. Mais un des convives explique un jour au colonel Géraldine le principe du Club du Suicide : chaque soir, le hasard d'un jeu de carte désigne un « suicidé » et son « suicideur »… Le Président invente chaque fois des stratagèmes pour camoufler le meurtre, parfois très simples, parfois un peu tordus ; il n'empêche que jamais il ne s'est fait démasquer. Le Prince et le colonel sont scandalisés par ce système, mais le Prince veut aller au bout de son entreprise : il y retourne donc le lendemain soir. Sauf que ce soir-là, par malchance, mais surtout par hasard, c'est lui-même qui est désigné comme suicidé. Il ne sait comment remédier à ce destin qui lui est imposé... Le colonel Géraldine réussit à le sauver avant que son meurtrier ne l'atteigne, en simulant un faux enlèvement. Le Prince « avait beau être résolu à affronter son sort, c'est avec une joie sans mesure qu'il cédait à la force de l'amitié, et renaissait à la vie et à l'espoir. » Il décide alors de récompenser Géraldine. Le Prince, qui veut bien sûr mettre fin à ce club et le démanteler, décide de traquer le Président pour le tuer en duel. À sa demande, Géraldine confie cette mission à son frère. Mais l'entreprise qui ne s'avèrera pas si simple…

L'Histoire du docteur et de la malle de Saratoga[modifier | modifier le code]

Au premier abord, il ne semble exister aucun lien entre la première et la seconde nouvelle. Les lieux, les personnages, et même l'intrigue, sont complètement différents. Silas Q. Scuddamore, un Américain assez simple et inoffensif, mais fortuné, étudie « les charmes de Paris du septième étage de ce qu'on appelle un hôtel meublé, situé dans le quartier latin ». Il est curieux, bavard, parfois même indiscret dans ses questions. Par une étrange machination, il retrouve un cadavre dans son lit, dont il ne sait que faire.

L'Aventure du fiacre[modifier | modifier le code]

La dernière nouvelle semble également sans rapports avec les précédentes du recueil. Le lieutenant Brackenbury Rich, officier de profession, veut découvrir les plaisirs de Londres, mais ne sait trop où aller. Comme il se met à pleuvoir, il monte dans un fiacre et dit au cocher de l'emmener où il veut. Celui-ci l'emmène à une réception chez Monsieur Morris. En fin de récit réapparaissent le Prince Florizel et le Colonel Géraldine, qui révèlent les machinations dont ont été victimes Silas Q. Scuddamore et le lieutenant Brackenbury Rich, résultats des stratagèmes du Président du Club du Suicide, maintenant traqué par le Prince Florizel, Géraldine et son frère.

Les thèmes récurrents de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Le hasard[modifier | modifier le code]

Dans ce recueil de nouvelles, un thème principal est récurrent (en dehors de la mort) : c'est celui du hasard. Le hasard est présent partout, dans les évènements, dans les rencontres, etc. C'est par hasard que le Prince rencontre le jeune homme aux tartelettes à la crème, et le concept du club du suicide est un jeu de carte également basé sur le hasard. Dans la troisième nouvelle, c'est par hasard que l'officier croise et monte dans le fiacre qui va l'emmener au Prince Florizel. Mais surtout, c'est par hasard que l'Américain ou l'officier se retrouvent mêlés à la traque du Président du Club du Suicide.

La justice[modifier | modifier le code]

Un deuxième thème important de ce recueil est celui de la justice, incarné par le Prince Florizel de Bohême. C'est un prince, il incarne donc une autorité supérieure qui a du pouvoir : il pourrait l'utiliser en bien comme en mal. Toute sa personne incarne le respect. C'est un homme bon, on peut le voir rien qu'avec la relation qu'il entretient avec le colonel Géraldine, il est loin de mettre en avant sa supériorité hiérarchique. De plus, en traquant et en voulant punir le Président du Club du Suicide, il ne cherche qu'à rétablir la justice. Lorsqu'il va juger les membres du club du suicide, il s'exprime, certes avec une extrême sévérité, mais avec justice et recul.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]