Grégoire Girard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Grégoire Girard, de son nom complet Jean-Baptiste-Melchior-Gaspard-Balthasar Girard né le 17 décembre 1765 à Fribourg, mort le 6 mars 1850 dans cette même ville et surnommé Père Girard, est un pédagogue suisse. Il a participé au projet de l'éducation publique en Suisse sous Napoléon. Il a aussi développé des théories sur l'éducation physique, il était un grand admirateur de Jahn.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans le quartier du Bourg de Fribourg le 17 décembre 1765, Jean-Baptiste-Melchior-Gaspard-Balthasar Girard est le fils d’une famille patricienne de la ville[1].

Après avoir suivi les études secondaires données par le collège des jésuites de Fribourg, il part pour Lucerne où il entre en 1782 dans l'Ordre des frères mineurs et y prend le nom de Grégoire[1]. Il suit ensuite des études de philosophie et de théologie à Wurtzbourg de 1783 à 1788[2].

Il retourne ensuite à Fribourg où il est l'un des promoteurs de l'« école mutuelle » en appliquant la méthode d'Andrew Bell. Il crée des classes qu'il appelle « cours gradués » où il s'efforce de respecter le rythme de chacun ; dans ces classes, le monitorat par petits groupes d'élèves est systématique : ces groupes sont pris en charge par des élèves dont le niveau est plus élevé en grammaire et en mathématiques[note 1]. Pour ce faire, il obtient en 1807 de la ville de Fribourg la construction d'une école basée sur de grandes salles de cours, permettant de réunir près de 300 élèves, tous disposant d'une place assise ainsi que d'une tablette[3]

En tant que membre du Conseil académique du canton de Fribourg, il adresse un rapport intitulé Projet d’éducation publique pour la République helvétique à Philipp Albert Stapfer, nouveau ministre des arts et des sciences de la jeune République helvétique, dans lequel il préconise la création d'un institut d'éducation publique chargé d'éduquer les élèves en développant son amour du devoir et sa volonté de servir la patrie[4].

Il décède le 6 mars 1850 dans sa ville natale[2], entouré par la communauté fransiscaine de Fribourg[1]. Sur proposition du député Alexandre Daguet[note 2], le Grand Conseil fribourgeois décrète le même jour que le Père Girard a mérité de la patrie et décide quelque temps plus tard d’ériger une statue en son honneur[1]. Cette dernière, sculptée par Joseph Volmar et installée sur la place des Ormeaux de Fribourg, est inaugurée en 1860[1].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Grammaire des campagnes, à l'usage des écoles rurales du canton de Fribourg, François-Louis Piller,‎ 1821 (lire en ligne)
  • Explication du « Plan de Fribourg en Suisse », Lucerne, 1827.
  • Parallèle entre la philosophie et la physique, Fribourg, 1840.
  • De l'enseignement régulier de la langue maternelle dans les écoles et les familles, Dezobry, E. Magdeleine et Cie,‎ 1846 (lire en ligne)
  • Cours éducatif de langue maternelle à l'usage des écoles et des familles, Dezobry, E. Magdeleine et Cie,‎ 1847 (lire en ligne)
  • Cours éducatif de langue maternelle, Dezobry, E. Magdeleine et Cie,‎ 1850 (lire en ligne)
  • Projets d'éducation publique, Fribourg, Société fribourgeoise d'éducation,‎ 1950

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Albert Dubray, Catholic Encyclopedia (1913), « Jean-Baptiste Girard »
  • Eugène Egger, Pater Gregor Girard,‎ 1948
  • (de) Traugott Weisskopf, « Pater Gregor Girard aus protestantischen Sicht », Politique de l'éducation et fédéralisme helvétique, no 175,‎ 1985, p. 18
  • (de) Paul Birbaum, Pater Gregor Girards Konzeption der Volksschule aus schulgeschichtlicher Perspektive, Berne, Lang,‎ 2002 (ISBN 978-3-906767-26-0)
  • Fritz Oser (dir.) et Roland Reichenbach (dir.), Père Grégoire Girard (1765-1850) : Son oeuvre, sa pensée pédagogique, son impact, Fribourg, Éditions universitaires,‎ 2002
  • « Grégoire Girard » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.

Références[modifier | modifier le code]

  • Notes
  1. Son activité est évoquée par Philippe Meirieu, Pédagogie : le devoir de résister, ESF, 2008
  2. Il est l’un des disciples du Père Girard.
  • Références
  1. a, b, c, d et e [PDF][Jean-Daniel Dessonnaz], « Le cordelier Grégoire Griard (1765-1850) », 1700 – Bulletin d'information de la ville de Fribourg, no 162,‎ février 2000, p. 8-9 (lire en ligne).
  2. a et b Eugène Egger, « Grégoire Girard » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne..
  3. [PDF] Simone Forster, Architecture solaire (lire en ligne), p. 2-3.
  4. [PDF]Marie-Thérèse Weber, « Grégoire Girard (1765–1850) et le «projet d'éducation publique pour la République helvétique » », 1700 – Bulletin d'information de la ville de Fribourg, no 170,‎ décembre 2000, p. 9-10 (lire en ligne).
  • Sites
  1. Site Internet du Père Grégoire Girard, géré par la Fondation du Père Girard à Fribourg