Index terminologique

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L’index terminologique est utilisé pour lister les termes significatifs utilisés dans un ouvrage, avec renvoi aux pages ou aux divisions internes auxquelles ils sont utilisés.

L'indexation d'un texte consiste à repérer dans celui-ci certains mots ou expressions particulièrement significatifs (appelés termes) dans un contexte donné, et à créer un lien entre ces termes et le texte original. Par exemple, les pages d'index d'un livre reprennent (parfois) les termes significatifs apparaissant dans le livre, et les relient aux pages ou divisions du livre où ces termes (ou leurs synonymes) apparaissent. Ceci facilite pour le lecteur la localisation des pages ou sections où l'on mentionne un sujet particulier. De même, la table des matières d'un livre est une forme (assez grossière) d'indexation.

Pour donner un exemple concret, cette page-même de Wikipedia est indexée par le terme « Index terminologique », ce qui permet de la trouver sans lire auparavant toutes les pages de « A » à « I ».

D'autre part, on peut indexer des objets qui ne soient pas nécessairement du texte : un catalogue de musée indexe les objets du musée, et pourrait comprendre un index de termes reliés à ces objets.

Historique[modifier | modifier le code]

La création d'un index repose sur la maîtrise du classement alphabétique. Cette méthode de classement, connue depuis l'Antiquité, a été à la base de la constitution des glossaires dans le haut Moyen âge occidental, les ancêtres de nos dictionnaires. Elle a aussi été utilisée dans la Souda, une grande encyclopédie byzantine que certains auteurs datent du Xe siècle. Elle s'est ensuite répandue lentement et a été appliquée au classement des sujets abordés dans un livre.

Les premiers index indépendants connus sont adjoints à des cartulaires, recueils de titre de propriété, de communautés ecclésiastiques, au tout début du XIIe siècle ; ils visent à en organiser de façon synthétique la matière dans l'ordre alphabétique des toponymes des bien-fonds concernés par les actes des cartulaires concernés. On connait notamment le Liber floriger du monastère de Farfa dans le Latium, rédigé par son archiviste Gregorio da Catino, vers 1130, qui fait suite et réfère aux compilations antérieures d'un Regestum et d'un Liber largitorius. On peut encore citer les tables alphabétiques du Liber de honoribus qui se trouvaient être en tête du Grand cartulaire du chapitre Saint-Julien de Broude, compilé c. 1100[1].

Plus tard, dans le milieu universitaire et monastique réformateur parisien des études bibliques et théologiques, la maîtrise de cette technique appliquée aux textes sacrés, et en premier lieu de la Bible, allait faire de Paris « le centre de création d’index le plus important du XIIIe siècle »[2]. En facilitant l'accès du lecteur aux questions qui l'intéressent dans un livre, l'index va favoriser l'essor de la curiosité intellectuelle. Henri-Jean Martin estime à ce propos que l'invention des index a été une « révolution comparable à celle de l’informatique »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean BERGER, "Indexation, memory, power and representations at the beginning of the 12th century : The rediscovery of pages from the tables to the Liber de honoribus, the first cartulary of the collegiate Church of St. Julian of auvergne (Brioude)", dans The indexer, vol. 25, n° 2, 2006, p. 95-99. [version française disponible sur le site de la revue et originale sur Academia]
  2. Mary & Richard HOUSE (1983), « La naissance des index » dans Henri-Jean Martin et Roger Chartier (dir.), Histoire de l’édition française, tome I, pp. 77-86.
  3. Henri-Jean MARTIN (2004), Henri-Jean Martin et les métamorphoses du livre. Entretiens avec Jean-Marc Chatelain et Christian Jacob, Paris, Albin Michel, p. 226.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Jacques Maniez, Dominique Maniez, Concevoir l'index d'un livre. Histoire, actualités et perspectives, Paris, ADBS, 2009, 232 p. (ISBN 9782843650994)