Fort Boyard

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Fort Boyard
Image illustrative de l'article Fort Boyard
Type Fort
Architecte Génie militaire français
Début construction 1804
Fin construction 1857
Propriétaire initial Armée française
Destination initiale Place forte
Prison
Propriétaire actuel Conseil général de la Charente-Maritime
Destination actuelle Lieu de tournage du jeu télévisé Fort Boyard
Protection  Inscrit MH (1950)
Coordonnées 45° 59′ 59″ N 1° 12′ 50″ O / 45.99966, -1.21392 ()45° 59′ 59″ Nord 1° 12′ 50″ Ouest / 45.99966, -1.21392 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Commune Île-d'Aix

Géolocalisation sur la carte : Charente-Maritime

(Voir situation sur carte : Charente-Maritime)
Fort Boyard

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Fort Boyard

Le fort Boyard (prononciation : [bwajaʀ] — plus rarement : [bɔjaʀ] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter) est une fortification située sur un haut fond formé d'un banc de sable à l'origine, appelé la « longe de Boyard » qui se découvre à marée basse et est situé dans le Pertuis d'Antioche entre l'île d'Aix à l'est, l'île d'Oléron à l'ouest, l'île Madame au Sud et l'île de Ré au Nord, appartenant à l'archipel charentais et rattachée au cadastre de la commune de l'Île-d'Aix[1], dans le département de la Charente-Maritime.

Si la construction d'un dispositif défensif sur la « longe de Boyard » est envisagée dès le XVIIe siècle, le projet n'est concrétisé que dans le courant du XIXe siècle. Édifié afin de protéger la rade, l'embouchure de la Charente, le port et surtout le grand arsenal de Rochefort des assauts de la marine anglaise, il est transformé en prison quelques années à peine après son achèvement. L'édifice est, dorénavant, essentiellement connu pour le jeu télévisé du même nom, tourné sur place depuis 1990.

Le fort Boyard fait partie intégrante de l'Arsenal maritime de Rochefort qui s'étend tout au long de l'estuaire de la Charente. C'est aujourd'hui une propriété du conseil général de la Charente-Maritime[2].

Il fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 1er février 1950[3].

Présentation[modifier | modifier le code]

Le fort, de forme oblongue, mesure 68 mètres de long dans l'axe sur 31 mètres de large[4], pour une superficie au sol de 2 065 m2 et totale de 2 689 m2. La cour intérieure mesure 43 m de long dans l'axe, 12 m de large et sa surface est de 565 m2. Les murs d'enceinte culminent à 20 mètres depuis les fondations. Il est construit sur un banc de sable nommé « longe de Boyard » qui a donné son nom au fort[2]. Il est visible depuis Fouras, depuis l'île d'Oléron, depuis le pont qui relie le sud de l'île au continent, depuis le phare de Chassiron par beau temps, à l'extrême nord de l'île ainsi que d'une bonne partie de la côte Est de celle-ci, notamment depuis Boyardville, mais aussi depuis la ville de La Rochelle et bien sûr de la côte ouest de l'Ile d'Aix, où de nombreux touristes viennent en été voir le fort de plus près.

De 1995 à 2002, dans le cadre d'animations organisées par des groupements de communes et le conseil général, les « Sites en Scènes », un feu d'artifice y était tiré depuis son couronnement supérieur, le 14 juillet, visible depuis toutes les plages des alentours. Ce feu d'artifice contenait des milliers de fusées et durait, en moyenne, une trentaine de minutes avec, en simultané, la 1re version (1989) du générique de l'émission (composé par Paul Koulak), diffusée en boucle sur une radio locale.

L’histoire[modifier | modifier le code]

Premier projet[modifier | modifier le code]

Photo satellite de la NASA centrée sur le fort.

Le fort est construit afin de protéger l'arsenal de Rochefort[2], l'un des plus prestigieux de l'empire. La raison exacte de la construction de ce fort, en sus des batteries de canons disponibles sur les côtes des différentes îles, est que la portée des canons de l'époque (1 500 m environ) était trop faible au regard des 6 km séparant Aix et Oléron, et qu'il restait donc une zone hors d'atteinte entre les deux îles[5].

Dès la fin de construction de l'arsenal (1666), la nécessité d'une protection est évoquée : on envisage la longe de Boyard comme base pour la construction mais, après les différents relevés, Vauban dit à Louis XIV, en ironisant : « Sire, il serait plus facile de saisir la Lune avec les dents que de tenter en cet endroit pareille besogne[6]. »

Ce premier projet en restera donc là.

Résurgence du projet et premiers travaux des assises du fort (1801-1809)[modifier | modifier le code]

Il faut ensuite attendre le tout début du XIXe siècle pour que la question redevienne d'actualité.

En 1801, profitant d'une courte trêve dans la guerre qui oppose la France à l'Angleterre depuis 9 ans déjà, Bonaparte, 1er consul, approuve un nouveau projet qui ambitionne l'édification d'un fort de 80 mètres sur 40.

Les travaux commencent dès 1803, avec la construction d'un camp de base sur l'île d'Oléron : le futur village de Boyardville.

Quant aux travaux en mer à proprement parler, ils sont entamés en 1804 : le 11 mai, on pose un premier bloc de 7 m3 surmonté d'une balise en fer et entouré d'un enrochement. Les blocs sont prélevés à l'explosif sur l'île d'Aix, à la pointe de Coudepont, côté nord, et transportés sur le chantier par gabarres. Les travaux se poursuivent dans les mois qui suivent, mais sont alors ralentis par les moyens trop modestes mis à leurs dispositions : les navires manquent et ils sont si lourdement chargés que l'un coule lors d'un transport, avec 6 hommes à bord. Quant à la protection du chantier, elle n'est assurée que par un seul navire de guerre, le brick « Polaski », ce qui impose de tout arrêter en septembre, lorsqu'une escadre anglaise pointe le nez. L'hiver venu, malgré cela, près de 11 000 m3 de roches sont déversés sur le site.

Les moyens sont renforcés l'année suivante et à la fin de celle-ci, 26 000 m3 sont déjà en place. On construit un premier mur afin d'en tester la résistance aux vagues ; mais le test se révèle négatif, les tempêtes de l'hiver renversent tout.

Encore 16 000 m3 en 1806, la plateforme est désormais visible à marée basse et on construit une première assise avec des blocs de 3 m3, emportés par les tempêtes de l'hiver suivant.

La logistique est renforcée une nouvelle fois, en 1807 : on est alors à 27 navires (186 membres d'équipage) et, au moins, 600 ouvriers. Pour l'assise dont la construction est recommencée, on emploie cette fois des blocs de 10 m3, des joints à la chaux et de « forts crampons de fer » sur le pourtour. Mais, la masse de rochers est alors si lourde (60 000 m3) qu'elle s'enfonce de plus d'un mètre sous son propre poids, augmentant ainsi le volume total d'enrochement nécessaire. Et, de nouveau, les tempêtes de l'hiver infligent des dégâts à l'assise. En plus, les salaires n'arrivant plus (les coûts estimés sont largement dépassés et les crédits suspendus), les ouvriers se mutinent.

Napoléon, sur place en août 1808, révise le projet à la baisse - le projet est réduit à une dimension de 40 mètres par 20 - et les travaux reprennent en 1809. Le 1er avril, une frégate anglaise qui mitraille les ouvriers s'aperçoit que le fort n'est pas défendu. S'ensuit alors la désastreuse bataille des « brûlots », du 11 au 15, autour de l'île d'Aix, conduisant à la suspension des travaux sur la longe de Boyard [2].

Une nouvelle suspension (1809)[modifier | modifier le code]

Les vaisseaux français aux prises avec les brûlots ennemis, le 11 avril 1809 au soir. Peinture de Louis-Philippe Crépin.

La bataille de l'île d'Aix : début avril 1809, une escadre de 11 vaisseaux de ligne français et 4 frégates est rassemblée en rade devant l'embouchure de la Charente, sous les ordres du vice-amiral Zacharie Allemand, en vue d'appareiller pour porter des renforts aux Antilles, malgré le blocus maintenu par les Anglais. Les navires français sont ancrés à l'embouchure de la Charente, à l'abri des forts de l'Île d'Aix et de Fouras et sont étroitement surveillés par une escadre anglaise sous les ordres de Lord Gambier, qui mouille un peu au nord, dans la rade des Basques. Le 11 avril au soir, profitant d'un vent et d'une marée favorables, les Anglais lancent vers les navires français une trentaine de brûlots. Certains viennent menacer dangereusement les vaisseaux français qui, précipitamment abandonnent leur mouillage et dans la pagaille se retrouvent drossés sur la côte par le vent et la marée montante ; quatre vaisseaux et une frégate s'échouent, tandis que les autres navires perdent l'avantage de la protection des forts de la rade. Le lendemain, à l'aube, les Anglais en profitent pour canonner à petite distance les navires français immobilisés ou y mettre le feu. L'escadre française perd 4 vaisseaux et une frégate. Ainsi sont ruinés les espoirs de renforts pour les colonies menacées aux Antilles. Et finalement, en juin 1809, la construction du fort, pour fermer la rade, est durablement suspendue[2].

La construction (1841 - 1857)[modifier | modifier le code]

Vue aérienne.1990

Il faut attendre le règne de Louis-Philippe et le regain des tensions entre Français et Britanniques pour que le projet reprenne : en 1841, celui-ci est redéfini et des crédits sont débloqués[7].

Depuis 1809, l'enrochement mis en place à l'époque s'est de nouveau enfoncé d'un mètre environ par rapport au niveau de la mer ; mais, par contre, le temps écoulé lui a permis de se stabiliser et le nouveau chantier peut donc être mené sur des bases saines.

Une nouvelle méthode est mise en œuvre pour la construction des assises : ce ne sont plus des rocs qui sont coulés mais des caissons de chaux, fabriquées sur le camp de base de l'Île d'Oléron et transportés par gabarres pour être mis en place à marée basse avec une grue à vapeur amenée sur le chantier. Les équipes se relaient jour et nuit pour accélérer le travail et rattraper le temps perdu. Finalement, en 1848, la construction du socle s'achève, s’élevant à deux mètres au-dessus du niveau de la mer à marée haute. La construction du fort à proprement parler commence alors en 1849, le génie prenant la relève des entreprises ayant construit l'assise, et prendra une dizaine d'années. Les pierres provenant des carrières de Crazannes sont transportées sur la Charente et acheminées jusqu'au chantier par bateau.

  • 1852 : la construction du rez-de-chaussée s'achève (cote niveau + 3,50 m) : citernes, magasins à poudre et vivres, cuisines[2] ;
  • 1854 : fin de la construction du premier étage (cote niveau + 8,80 m) : logements d'officiers et employés, etc[2] ;
  • 1857 : la construction du fort s'achève avec le second étage (cote niveau + 13,90 m) : idem + commandant, officiers, infirmerie, et terrasse avec son couronnement (cote niveau + 19,00 m) et enfin la tour de vigie (+ 27,00 m) au-dessus des plus hautes eaux[2].

Les premiers canons sont mis en place en 1859.

Le havre d'abordage et l'éperon brise-lames (1859 - 1866)[modifier | modifier le code]

La face sud en partie et la tour de vigie.

Un problème majeur est sous-estimé par l'armée : en effet, en raison du peu de fond autour du fort, l'accès par le grand escalier de granit est quasiment impossible à marée basse ou lorsque la mer est agitée. Et, lors de tempêtes, les vagues montent jusqu'au sommet du fort, inondent la cour intérieure et font trembler l'édifice. Il est même arrivé que le fort ne puisse être ravitaillé pendant plusieurs mois et qu'un canon soit délogé de son affût.

Deux jetées provisoires s'ouvrant à 30 degrés sont construites dès 1850 au sud pour les besoins du chantier. De conception légère, elles sont reconstruites en 1852 après avoir été emportées par les flots.

Pour remédier à la situation, la construction d'un havre d'abordage (dit barachois), au sud-est sous la tour de vigie, et d'un brise-lames ouvert sur l'arrière, au nord-ouest, empêchant les vagues de frapper directement la paroi du fort, est décidée en 1859.

Dans un premier temps, il est prévu, pour ce havre, deux jetées de 22 m de long et de 4 m de large et, pour le brise-lames, une muraille en forme de chevron, située à 20 m du fort, constituée de blocs de 20 et 26 m3. La construction du havre est partiellement réalisée, tandis que celle du brise-lames se heurte à des problèmes importants, semble-t-il en raison du dispositif de manutention (engin muni de flotteurs et de palans) mis en œuvre pour sa réalisation.

Le projet est alors ré-étudié en 1864 : le brise-lames est remplacé par un simple éperon rocheux, triangulaire et accolé à une extrémité du fort, tandis qu'une digue abritant le havre d'abordage s'ajoute aux jetées qui sont prolongées de 8 m. Un nouveau dispositif de manutention des blocs est utilisé pour le chantier qui, cette fois-ci, est mené à bien.

Cela marque le terme de la construction du fort dans son ensemble ; le procès-verbal annonçant la fin de la totalité des travaux est signé le 6 février 1866.

Premières utilisations[modifier | modifier le code]

Vue générale du fort (façade Est).

Le fort peut alors accueillir deux-cent-cinquante hommes durant deux mois sans contact avec le continent. Mais, entre les premiers projets et l'achèvement de la construction, la portée des canons a augmenté et l'utilité du fort s'en trouve limitée. Il reste tout de même une construction importante sur la mer, au même titre que certains phares. Son utilisation militaire n'est jamais celle qu'elle aurait dû être. Il devient alors la cible des pillards et plus personne ne sait quoi en faire. Il sert de prison pour des soldats prussiens de la Guerre franco-prussienne de 1870, puis pour les prisonniers politiques de la Commune, parmi lesquels Henri Rochefort et Paschal Grousset[2].

Quelque temps plus tard, du fait de son inutilité, un projet voit le jour et propose de raser le fort entièrement, ne laissant que la base en granit, pour installer deux grandes tourelles automatiques, se levant et s'abaissant sur elles-mêmes ; cependant, ce n'est pas mis en exécution à cause des opposants à celui-ci[8].

Finalement, en 1913, l'armée s'en sépare et les canons sont revendus. Durant la Seconde Guerre mondiale, il sert de cible d'entraînement aux Allemands.

Depuis le 1er février 1950, le fort Boyard est inscrit au titre des Monuments historiques par le Ministère de la Culture. De ce fait, l'accord de l'architecte des bâtiments de France est désormais nécessaire avant toute modification de l'état des lieux.

Observatoire marégraphique[modifier | modifier le code]

Un premier observatoire marégraphique est installé par les ingénieurs hydrographes en 1859 au Fort Enet, à l'extrémité nord de l'estuaire de la Charente (extrémité de la pointe de la Fumée). Des problèmes d'envasement régulier de son puits de tranquillisation poussent l'ingénieur hydrographe Jean Jacques Anatole Bouquet de La Grye à rechercher un autre emplacement pour réaliser les mesures du niveau de la mer dans le pertuis d'Antioche. En 1869, des travaux sont réalisées dans la jetée nord du barachois et, en 1873, le marégraphe est transféré du fort Enet au fort Boyard. Le 11 août de la même année, les premières observations du niveau de la mer sont réalisées. Il fonctionne jusqu'en 1919[réf. nécessaire][9].

Abandon, rachat et seconde vie[modifier | modifier le code]

L'entrée du fort, côté sud-est, utilisée en présence du havre d'abordage.

À l'abandon pendant 80 ans, le fort Boyard est devenu le domaine des oiseaux de mer qui, avec le vent, y ont apporté de la végétation que les équipes de restauration ont enlevée afin de refaire l'étanchéité de la terrasse et de la cour intérieure.

Le 28 mai 1962, le fort est mis aux enchères au prix de 7 500 Francs. L'enchère est remportée pour 28 000 Francs par Éric Aerts, dentiste belge[10], à Avoriaz, qui semble s'être acheté le fort comme on s'offre un tableau[11]. En effet, personne, à commencer par lui, ne sait vraiment ce qu'il compte en faire[11], l'acquéreur n'ayant pas les moyens de l'entretenir, encore moins de le restaurer.

Plus tard, attristé par les dégâts causés par les pillards, il ne revient plus au fort, se contentant d'en faire le tour en bateau quand il vient dans la région. Il revend ce fort en novembre 1988, pour 1,5 million de Francs, à la société de production de jeux télévisés de Jacques Antoine qui le revend aussitôt au Conseil général de la Charente-Maritime pour un franc symbolique. En échange, le département s’engage à effectuer les travaux de réhabilitation et assure l’exclusivité de l’exploitation du lieu à JAC (Jacques Antoine et Cie, troisième producteur de jeux télévisés de l'époque). Dès lors, le lieu devient le cadre d'une émission télévisée.

La renaissance depuis la fin des années 1980[modifier | modifier le code]

Le fort Boyard et la plateforme offshore côté Ouest.

Encore propriété privée de la société de production, en 1988, le fort est partiellement nettoyé (enlèvements et évacuations des pierres, boulets et graminées sauvages de la cour, fermeture des soutes éventrées) afin de faire l'objet de visites de producteurs de chaînes de télévision de tous pays, intéressés par l'idée du jeu. Ce n'est qu'en juillet 1989, après le changement de propriétaire, que la rénovation totale du fort commence. Une mini plateforme offshore (toujours présente mais qui n'est jamais présente à l'écran) et une passerelle sont installées à vingt-cinq mètres du fort, sur la façade ouest, pour en permettre l’accès à partir d'un bateau, grâce à une grue à nacelle, l'accès étant devenu difficile, voire impossible, depuis la destruction du havre d’abordage du côté est, sous la tour de vigie. Cette plate-forme sert aussi à la logistique avec un groupe électrogène, des réserves d'eau potable et de matériels indispensables au tournage des émissions. Le fort est entièrement nettoyé, cinquante centimètres d'épaisseur de guano et 700 m3 de déchets divers sont évacués. Les ouvertures du fort, nettoyé, sont closes par des fenêtres, des portes et des volets. En automne, une plate-forme de déambulation, sorte de pont, est construite dans la cour, au niveau du premier étage, afin de desservir les cellules du premier. La construction des décors est arrêtée à cause de l'arrivée de tempêtes hivernales. Ce n'est qu'à partir du printemps 1990 que sont construits les derniers décors, comme la Salle du Trésor ou la vigie ; les derniers décors ne sont finis que peu de temps avant le tournage de la première émission.

En 1996, les plates-formes d’artillerie sont démontées et restaurées mais le fort, fragile, subit encore les dégâts de la mer. Après les tournages en 1998, le département décide d’entamer une nouvelle étape dans la restauration du monument : chaque pierre du couronnement et du sol de la terrasse est démontée puis réimplantée après avoir été nettoyée. L’hélicoptère employé pour les transports de matériaux et les travaux fait au total près de 6 000 rotations entre le fort et Boyardville durant l'hiver 1998/1999.

Cette restauration permet également un nettoyage complet des murs de façade avec contrôle du jointoiement des pierres, ainsi qu’une réparation d’un certain nombre de fissures. L’étanchéité de la terrasse est totalement refaite. L’emplacement de la pendule, non restaurée en 1989, est réparé en 1998 ; cette tranche de travaux dure de septembre 1998 à avril 1999. Durant l’hiver 2003-2004, la cour centrale est refaite.

Les dernières restaurations majeures datent de 2005 : colmatage, par injections de coulis de béton spécial, des assises fissurées du côté sud, effectué au printemps, juste avant les tournages du jeu télévisé fin été 2005 ; réfection totale de tous les murs de la cour (piliers des arcades compris). Il s'agit, pour l'équipe de tailleurs de pierre engagée, de remplacer les pierres endommagées, en travaillant sur la terrasse du fort pour tailler les pierres à remplacer aux dimensions voulues, après avoir fait venir la matière d'Oléron en hélicoptère, et de refaire les joints des murs.

Apparitions[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

Un documentaire de 52 min, réalisé par Bernard Flament, un des réalisateurs du jeu Fort Boyard, sur l'histoire du vaisseau de pierre, est diffusé en 2008, sur France 3 et TV5.

La Chasse aux trésors[modifier | modifier le code]

Le fort vue depuis l'île d'Aix ; en fond, l'île d'Oléron.

Le fort Boyard apparaît à deux reprises dans La Chasse aux trésors : dans une version test et une version diffusée sur Antenne 2[14].

Afin de présenter et valoriser son idée de jeu, Jacques Antoine tourne, en 1980, un pilote de La Chasse au Trésor, au fort Boyard. Cette version bêta comprend un seul candidat ; aucun membre de la future équipe du jeu n'est présent, à l'exception d'un des cadreurs. L'animateur de terrain, Marc Menant, doit se rendre au fort pour résoudre l'énigme ; l'hélicoptère n'étant pas présent, il doit vraisemblablement s'y rendre par bateau. L'émission ne plait pas, dans son ensemble, à la direction d'Antenne 2 ; Jacques Antoine doit améliorer le jeu en profondeur. Cependant, le pilote est présenté aux candidats, lors des premiers tournages, afin qu'ils comprennent la mécanique du jeu ; ceux-ci sont d'ailleurs étonnés de voir un nouvel épisode dans la forteresse, et ce lors de la première année d'existence du jeu télévisé.

En effet, tournée le 22 avril 1981, tôt le matin (en raison de problèmes de marée), et diffusée le 6 septembre 1981, le fort Boyard est l'une des étapes de l'émission, animée cette fois-ci par Philippe Gildas et Philippe de Dieuleveult. Afin de récupérer la tabatière de Napoléon et gagner 30 000 Francs (soit plus de 4 570 €), les candidats, aidés des deux animateurs et de documents sur le littoral charentais-maritime, doivent la localiser en déchiffrant l'énigme du jour, avant les 45 minutes imparties : « Je suis venu saluer l'Empereur une dernière fois sur le lieu de son embarquement. En souvenir, il m'a jeté une tabatière que j’ai enfouie, en passant, pendant mon retour, au pied d'un corps de pompe dans les soubassements d’un grand édifice en construction ».

Philippe de Dieuleveult explore les bâtisses aux environs de Fouras (Fort de la Rade et Fort Liédot, sur l'Île d'Aix, et Fort Enet à la Pointe de la Fumée) avant de sauter de l'hélicoptère dans l'eau froide pour aller récupérer à l'intérieur du fort Boyard la tabatière de Napoléon, l'hélicoptère ne pouvant se poser à cause du vent. Cette partie s'est révélée chaotique : une fois dans l'eau, le gilet de sauvetage, trop serré, fait suffoquer l'animateur ; l'hélicoptère, resté en vol stationnaire au-dessus de lui pour le filmer, empêche sa progression à cause du courant d'air créé par ses pales ; l'accès à la nage à l'escalier est relativement difficile à cause de vagues et remous. Finalement, Dieuleveult doit attendre plus de trois heures après la fin de l'émission pour que l'on puisse venir le rechercher.

Le jeu Fort Boyard[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fort Boyard (jeu télévisé).
Le fort Boyard et la mini plateforme off-shore pour l'accès d'un bateau.

Depuis 1990, le fort est le lieu de tournage du jeu de télévision éponyme (intitulé, en 1990, Les clés de Fort Boyard), créé par Jacques Antoine, Jean-Pierre Mitrecey et Pierre Launay, dans lequel une équipe de 5 candidats, entourée de personnages plus ou moins étranges, doit surmonter un certain nombre d'épreuves intellectuelles et physiques (rapidité, agilité, endurance, force, etc.), afin de pouvoir s'emparer de clés donnant accès à la salle du trésor et ouvrant des caches à énigmes à résoudre et, ensuite, s'emparer de pièces appelées boyard, en un temps limité puis les vider dans une bassine qui sera ensuite pesée.

L'émission est diffusée le samedi soir, chaque été, au mois d'août, depuis le 7 juillet 1990, d'abord sur Antenne 2, puis sur France 2 à partir de 1992 en France, mais, également, dans près de 70 pays à travers le monde (Canada, Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis, Israël, etc), contribuant ainsi à faire connaître le fort à un niveau international et permettant des retombées économiques dans le département via le tourisme ; une partie de ces retombées permet alors d'entretenir le bâtiment chaque année et d'effectuer des travaux de rénovation quand cela est nécessaire.

Depuis le 22 janvier 2014, une autre version de l'émission Fort Boyard est diffusée sur les ondes de TVA, au Québec.

Accès et logistique[modifier | modifier le code]

L'accès au fort se fait par vedette rapide, affrétée pendant la saison des tournages, de début mai à fin juin, à partir de la pointe de la Fumée (Fouras), pour le transport des équipes techniques de tournages, les animateurs, le personnel de service, les candidats et toute la logistique (eau, nourriture, évacuation des déchets, les animaux, etc). La vedette est souvent vue dans ses aller et retour pour les travaux d'entretien et de préparation de la nouvelle saison, pendant l'hiver et le printemps.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Le fort a servi de décor au tournage des films suivants :

  • Le Repos du guerrier, 1962 : selon certaines sources officielles[13],[15], bien que ceci ne soit avéré, le fort serait présent dans le film de Roger Vadim, notamment au travers d'une scène furtive, sur la terrasse, où Brigitte Bardot prend un bain de soleil ;
  • Les Aventuriers, 1967 : le fort apparaît dans le dernier tiers du film de Robert Enrico, une première fois sous forme de carte postale avant de faire l'objet de prises de vues intérieures et extérieures, pour le règlement de compte et la fusillade (Lino Ventura et Alain Delon), bouclant ainsi le film et le générique final. Ce serait grâce à ces images que Jacques Antoine a trouvé le lieu idéal pour son futur nouveau jeu d'aventure ;
  • Liberté-Oléron, 2001 : le fort apparaît lors d'une promenade en mer et lors des vues sur la mer dans ce film de Bruno Podalydès.

En musique[modifier | modifier le code]

En 2006, André Bouchet (Passe-Partout) interprète la chanson Je suis Passe-Partout du fort Boyard.

En littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans une série de nouvelles intitulées Les 13 Énigmes, publiées dans le magazine Détective[16], en 1929, et qui servirent de source d'inspiration pour la création du personnage du commissaire Maigret[réf. nécessaire] dont Georges Simenon situe l'action d'une des enquêtes sur le fort : Le Secret du fort Bayard. Bien que le nom soit déformé de Boyard en Bayard, tout laisse à penser que c'est du même monument que l'on parle[17]
  • Dan Mitrecey a écrit dix livres de jeunesse (parus aux éditions Fleurus) sur les aventures de jeunes en visite à Fort Boyard[18]
  • Monique Jambut, Les Amants du fort Boyard. Historique d'un vaisseau de pierre, Paris, éditions France Océane,‎ 1994, 294 p. (ISBN 2-9035-0467-9)
    roman historique[18]
  • Alain Surget (ill. Jean-Louis Serrano), Les Disparus du fort Boyard, éditions Rageot-Hatier,‎ 30 mai 1995 (ISBN 2-7002-3318-2)
    livre destiné à la jeunesse dont l'action se déroule dans le fort
  • Madelaine Tiollais, Les enfants du fort Boyard, éditions Bellier,‎ 2005 (ISBN 2-8463-1137-4)
    roman historique[18]

En jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Le fort Boyard est présent dans différents jeux vidéo, pour console portable ou ordinateur. Ces jeux s'inspirent tous du jeu télévisé du même nom ; cependant, si certains titres sont fidèles à l'émission (Fort Boyard : Le Défi ou Fort Boyard : Le jeu), d'autres seulement l'esprit des épreuves (Fort Boyard : Casse-têtes & Enigmes…) alors que d'autres ne s'en servent que comme base et s'orientent vers l'histoire de la forteresse (Fort Boyard : La légende où le joueur incarne un ancien candidat du jeu découvrant le trésor de Napoléon caché dans le fort) et, enfin, ceux qui s'en émancipent complètement (Fort Boyard : Millénium conte une histoire de science fiction…).

L'édifice est sujet également de création de map pour des jeux FPS en ligne, tel que Counter Strike et Half Life[19] ou Medal of Honor[20].

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. section AK 198, section A, numéro 01. Cf. le plan cadastral
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Jean de Saint Blanquat, « Fort Boyard », sur charente-maritime.fr (consulté le 30 décembre 2011)
  3. « Notice no PA00104714 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. « Fort Boyard », sur en-charente-maritime.com
  5. « L'Armement », Revue de la DGA, no 51,‎ mars 1996, p. 22
  6. « Fort Boyard : un chef-d’œuvre arrivé trop tard », sur charente-maritime.fr (consulté le 26 mai 2014).
  7. Loi du 25 juin 1841 sur les travaux publics extraordinaires. Bulletin des Lois no 832, IXe série.
  8. Boyard « Histoire d'un Fort : l'Aventure du Fort Boyard (documentaire de 52 min, retraçant l'histoire du fort », sur aquitaine.france3.fr,‎ 2008
  9. « Littoral charentais : Ile d'Aix, fort Enet, fort Boyard, La Rochelle, La Pallice - La Rochelle », sur refmar.shom.fr,‎ 27 mai 2013 (consulté le 28 mai 2014)
  10. « Télévision les coulisses de Fort Boyard », sur femmesdaujourdhui.be,‎ 28 mai 2008 (consulté le 26 mai 2014)
  11. a et b Pierre-Henri Marin, Fort Boyard, un château fort de la mer, Rupella,‎ 1990, p. 23
  12. Gérard Chagneau 1986, p. 15
  13. a et b Gérard Chagneau 1986, p. 24
  14. Kévin Tolbiac, « Revivez l’émission de La Chasse au Trésor à Fort Boyard ! », sur FortBoyard.net,‎ le 21 juillet 2007
  15. Pierre-Henri Marin 1991, p. 26
  16. « Le secret du fort Bayard - Nouvelle », sur association-jacques-rivière-alain-fournier.com
  17. Paul Mercier, « Simenon et les Charentais », L'Actualité Poitou-Charentes, no 53,‎ juillet 2001, p. 67 (ISSN 1761-9971, lire en ligne)
  18. a, b et c Aurélien Lecacheur, « Les enfants du fort Boyard(Madeleine Tiollais) », sur fortboyard.net,‎ 26 avril 2005
  19. « Maps pour Half Life et Counter-Strike », sur gaddy.fr (consulté le 10 juillet 2010)
  20. « Medal of Honor - Maps OPQR », sur axel68.fr (consulté le 10 juillet 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anatole Boisgard, Le scorbut observé dans le fort Boyard sur les détenus de la commune au point de vue de l'étiologie et du traitement, Rochefort, Imp. Ch. Thèze,‎ 1872, 51 p.
    Thèse de médecine
  • Gérard Chagneau, Les Cahiers d'Oléron : Le fort Boyard : vaisseau de pierre, monstre créateur, éditions Local,‎ 1986, 35 p.
    Livre retraçant le projet et la construction du fort Boyard ainsi que son utilisation
  • Pierre-Henri Marin, Fort Boyard : un château fort de la mer, éditions Rupella,‎ 1991, 32 p. (ISBN 2-8647-4054-0)
    Livre retraçant le projet et la construction du fort Boyard ainsi que son utilisation
  • N. Faucherre, Bastions de la mer - Le guide des fortifications de la Charente-Maritime, http://patrimoines-et-medias.pagesperso-orange.fr/accueil.html éditions Patrimoines et Médias,‎ 1993, 72 p. (ISBN 2-9101-3709-0)
    Description des projets, de la construction et des utilisations des différents forts du littoral charentais
  • Bruno Barbier, Les îles charentaises : Ré, Fort Louvois, Fort Boyard, Madame, Aix, Oléron, Rennes, Éditions Ouest-France,‎ 1998, 48 p. (ISBN 2-7373-2368-1)
  • Denis Cettour, Le mausolée : arts et techniques des roches de qualité, éditions Pierre Actual,‎ août 1999, 120 p., chap. 756
    Magazine sur les travaux des tailleurs de pierres revenant sur la restauration de la terrasse et de la corniche du Fort ainsi que divers points
  • N. Faucherre, P. Prost et A. Chazette -auteur4=F. Le Blanc, Les fortifications du littoral - La Charente Maritime, Éditions patrimoines et médias,‎ octobre 2000, 220 p. (ISBN 2-910137-17-1)
    Livre répertoriant les différentes fortifications du littoral charentais
  • Thierry Sauzeau, Petite histoire de Fort Boyard, Geste éditions,‎ 27 avril 2009 pages=110 (ISBN 2-8456-1528-0)
    Livre revenant sur le lieu géographique et l'histoire du Fort
  • Jean-Pierre Mitrecey, Les secrets de Fort Boyard, éditions Fetjaine,‎ 11 juin 2009, 287 p. (ISBN 2-3542-5170-X)
    Livre retraçant les 20 ans de l'émission télévisée Fort Boyard, revenant également sur la genèse avec, notamment, la découverte du fort et sa rénovation
  • Line Martin, Les Cahiers d'Oléron : Le fort Boyard en chiffres, L.O.C.A.L,‎ 1986, chap. 6

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]