Daniel Cohen (économiste)

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Daniel Cohen

Naissance (60 ans)
Tunis
Nationalité Français
Profession Économiste
Formation

Daniel Cohen est un économiste français né le à Tunis[1]. Ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (1973-1976), c'est un spécialiste de la dette souveraine[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Daniel Cohen est professeur d'économie à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (section mathématiques), vice-président de l'École d'économie de Paris, dont il a été l'un des membres fondateurs, et directeur du Centre pour la recherche économique et ses applications (CEPREMAP). Il est notamment membre du Conseil d’analyse économique (CAE) auprès du Premier ministre. Il est professeur à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne.

Daniel Cohen se définit comme un « économiste pragmatique[3]. »

Spécialiste de la dette souveraine, il est également conseiller à la banque Lazard[4],[5], avec laquelle il a conseillé le Premier ministre grec Geórgios Papandréou et le président équatorien Rafael Correa pour la renégociation de leur dette internationale. Cette fonction au sein d'une banque privée lui est cependant parfois reprochée comme présentant un risque de potentiel conflit d'intérêts[6],[7] et lui rapporterait, selon Médiapart, entre un et deux millions d'euros par an, somme qu'il conteste [8] .

Il a également participé, avec la Banque mondiale, à l' « initiative de réduction de la dette des Pays Pauvres Très Endettés » (initiative PPTE).

Il est par ailleurs éditorialiste au Monde et membre du conseil de surveillance de ce journal[9]. Il est président du conseil scientifique de la Fondation Jean-Jaurès. Il a présenté sur France 2 le , avec Erik Orsenna et Pierre Arditi, Fric, krach et gueule de bois : le roman de la crise, un magazine résumant l'histoire économique depuis les années 1970.

Sur le plateau de LCP, il reconnaît, en décembre 2011, être l'un des soutiens et des conseillers économiques de François Hollande.

Ses ouvrages ont tous été traduits en anglais (ils ont été édités par MIT Press aux États-Unis) et dans une dizaine d’autres langues. La revue Choice Magazine a désigné Globalization and Its Enemies comme l’Outstanding Academic Title de l’année 2006[10].

Lors de l'élection présidentielle française de 2012, il signe l'appel des économistes en soutien du candidat François Hollande[11].

Études[modifier | modifier le code]

Prix et décorations[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

Daniel Cohen est l'une des personnalités critiqués par le film documentaire français sorti en janvier 2012 Les Nouveaux Chiens de garde, lui même tiré de l'essai éponyme de Serge Halimi paru en 1997, qui explore les collusions entre les médias français et le pouvoir politique et économique français. Le film montre notamment un extrait de l'émission Face à Minc présentée par Alain Minc sur la chaîne Direct 8 le 7 juin 2008, où Daniel Cohen déclare que « La crise financière est à priori passée. Le risque que la crise financière dérape en crise systémique où les banques tomberaient comme des dominos, ça, ça semble écarté ». Trois mois plus tard, la crise des subprimes déclencha la crise bancaire et financière de l'automne 2008.

Pour l'économiste Frédéric Lordon, « C'est le propre de tout ce qu'il s'est passé avec cette crise. Elle a pris à revers, et là on le voit, c'est la séquence du contre-pied même, ça... Elle a pris à revers tous ces gens qui pendant 20 ans nous ont certifié que la déréglementation était le meilleur des systèmes. [...] C'est la démonstration à grand spectacle d'une colossale erreur ». Pour l'économiste Jean Gadrey, « Il y a un certain niveau de spéculation intellectuelle, répété, avec toujours le même type d'erreurs (et des erreurs énormes), qui devrait être également sanctionné. [...] A un moment donné, un système démocratique devrait interdire à ces gens là de conserver leur position, leur statut de grand expert, de grand prêtre, de ceux qui nous disent le vrai... Nous en sommes très loin »[12].

Daniel Cohen est une cible récurrente de l'association française de critique des médias, Acrimed[13].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Daniel Cohen montre que la prospérité et l'éducation ne suffisent pas à pacifier le monde, comme en témoigne l'histoire européenne, et met en garde contre l'idée que la mondialisation suffirait aujourd'hui à pacifier les relations internationales.
  • Avec Olivier jean Blanchard, Macroéconomie, Pearson Education, 4ème édition, 2010
  • 16 nouvelles questions d'économie contemporaine (tome 2), sous la direction de Philippe Askenazy et Daniel Cohen, Albin Michel, Paris, 2010
  • Homo Economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux, Albin Michel, Paris, 2012, 280 p. (ISBN 978-2226240293) (Prix du livre d'économie 2012)
  • 5 crises - 11 nouvelles questions d'économie contemporaine, sous la direction de Philippe Askenazy et Daniel Cohen. Albin Michel, 2013

Citations[modifier | modifier le code]

« La société industrielle liait un mode de production et un mode de protection. Elle scellait ainsi l'unité de la question économique et de la question sociale. La « société post-industrielle », elle, consacre leur séparation et marque l'aube d'une ère nouvelle[14] »
« La crise financière est à priori passée. Le risque que la crise financière dérape en crise systémique où les banques tomberaient comme des dominos, ça, ça semble écarté », Daniel Cohen dans l'émission Face à Minc sur la chaîne Direct 8 le 7 juin 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Echos.
  2. Le Dauphiné, « Daniel Cohen: "La crise ne m'inquiète pas" », 7 avril 2013.
  3. « A priori, je suis catalogué parmi les économistes dits néoclassiques, héritiers des théoriciens de l'équilibre général à la Walras. Je me définirais plutôt comme un économiste pragmatique. », interview, juillet 2004
  4. « Crise grecque : Jean-Pierre Jouyet balance un scud à Daniel Cohen », Marianne2, 14 septembre 2011
  5. « Lazard Frères dopé par la Grèce », Le Figaro, 4 juillet 2011.
  6. Arrêt sur images, « D. Cohen, économiste en conflit d'intérêt ? », 27 septembre 2011.
  7. Le Monde Diplomatique, « Les économistes à gages sur la sellette », mars 2012.
  8. Le nouvel obs, [1].
  9. http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2010/11/03/le-monde-a-conclu-sa-recapitalisation_1434736_3236.html
  10. « Globalization and Its Enemies is one of the most original and incisive inquiries into the subject I have seen », John Gray, The New York Review of Books
  11. Philippe Aghion et al., « Nous, économistes, soutenons Hollande », Le Monde,‎ 17 avril 2012 (lire en ligne)
  12. Les Nouveaux Chiens de garde, Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, 2012
  13. Daniel Cohen sur Acrimed Acrimed
  14. Trois leçons sur la société post-industrielle, Éditions du Seuil, Paris, 2006, quatrième de couverture.

Liens externes[modifier | modifier le code]