Communauté turco-tatare de Roumanie

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Les 32.596 Turcs de Roumanie en 2002.
Les 25.742 Tatars de Roumanie en 2002.
La mosquée d’Hünkyar Cami à Constanza, élevée en 1867-1868 sous le règne du sultan ottoman Abd-ül-Aziz.
Les langues parlées en Dobrogée en 1903: en jaune le Tatar, en orange le Turc (orange vif: Turcs musulmans ; orange pâle : Turcophones chrétiens et Roms).
La mosquée Carol I de Constanza, élevée en 1911 pour les Turco-Tatars de la ville par le roi roumain Carol I.

La communauté turco-tatare de Roumanie (en turc : Romanya Tatar-Türklerinin Birliği, en roumain : Uniunea Turco-Tătarilor din România) est l’une des minorités nationales légalement reconnues de ce pays : à la demande de leurs représentants, les 32 596 Turcs et les 25 742 Tatars d’origines différentes ont souhaité être regroupés politiquement, même s’ils sont décomptés séparément lors des recensements[1] : il y a donc 58.338 Turco-Tatars en Roumanie, soit 0,4 % de la population, mais de 5 à 7 % de celle des départements de Constanza et de Tulcea où ils sont historiquement regroupés, dans la région traditionnelle de Dobrogée. Près de 85 % des Turcs et des Tatars de Roumanie vivent dans le département de Constanța, 12 % dans celui de Tulcea et les autres dans des centres urbains comme Bucarest, Brăila, Călărași, Galați, Giurgiu et Turnu-Severin.

Origines et patrimoine[modifier | modifier le code]

Contrairement à ce qui se passe en Europe occidentale où les Turcs (et plus rarement, les Tatars) sont des immigrés récents, souvent en situation socio-économique modeste, en Dobrogée au contraire, les Turcs et les Tatars sont en général d’implantation fort ancienne, et ont été, durant des siècles, en situation socio-économique et politique dominante, notamment aux époques de la “Horde d'or“ tatare (XIIIe siècle) et de l’Empire ottoman turc (du XVe siècle au XIXe siècle). De ce fait, ils ont un niveau d’instruction généralement élevé, leur islam (sunnite hanéfite) est modéré, et beaucoup sont propriétaires fonciers (même s’ils en ont été privés durant le régime communiste).

La communauté s’est historiquement constituée à partir d’apports venus à différentes époques et de différents horizons :

Le patrimoine historique et culturel des Turco-Tatars de Roumanie est renommé sur plusieurs plans :

  • à Medgidia, la mosquéeAbdülmecit Cami“ est un monument historique classé, de même que celle d’“Esmahan Sultan Cami“ de Mangalia, la plus ancienne du pays, construite en 1456, trois ans seulement après la chute de Constantinople ;
  • à Constanza, on montre dans la vieille ville l’ancienne mosquée ottomane “Hünkâr Cami“ faisant face à l’ancienne synagogue “des Romaniotes“ ;
  • musique, cuisine, tissage de kilims et élevage de chevaux de race sont également des activités liées au patrimoine culturel de la communauté et font l’objet de festivals réguliers.

La communauté Turco-Tatare de Roumanie est à l’origine de la fondation de deux villes : Babadag et Medgidia, où elle reste très présente. En tant que communauté, elle envoie deux députés au Parlement de Bucarest (un turc et un tatar), puisque la constitution roumaine permet l’existence de partis politiques ethniques.

Personnalités de Roumanie d'origine turco-tatare[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Autres sources et notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le recensement de 2002 : (ro) Recensământul general al populației României din 2002, sur [1] consulté le 3 août 2012, il y a donc 58.338 Turco-Tatars en Roumanie : [2] consulté le 3 août 2012.
  2. À ce moment, les Russes étendent le nom de “Bessarabie“ à toute la Moldavie orientale, y compris la partie qui n'était pas province turque