Communauté turque de Roumanie

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Les Turcs de Roumanie (en turc : Romanya Türkleri, en roumain : Turcii din România) est l’une des minorités nationales légalement reconnues de ce pays. Selon le recensement de 2011[1], 27 698 Turcs vivent en Roumanie, principalement dans le județ de Constanța, où ils représentent 3,3 % de la population et dans le județ de Tulcea, où ils composent 0,93 % de la population, ces deux județe étant la partie roumaine de la région historique de la Dobrogée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les langues parlées en Dobrogée en 1903.

Le communauté turque de Roumanie est implantée sur le territoire de l'actuelle Roumanie depuis de nombreux siècles. Sa constitution est le fruit de plusieurs vagues migratoires à différentes époques et de différents horizons :

Patrimoine[modifier | modifier le code]

La mosquée d’Hünkyar Cami à Constanța
La mosquée Carol I de Constanța.

Du fait de sa implantation fort ancienne, la communauté turque a été, durant des siècles, en situation socio-économique et politique dominante, notamment à l'époque de l’Empire ottoman turc (du XVe siècle au XIXe siècle), comme peut l'illustrer le patrimoine historique et culturel de ces deux communautés de Roumanie, renommé sur plusieurs plans :

  • À Medgidia, la mosquéeAbdülmecit Cami“ est un monument historique classé, de même que celle d’“Esmahan Sultan Cami“ de Mangalia, la plus ancienne du pays, construite en 1456, trois ans seulement après la chute de Constantinople.
  • À Constanța, l'ancienne mosquée ottomane “Hünkâr Cami“, érigée en 1867-1868 sous le règne du sultan ottoman Abd-ül-Aziz dans la vieille ville face à l’ancienne synagogue “des Romaniotes“. Ainsi que la mosquée Carol I, construite en 1911 pour les Turcs et les Tatars de la ville par le roi Charles I de Roumanie.
  • musique, cuisine, tissage de kilims et élevage de chevaux de race sont également des activités liées au patrimoine culturel de la communauté et font l’objet de festivals réguliers.

La communauté turque de Roumanie est à l’origine de la fondation de deux villes : Babadag (Babadağ), signifiant "Montagne du père") au XIIIe siècle et Medgidia (Mecidiye) au XVe siècle. Enfin l'ancienne île Ada Kaleh (signifiant "île fortifiée" en turc), située près des Portes de Fer, a été entièrement submergée en 1969, faisant disparaître un patrimoine centenaire de la culture turque[3].

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population turque[modifier | modifier le code]

Les 32.596 Turcs de Roumanie en 2002.
Année Turcs Langue maternelle turque
Nombre Pourcentage Nombre Pourcentage
1930[4] 154 772 0,9% 288 073[5] 1,6 %
1948[6] 28 782[5] 0,2 %
1956[6] 14 329 0,08 % 14 228 0,8 %
1966[6] 18 040 0,09 % 17 453 0,09 %
1977[6] 23 422 0,1 % 21 909 0,1 %
1992[6] 29 832 0,1 % 27 587 0,1 %
2002[7],[8] 32 098 0,1 % 28 115 0,1 %
2011[9] 27 698 0,1 % 25302 0,1 %

Zones d'implantations[modifier | modifier le code]

75 % des Turcs de Roumanie vivent dans le Județ de Constanța (dont 23 % dans la seule ville de Constanța et 12 % à Medgidia), 8% à Bucarest, 6 % dans le Județ de Tulcea, 2 % dans le județ d'Ilfov et 2 % dans le Județ de Călărași.

La communauté turque est majoritaire dans la seule commune de Dobromir, où elle représente 58 % des 3 000 habitants. La langue turque y est donc langue co-officielle au côté du roumain. Ceci est le cas également dans la ville de Băneasa, où les Turcs compose 21 % de la population.

D'autres communes et villes possèdent une importante communauté turque :

  • Independența, 3 121 habitants, dont 12,5 % de Turcs.
  • Cobadin, 8 779 habitants, dont 12 % de Turcs.
  • Castelu, 4 856 habitants, dont 10 % de Turcs.

Situation sociale[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2011, la communauté turque est bien plus urbaine que la moyenne nationale (24% d'entre eux vivant dans des communes contre 46 % en moyenne). De plus, elle se distingue par sa pratique majoritaire de la religion musulmane (97% de musulmans et 2% d'orthodoxes). Enfin, 85 % des personnes s'étant déclarées d'ethnie turque, ont déclaré avoir le turque comme langue maternelle et 14 % le roumain[9].

La population turque apparaît bien moins éduquée, 91 % d'entre eux n'ayant pas fait d'études supérieure contre 96 % en moyenne, mais davantage 15 % n'ont pas dépassé les études primaires (3 % en moyenne), et 11 % sont analphabètes ; un taux plus élevé ne pouvant être trouvé que dans la minorité rom[9].

Représentation politique[modifier | modifier le code]

Personnalités de Roumanie d'origine turque[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ro) Recensământul general al populației României din 2011 consulté le 6 novembre 2014
  2. Les Russes étendirent alors la dénomination de “Bessarabie“ à toute la Moldavie orientale, y compris la partie qui n'était pas province turque
  3. Remember Ada-Kaleh
  4. Recensământul general al populației României din 29 decembrie 1930, Vol. II, pag. XXIV
  5. a et b Langues turque et tatare
  6. a, b, c, d et e « Hungarians in Transylvania between 1870 and 1995 » (consulté le 2008-07-20)
  7. http://www.insse.ro/cms/files/rpl2002rezgen1/14.pdf
  8. http://www.insse.ro/cms/files/rpl2002rezgen1/17.pdf
  9. a, b et c http://www.recensamantromania.ro/rezultate-2/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]