Colossus (ordinateur)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Colossus (homonymie).
Colossus Mark II

L'ordinateur Colossus fut le premier calculateur électronique fondé sur le système binaire. Construit en l’espace de onze mois par une équipe dirigée par Thomas “Tommy” Flowers et installé près de Londres, à Bletchley Park, il était constitué de 1 500, puis 2 400 tubes à vide et réalisait 5 000 opérations par seconde. Il était utilisé, lors de la Seconde Guerre mondiale, à la cryptanalyse du code Lorenz.

Machine de Lorenz[modifier | modifier le code]

Il existe une certaine confusion entre les machines Enigma et Lorenz. Le chiffre Enigma est le plus connu et fut le plus utilisé en volume. Le chiffre Lorenz est beaucoup moins connu. Il était utilisé par les hauts dirigeants allemands pour communiquer entre eux alors qu'Enigma était utilisée au quotidien pour les autres types de communication.

Lorenz représentait chaque lettre par son code international de télé-scripteur à 5 bits. Chaque bit traversait deux clés de chiffrement intermédiaires, P et S. La clé P changeait à chaque opération alors que la clé S changeait au hasard, selon deux autres contrôles, M. L'addition de la lettre originale + P + S donnait la lettre chiffrée. Contrairement à Enigma, Lorenz pouvait coder une lettre sur elle-même.

Déchiffrement[modifier | modifier le code]

Si les deux codes ont été vaincus, ils l'ont été de façon complètement différente. Enigma a été vaincu par la force brute alors que le code Lorenz a été cassé.

La Bombe vs Le Colossus[modifier | modifier le code]

La Bombe[modifier | modifier le code]

La Bombe a été conçue pour les attaques de force brute. Cette machine n'est qu'une mise en série de plusieurs copies de machines Enigma. Mais elle abat par jour le travail de dix mille décrypteurs. Une correspondance plausible ("crib") entre texte clair et texte chiffré est simulée par la machine qui essaye une clef. Si plus d'une solution est obtenue en sortie, la clef est mauvaise. Quand toutes les connexions correspondent et ne donnent qu'une seule réponse, la Bombe s'arrête et la clé plausible est testée à la main. Si Enigma avait été utilisée correctement, il aurait fallu tester trop de combinaisons de trois lettres pour retrouver ainsi la clef. Cependant, les chiffreurs allemands commettaient des fautes, autant en gravité qu'en fréquence, qui réduisaient le nombre de clés plausibles à une quantité assez modeste pour être recherchée de la sorte.

Le Colossus[modifier | modifier le code]

L'ordinateur colossus a été créé par Max Newman. Le code Lorenz utilisait un code binaire. L'attaque qui l'a vaincu démontrait que la bonne clé produisait un plus grand nombre de 0 que de 1 lors de l'addition de deux lettres consécutives identiques. De ce principe, Colossus calculait une clef qui produisait plus de 0 qu'une autre. Cette "clé transitoire" était appliquée au texte chiffré original. Le résultat était un texte "brouillé", encore illisible mais plus proche du texte clair recherché. En répétant ces opérations plusieurs fois, le texte brouillé devenait de plus en plus clair et finalement, devenait lisible. Un message était typiquement « cassé » en quelques heures.

Le texte clair était ainsi recalculé depuis le texte chiffré, sans récupérer la clé. Colossus a été conçu pour réaliser cette opération. Étant donné qu'il ne travaillait pas comme la machine de Lorenz, tout le concept de Colossus était différent de celui de la machine d'encodage-décodage originale.

Reconstitution de la machine originale[modifier | modifier le code]

Des 10 machines Colossus originales, 8 furent détruites après-guerre afin que leur fonctionnement reste secret, les deux dernières le furent en 1960. Il fallut attendre 1975 pour que ce secret soit partiellement levé. Sur la base de plans illégalement conservés, le britannique Tony Sale (en) conduisit un projet de reconstruction d'une réplique d'un Colossus, qui a fonctionné pour la première fois en 1996, en présence de l'inventeur Tommy Flowers. Depuis lors, cette machine se visite au musée historique de Bletchley Park[1]. Ce projet aboutit en novembre 2007, après 14 ans de travail, par une compétition de décryptage avec des radioamateurs.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ' Musée virtuel de l'informatique ', sur le site aconit.inria.fr, consulté le 3 janvier 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]