Chamizal

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31° 45′ 30″ N 106° 27′ 30″ O / 31.7583, -106.4583 ()

Carte du traité du Chamizal de 1963.

Le Chamizal est un territoire d'environ 2,4 km2 situé à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, entre les villes d'El Paso et Ciudad Juárez, et qui en raison de modifications du lit du río Bravo s'est trouvé sur la rive nord de ce dernier, causant ainsi un long litige entre Mexique et les États-Unis, les premiers souhaitant le récupérer.

La dispute fut formellement réglée le 14 janvier 1963 par la ratification d'un traité partageant le territoire.

Origine (1848-1895)[modifier | modifier le code]

La frontière contemporaine entre le Mexique et les États-Unis est basée sur le traité de Guadalupe Hidalgo (1848) et un autre traité de 1884. Le premier établissait que le río Bravo était la frontière, indépendamment de toute altération des berges ou des canaux. Le traité de 1884 précisait que la dégradation des berges devait être le résultat d'un processus progressif, lent et naturel. Ce faisant, elle suivait les normes suivies depuis longtemps par le droit international concernant les frontières fluviales.

Le fleuve se déplaça de façon continue entre 1852 et 1868, avec un mouvement important suite à une crue de 1864. Vers 1873 le fleuve s'était déplacé sur 2,3 km2. Le nouveau territoire fut désigné sous le nom de Chamizal et fut rattaché à El Paso, mais tant les États-Unis que le Mexique revendiquaient sa possession. Au cours de cette même période un tronçon de terre situé au milieu du fleuve fut nommé Isla de Córdoba (« île de Córdoba » en espagnol).

Conflit (1895-1963)[modifier | modifier le code]

L'ambassadeur des États-Unis au Mexique, Thomas C. mann (gauche) et le secrétaire des relations extérieures du Mexique, Manuel Tello Baurraud (droite) signent le Traité du Chamizal à Mexico le 29 août 1963.

Les deux pays se mirent d'accord sur un arbitrage. Il s'agissait d'établir dans quelle mesure les changements hydrologiques survenus étaient graduels, mais également de déterminer si les frontières définies dans les traités étaient fixes, et si le traité de 1884 s'appliquait. Le Mexique défendait l'idée que la frontière n'avait pas changé et que par conséquent le Chamizal était un territoire mexicain, tandis que les États-Unis soutenaient que, en application du traité de 1884, l'érosion avait été naturelle et que la zone étant passée au nord du fleuve lui appartenait.

En 1910 un tribunal recommanda d'établir que le territoire compris entre le lit du fleuve tel qu'il avait été analysé en 1852 et les mesures prises en 1864 revienne aux États-Unis, le reste revenant au Mexique. Les premiers refusèrent la proposition, affirmant que les conditions de l'arbitrage n'étaient pas respectés, entraînant de vives tensions entre les gouvernements des deux camps.

Entre 1911 et 1963 de nombreuses tentatives de résolution du différend furent présentées. On envisagea des échanges de terres, des ventes, ainsi qu'une canalisation du fleuve. La dispute envenima les relations entre les deux pays jusqu'à ce que John Fitzgerald Kennedy accepte d'appliquer l'arbitrage de 1910. Il espérait ainsi renforcer l'Alliance pour le Progrès et l'Organisation des États américains.

Résolution[modifier | modifier le code]

Le président américain, Lyndon Johnson, et son homologue mexicain, Adolfo López Mateos, dévoilant le nouveau tracé des frontières le 25 septembre 1964

Le conflit fut formellement résolu par la signature d'un traité le 14 janvier 1963. Appliquant l'arbitrage de 1910, il octroyait au Mexique environ 1,5 km2 du territoire du Chamizal ainsi qu'environ 20 hectares à l'est de l'Isla de Córdoba. Bien qu'il n'y eût pas d'échange financier entre les deux gouvernements, les États-Unis reçurent de l'argent d'une entreprise mexicaine en raison de transferts de matériels réalisés après la mise en place de la nouvelle frontière. Différentes rencontres diplomatiques ont eu lieu relativement au Chamizal et les deux pays ont mis en œuvre des travaux visant à empêcher de nouveaux bouleversements dans l'hydrologie du fleuve ainsi que la construction de plusieurs ponts.