Certificat d'aryanité

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Le certificat d'aryanité (en allemand : Ariernachweis ou Arierschein) était, sous le Troisième Reich un document attestant de l'appartenance d'un individu à la race aryenne et garantissant ainsi être exempte de sang étranger ou juif.

En Allemagne[modifier | modifier le code]

Selon Brian M. Rigg, l'auteur de La tragédie des soldats juifs d'Hitler (2005), de nombreuses attestations d'aryanisation, signées de la main du Führer, ont été attribuées à des officiers supérieurs d’ascendance juive. Il cite Robert Borhardt, officier supérieur, Reinhard Heydrich, le colonel Walter Hollander, l'amiral Bernard Rog,.. Il montre que "des milliers de soldats ont présenté ce genre de demandes afin de pouvoir continuer à servir l’armée, et que Hitler a contresigné lui-même de nombreuses requêtes". En 1944, selon un rapport secret des service du personnel de l'armée allemande, une liste de soixante-dix-sept généraux et officiers hauts gradés d’origine juive ou mariés avec un tel conjoint, avaient obtenu un certificat d’aryanité signé de la main d’Hitler. Rigg ajoute : « On aurait pu ajouter à cette liste encore soixante noms de généraux et de hauts gradés de la Wehrmacht, des armées de l’air et de la marine, sans oublier deux Feld-maréchaux. »

En France[modifier | modifier le code]

Ce document fut exigé en France occupée de 1940 à 1944, dans le cadre de la politique d'aryanisation menée par le gouvernement du Régime de Vichy du maréchal Pétain sur le modèle de l'Allemagne nazie, et à la suite des lois sur le statut des Juifs.

Sur l'ensemble territoire français (et fortiori, en Alsace-Lorraine annexé par les Allemands), ce document était nécessaire pour obtenir ou conserver un emploi dans la fonction publique, mais aussi pour exercer certaines professions dans le commerce, le théâtre[1], ou la médecine.

Des artistes ou des intellectuels, comme Simone de Beauvoir[2]. ou Jean-Paul Sartre durent présenter ce type de certificat pour exercer leur profession.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le film Le Dernier Métro
  2. "…tout enseignant dut affirmer sous la foi du serment qu'il n'était ni juif ni franc-maçon. Georges [de Beauvoir]… félicita même sa fille d'avoir signé l'attestation… "J'ai signé parce que je ne pouvais pas faire autrement…": Extrait de Simone de Beauvoir, de Deirdre Bair (Arthème Fayard), page 279.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brian M. Rigg, La tragédie des soldats juifs d'Hitler (2005), traduction française, Paris, Éditions de Fallois, 2007.

Liens externes[modifier | modifier le code]