Camps d'accueil des rapatriés d'Indochine

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Après les accords de Genève mettant fin à la guerre d'Indochine (1954), près de 5 000 Français d'Indochine (couples mixtes ou veuves de Français fuyant la guerre) sont rapatriés et « accueillis » dans des Camps d'accueil des rapatriés d'Indochine (CARI), structures plus tard rebaptisées Centres d'accueil des Français d'Indochine (CAFI), en particulier à Noyant, dans l’Allier, et à Sainte-Livrade, dans le Lot-et-Garonne, où 1 200 Français d'Indochine sont installés au printemps 1956 dans un CARI aménagé dans une ancienne poudrerie[1],[2],[3].

Le camp de Bias[modifier | modifier le code]

Avant la Deuxième Guerre mondiale et après la défaite de 1940, les travailleurs vietnamiens recrutés ou enrôlés de force au Vietnam au titre de la "contribution des colonies à l'effort de guerre" et envoyés en France pour travailler dans les usines (notamment les usines d'armement) vécurent dans l'ancien camp militaire situé au lieu-dit "Paloumet" (cité Paloumet et Astor) dans la commune de Bias. Certains de ces Vietnamiens y furent détenus pour avoir exprimé leur sympathie pour les mouvements d'indépendance du Vietnam. Après la guerre, beaucoup préférèrent rester en France, mais la plupart d'entre-eux sont rentrés au pays.

À partir de 1956, deux ans après Dien Bien Phu et les accords de Genève qui mirent fin à la guerre, cet ancien camp militaire composé de longs baraquements exigus aux toits d'éverite a été réutilisé pour accueillir les rapatriés d'Indochine, la plupart d'origine vietnamienne ou eurasienne.

Dans ce camp, les rapatriés vivaient dans un confort rudimentaire des aides accordées par l'État, de la cueillette des fruits et légumes (haricots verts, tomates) chez les agriculteurs de la vallée du Lot et aussi du travail à la chaîne dans les conserveries locales (Casseneuil, Villeneuve-sur-Lot). Leurs enfants étaient scolarisés dans l'école installée dans deux bâtiments du camp par des instituteurs chevronnés et idéalistes.

Au début des années soixante, les derniers habitants de ce CARI (Camp d'Accueil des Rapatriés d'Indochine), devenu entre temps CAFI (Camp d'Accueil des Français d'Indochine), durent quitter leurs logements pour s'installer dans différentes villes de la région ou au CAFI de Sainte-Livrade-sur-Lot (Camp d'accueil de Moulin du Lot), commune limitrophe où résident encore aujourd'hui, en partie dans de nouveaux logements, quelques familles et des personnes âgées, voire très âgées, d'origine vietnamienne.

En 1962, suite aux accords d'Évian à la fin de la guerre d'Algérie, le camp militaire dans lequel habitaient auparavant les rapatriés d'Indochine accueillit les réfugiés harkis et leurs familles arrivant d'Algérie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les oubliés d'Indochine du Camp de Saint-Livrade »
  2. Ligue des droits de l'homme, « Rapatriés d’Indochine : plus de cinquante ans d’oubli », 26 juin 2008
  3. Catherine Rollot, « Indochine-sur-Lot », Le Monde magazine, no 83, 16 avril 2011, p. 26-29

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Rolland, Petits Vietnams, histoire des camps de rapatriés d'Indochine, Elytis, 2010 ISBN 978-2356390325
  • Sophie Wahnich, « La mémoire du Cafi, dans le contexte de sa requalification urbaine (1956-2010). De la tradition à l’accumulation », Mouvements, 2011/HS (HS n° 1)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]