Coron (urbanisme)

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Aniche et le Terril Sainte-Catherine, au début du XXe siècle
Corons De Sessevalle et ses jardins, à Somain, le long de la route pavée conduisant à l'église
Noyelles-sous-Lens ; Coron de Méricourt, à maisons basses, avec toiture à pans simples, jouxtant le carreau de mine de la fosse 3 des mines de Courrières
Alignement de maisons à toiture à pans cassés, d'un coron situé sur la route pavée de Rieulay (Somain)
Architecture typique du nord de la France, ici à Saint-André, près de Lille

Un coron (du wallon coron, désignant l'extrémité, le coin d'une rue puis d'un quartier ouvrier, terme issu de l'ancien français corn issu lui-même du latin cornus, « coin »[1]) est une habitation ouvrière typique des régions d'Europe occidentale en usage à l'époque de la révolution industrielle (seconde moitié du XIXe siècle) grâce à l'extraction du charbon et à la sidérurgie, les corons constituaient des quartiers d'habitations unifamiliales étroites, à un étage, avec un petit jardin potager à l'arrière.

Définition[modifier | modifier le code]

Les maisons ouvrières étaient la plupart du temps la propriété des sociétés industrielles (Houillères par exemple) employant les ouvriers qui y logeaient. Les corons étaient situés contre les usines ou à proximité du lieu de travail. Ils étaient la plupart du temps accompagnés de parcelles de jardins ouvriers.

Certains corons sont soigneusement restaurés, et reconnus comme élément du patrimoine industriel, par exemple dans le bassin minier du Nord de la France, ou en Belgique, telle la cité du Grand-Hornu. L'écrivain Émile Zola et le chanteur Pierre Bachelet les ont tous deux immortalisés, le premier dans son roman Germinal en 1885, le second dans la chanson homonyme Les Corons, écrite en 1982.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Différents types de corons ont cohabité. Certains représentaient un réel progrès (du moins pour l'époque) en matière de salubrité par rapport aux foyers de choléra représentés par la malsaine architecture de « courée » lilloise (cour située à l'intérieur d'un pâté de maisons, accessible par un mince couloir depuis la rue, et entourée de logements de deux pièces superposées, avec un wc et un point d'eau communs au milieu de la cour).

La distinction entre coron et cité de mine (voir cité ouvrière) tient quant à elle plutôt au caractère mitoyen ou non des maisons : elles le sont dans le coron (d'où un effet « mur de briques » sur toute la rue), pas dans la cité (où les maisons sont individuelles ou jumelées)[2].

Chronologiquement, les corons apparaissent après les courées, les premiers étant plutôt typiques de la mine et de l'industrie lourde du XIXe siècle, les secondes du textile. Les courées sont également davantage associées aux centres-villes, et les corons à des cités nouvellement créées en périphérie.

Aujourd'hui, les rénovations successives font que corons comme courées sont parfois très recherchés. On distingue encore parfois leur état premier par la situation saugrenue de la salle de bains (au rez-de-chaussée, accès par la cuisine), due au rajout tardif de cette salle d'eau construite en général après la maison.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(fr) Frouard H. (2008). Du coron au HLM. Patronat et logement social (1894-1953), Rennes, PUR, 187.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Lannoo Uitgeverij,‎ 2005, p. 209
  2. « Les corons », sur http://www.flickr.com/