Boann

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Dans la mythologie celtique irlandaise, Boann (ou Boand) est un des aspects de la grande divinité féminine des Celtes ; son nom (*bo-vinda) qui signifie « (celle) qui procure des vaches[1] » en fait une représentation de la prospérité. Elle prend aussi le nom de la Boyne (ou Boinn), le fleuve homonyme. Les autres aspects de cette déesse primordiale sont Brigit et Étain.

Boann est l’épouse d’Elcmar, le frère du Dagda, dont elle devient la maîtresse. De cet adultère, va naître Mac Oc (« le fils jeune ») aussi nommé Oengus (« choix unique »). Le Dagda avait éloigné son frère en usant de la ruse, son absence de neuf mois lui semble ne durer qu’un jour.

Pour réparer sa relation coupable, elle se baigne dans l’eau lustrale et mortelle de la source Segais, demeure de Nechtan, dans laquelle elle perd un bras, une jambe et un œil. Dans sa fuite vers l’océan elle devient la rivière Boyne. Georges Dumézil a indentifié un mythe cosmogonique de libération des eaux dans l'histoire de Boann. La mort de Boann engendre les eaux cosmiques qui irriguent tous les mondes connus. Elle réunit plusieurs traits caractéristiques de l'Aurore indo-européenne, dispensatrice de prospérité et libératrice des eaux.

« Brug na Boinne », l’Hôtel de la Boyne est le nom de la résidence du Dagda, autrement dit un sidh.

Elle est à rapprocher de Damona dans la mythologie celtique gauloise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Jouët, L’Aurore celtique dans la mythologie, l’épopée et les traditions, Yoran embanner, Fouesnant, 2007, p. 441 (ISBN 978-2-914855-33-4)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul-Marie Duval, Les Dieux de la Gaule, Paris, éditions Payot,‎ février 1993, 169 p. (ISBN 2-228-88621-1)
    Réédition augmentée d'un ouvrage paru initialement en 1957 aux PUF. Paul-Marie Duval distingue la mythologie gauloise celtique du syncrétisme dû à la civilisation gallo-romaine.
  • Albert Grenier, Les Gaulois, Paris, Petite bibliothèque Payot,‎ août 1994, 365 p. (ISBN 2-228-88838-9)
    Réédition augmentée d'un ouvrage paru initialement en 1970. Albert Grenier précise l’origine indo-européenne, décrit leur organisation sociale, leur culture et leur religion en faisant le lien avec les Celtes insulaires.
  • Christian-J. Guyonvarc'h, Magie, médecine et divination chez les Celtes, Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1997 (ISBN 2-228-89112-6).
  • Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux :
    • Les Druides, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1986 (ISBN 2-85882-920-9) ;
    • La Civilisation celtique, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1990 (ISBN 2-7373-0297-8) ;
    • Les Fêtes celtiques, Rennes, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire »,‎ avril 1995, 216 p. (ISBN 9782737313158)
      Ouvrage consacré aux quatre grandes fêtes religieuses : Samain, Imbolc, Beltaine, Lugnasad.
  • Philippe Jouët, Aux sources de la mythologie celtique, Yoran embanner, Fouesnant, 2007 (ISBN 9782914855372).
  • Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins » , Paris, 2000 (ISBN 2-7028-6261-6).
  • Claude Sterckx, Mythologie du monde celte, Paris, Marabout,‎ octobre 2009, 470 p. (ISBN 978-2-501-05410-2).
  • Consulter aussi la bibliographie sur la mythologie celtique et la bibliographie sur la civilisation celtique.