Amok ou le Fou de Malaisie

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Amok
ou
le Fou de Malaisie
Publication
Auteur Stefan Zweig
Titre d'origine Der Amokläufer
Langue Allemand
Parution 1922
Traduction française
Parution
française
voir « Bibliographie »

Amok ou le Fou de Malaisie est une nouvelle de l'écrivain autrichien Stefan Zweig, publiée en 1922.

Le narrateur fait la rencontre sur un bateau d'un ancien docteur allemand parti pratiquer en Indonésie. Ce dernier est sous l'effet d'une vive et soudaine obsession pour une femme, sentiment qu'il met en parallèle avec l'amok.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le narrateur se retrouve sur un bateau pour revenir en Europe. Ayant une cabine très inconfortable et bruyante, une nuit il décide d’aller faire un tour sur le bateau. Ce soir-là, il rencontre un inconnu sur le pont qui lui demande de ne dire à personne qu’on l’a vu ici. Intrigué par ce personnage, le narrateur décide d’y retourner le lendemain soir. L’inconnu offre au narrateur un verre et lui demande s’il peut lui raconter son histoire. Entre minuit et trois heures du matin, l’inconnu va raconter son histoire, ponctuée par les coups de l’horloge.

Après avoir tout perdu en Europe un médecin (l’inconnu) décide de partir en mission en Malaisie. Là-bas, il vit retiré de la civilisation et ne voit que des « jaunes » tout au long de la journée. Cela faisait plus de six ans qu’il était en mission sur place, quand un jour une femme blanche voilée vint jusqu’à son domicile pour lui demander assistance. Cette femme, malgré son voile, lui paraît arrogante, hautaine et ne souhaite pas que le médecin l’ausculte ou même lui pose des questions. Un jeu se met en place entre les deux protagonistes pour savoir lequel prendra le pouvoir sur l’autre et lequel perdra la face en premier.

Finalement, bien qu’il connaisse la raison de la venue de cette femme, il lui dit que si elle veut de son aide il va falloir ôter ce voile et lui expliquer clairement ce qu’elle souhaite. On comprend qu’elle est enceinte et qu’elle souhaite qu’il l’avorte avant le retour de son mari, et que cet acte reste secret. En échange, elle lui propose la somme de 12 000 florins. Mais le médecin veut plus car il met sa carrière en danger ainsi que sa mission. Il veut qu’elle lui parle normalement, comme un humain et non comme une commerciale qui souhaite réaliser une transaction, il exige qu’elle le supplie de l’aider. Mais elle refuse et part en claquant la porte. Là, le médecin reste cloué sur place à essayer de comprendre ce qui vient de se passer.

Quand il réagit et s’aperçoit qu’il a fait une erreur en n’apportant pas assistance à cette femme, il se lance dans une longue course effrénée, l’Amok, tel un écervelé, pour tenter de rencontrer la femme à nouveau et lui proposer son aide. Mais celle-ci refuse à plusieurs reprises de lui parler. En dernier recours il lui fait porter une longue lettre dans laquelle il s’excuse et lui propose à nouveau de réaliser son souhait, ce à quoi elle répond « trop tard ! ». Mais avant de repartir chez lui, le boy de la femme vient le chercher, il a besoin de lui de façon urgente. Désespérée, elle a fait appel à une vielle chinoise pour l’avorter qui n’était en fait qu’une personne sans expérience qui l'a complètement mutilée dans un lieu crasseux.

À son arrivée, il ne peut plus rien faire, elle perd trop de sang. La femme ordonne au médecin et au boy de la ramener chez elle. Ils restent toute la nuit auprès d’elle jusqu’à son dernier souffle. Mais, dans un ultime effort, elle exige du docteur que la raison de sa mort et sa grossesse restent secrets. Pour tenir sa parole, le médecin ment à son amant et au médecin de famille, mais il doit fuir car son stratagème n'a pas trompé les soupçons de l'administration, ni du mari.

L'inconnu termine son récit en révélant que le cercueil se trouve à bord du bateau et que l'Amok finit toujours par être abattu. Plus tard, en apprenant la nouvelle d'un incident au moment du débarquement, le narrateur comprend que le médecin s'est jeté à la mer avec le corps, tant pour empêcher l'autopsie que le mari voulait faire réaliser en Europe que pour l’emporter avec lui à tout jamais.

Première traduction française[modifier | modifier le code]

La nouvelle (Der Amokläufer en allemand) a été publiée en allemand dans un recueil avec pour sous-titre Novellen einer Leidenschaft (Nouvelles d'une passion) qui comprenait quatre autres nouvelles : Die Frau and die Landschaft (La Femme et le Paysage), Phantastische Nacht (La Nuit fantastique), Brief einer Unbekannten (Lettre d'une inconnue) et Die Mondscheingasse (La Ruelle au clair de lune). Dans le premier recueil français (1927), seule la Lettre d'une inconnue a été conservée avec Amok et une autre nouvelle, Les Yeux du frère éternel, tirée d'un autre recueil, a été rajoutée. Romain Rolland, auteur de la préface de ce recueil, regrette ce choix éditorial, Les Yeux du frère éternel n'appartenant pas, selon lui, au même registre.

Les éditions postérieures, à partir de 1930, ont corrigé cette organisation, remplaçant Les Yeux du frère éternel par La Ruelle au clair de lune.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Traductions françaises