Ōmura Sumitada

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Ōmura Sumitada est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Ōmura, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste) Sumitada.

Ōmura Sumitada 大村 純忠 (Ōmura Sumitada?), né en 1533 et mort le 23 juin 1587, est un daimyo (seigneur japonais) de la période Sengoku[1]. Il est connu pour avoir été le premier daimyo à se convertir au christianisme[2], suite à l'arrivée des marchands portugais et des missionnaires jésuites sur l'archipel nippon au milieu du XVIe siècle. Lors de son baptême, il prend le nom de Bartolomeu et est appelé par les missionnaires « Dom Bartolomeu »[1]. Il a fait plusieurs concessions territoriales et portuaires aux jésuites portugais, dont Nagasaki[3].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Ōmura Sumitada naît en 1533, fils d'Arima Haruzumi, seigneur de Shimabara, et de son épouse, une fille d'Ōmura Sumiyoshi. Son nom d'enfance est Shōdōmaru 勝童丸. À l'âge de 5 ans, il est adopté par son oncle Ōmura Sumisaki et prend la tête de la famille Ōmura en 1550. Comme Sumisaki n'a pas d'héritiers légitimes et que le clan Ōmura a ses origines dans la lignée familiale des Arima, Sumisaki adopte volontiers le jeune Shodomaru, qui prend le nom Sumitada au moment de sa succession.

Carrière[modifier | modifier le code]

À la suite de sa succession, il est immédiatement confronté à une multitude de pressions, dont la plus importante est l'attaque de Ryūzōji Takanobu de Hizen-Saga. Sumitada trouve la réponse à ses problèmes dans le christianisme. En 1561, après l'assassinat d'étrangers à Hirado (dans la zone d'influence du clan Hirado), les Portugais commencent à chercher d'autres ports où ils pourraient commercer.

En réponse à leur recherche, Sumitada leur offre refuge dans son domaine à Yokose-ura. Cette démarche fait grande impression sur les Portugais, et en particulier sur les jésuites qui acceptent volontiers cette offre. Peu de temps après, en 1563, Sumitada et ses vassaux deviennent chrétiens et Sumitada prend le nom de baptême « Bartolomeu ». Cependant, Sumitada est radical dans sa foi et rase les temples bouddhistes et les sanctuaires shintoïstes, défigure les tombes de ses ancêtres, et parce qu'il impose le christianisme sur ses obligés et les gens de son domaine, il cour le risque sérieux d'un soulèvement général

Ouverture de Nagasaki[modifier | modifier le code]

Goto Takaakira, fils illégitime d'Ōmura Sumisaki qui hait Sumitada, conduit un soulèvement et incendie Yokoseura, ce qui met fin au commerce extérieur. En conséquence, en 1570, Sumitada ouvre le port de Nagasaki aux portugaise et encourage son développement. Lorsque les Ryūzōji attaquent Nagasaki en 1578, les Portugais aident Sumitada à les repousser. Suite à cet événement, le 9 juin 1580 Sumitada cède Nagasaki « à perpétuité » à la Compagnie de Jésus.

À la suite de la campagne de Toyotomi Hideyoshi contre le clan Shimazu, les Ōmura sont confirmés dans leurs propriétés mais Nagasaki est reprise aux jésuites et transformée en chokkatsu-ryo, ou propriété foncière directe, de l'administration Toyotomi.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Sumitada transmet l'administration domaniale à son fils Ōmura Yoshiaki et prend sa retraite dans une résidence à Sakaguchi. Il y meurt de tuberculose le 23 juin 1587.

Description contemporaine[modifier | modifier le code]

Il existe aussi un certain événement très connu jusqu'à aujourd'hui au sujet duquel le père jésuite portugais Luís Fróis écrit :

« Comme Omura Sumitada part à la guerre, il se trouve qu'il passe devant une idole nommée Marishiten, qui est leur dieu des batailles. Quand ils passent, ils s'inclinent et la vénèrent et les païens qui sont à cheval mettent pied à terre en signe de respect. L'idole a un coq sur la tête. Comme le daimyo arrive avec son escadre, il fait arrêter ses hommes et leur ordonne de prendre l'idole et de la brûler avec l'ensemble de temple; puis il prend le coq et lui donne un coup d'épée, disant « Oh, combien de fois m'as-tu trahi! ». Après que tout a été brûlé, il fait ériger une très belle croix à la même place, et après que lui et ses hommes lui ont manifesté un très profond respect, ils poursuivent leur chemin vers la guerre. »

(extrait du The Samurai Sourcebook)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stephen Turnbull, The Samurai Sourcebook London: Arms and Armour Press, 1998. (ISBN 1-85409-523-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Louis Frédéric, Le Japon : Dictionnaire et Civilisation, Paris, Robert Laffont,‎ 1996 (ISBN 2-221-06764-9), p. 870
  2. Pierre Dunoyer, Histoire du catholicisme au Japon 1543-1943, Paris, Cerf,‎ 2011 (ISBN 978-2-204-09380-4), p. 75-81
  3. (en) Diego Pacheco, « The Founding of the Port of Nagasaki and its Cession to the Society of Jesus », Monumenta Nipponica, vol. 25, no 3/4,‎ 1970, p. 303-323

Source de la traduction[modifier | modifier le code]