Élections législatives régionales de 2006 en Saxe-Anhalt

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Siège du Landtag, à Magdebourg.

Les élections législatives régionales de 2006 en Saxe-Anhalt (Landtagswahl in Sachsen-Anhalt 2006) se sont tenues le 26 mars 2006 dans le Land allemand de Saxe-Anhalt, afin d'élire les quatre-vingt-onze députés de la cinquième législature du Landtag. Le scrutin, qui se tenait le même jour que ceux organisés dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat, a vu la victoire relative des chrétiens-démocrates et la formation d'une grande coalition.

Contexte : coalition noire-jaune et gauche partagée[modifier | modifier le code]

Aux élections régionales du 21 avril 2002, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), emmenée par un ancien ministre régional, Wolfgang Böhmer, dans l'opposition depuis 1994, avait remporté 37,3 % des voix, retrouvant son statut de premier parti du Land.

Elle a également profité de l'effondrement du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), au pouvoir pendant les huit années précédentes, conduit par le ministre-président Reinhard Höppner, et qui recule à 20 % des suffrages, soit quinze points de moins. Le SPD est même devancé, de 0,4 points seulement, par le Parti du socialisme démocratique (PDS), issu de l'ancien Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED), qui soutenait le gouvernement minoritaire de Höppner.

Si l'Alliance 90 / Les Verts (Grünen) n'avait pas réussi à revenir au Landtag, le Parti libéral-démocrate (FDP), avec un record de 13 % des suffrages exprimés, y avait fait son grand retour. En revanche, l'Union populaire allemande (DVU), formation d'extrême droite, en avait été exclue après seulement quatre années de présence.

Fort de cette répartition des forces politiques, Böhmer avait pu constituer une coalition noire-jaune avec le FDP, disposant ainsi de 65 élus sur 115 au Landtag.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Article connexe : Système électoral allemand.

Le Landtag comprend 91 députés, dont 45 élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions. En outre, chaque parti ou association électorale doit constituer une liste régionale comprenant autant de candidats que de sièges à pourvoir au total. Le jour du scrutin, chaque électeur dispose de deux voix : la première permet de voter dans une circonscription, la seconde pour une liste.

À l'issue du vote, la totalité des mandats mis en jeu est répartie à la proportionnelle suivant la méthode du quotient de Hare entre les listes ayant recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés. Lorsqu'un parti a remporté des sièges avec les premières voix, ceux-ci sont soustraits au total obtenu sur la liste. Les sièges restés vacants se trouvent ensuite comblés par les candidats issus de cette même liste. Il est toutefois possible, avec ce système, qu'une formation obtienne dans les circonscriptions plus de sièges que son nombre de secondes voix ne lui en donne. Il dispose dans ce cas de « mandats supplémentaires » qu'il conserve. Afin de maintenir une représentation proportionnelle au Landtag, les autres formations se voient alors attribuer des « mandats complémentaires ».

Campagne[modifier | modifier le code]

Principaux partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Idéologie Résultats de 2002
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Centre-droit
Démocratie chrétienne, conservatisme libéral
Wolfgang Böhmer
(Ministre-président)
37,3 % des voix
48 députés
Parti du socialisme démocratique
Partei des Demokratischen Sozialismus
Gauche
Socialisme démocratique, anticapitalisme
Wulf Gallert 20,4 % des voix
25 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Centre-gauche
Social-démocratie, troisième voie, progressisme
Jens Bullerjahn 20,0 % des voix
25 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Centre-droit
Libéralisme économique, social-libéralisme
Karl-Heinz Paqué
(Ministre des Finances)
13,3 % des voix
17 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Centre-gauche
Écologie politique, progressisme
Inés Brock 2,0 % des voix
0 députés
Union populaire allemande
Deutsche Volksunion
Extrême droite
Nationalisme, pangermanisme, conservatisme
Ingmar Knop Absente

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date CDU SPD Verts FDP PDS
Emnid 21.03.2006 36,0 % 25,0 % 4,0 % 6,0 % 22,0 %
FgW 17.03.2006 37,0 % 23,0 % 4,0 % 6,0 % 23,0 %
IfM Leipzig 14.03.2006 38,0 % 25,0 % 3,0 % 6,0 % 23,0 %
Infratest 02.03.2006 36,0 % 27,0 % 4,0 % 6,0 % 22,0 %
IWD 28.02.2006 38,1 % 26,9 % 3,4 % 6,4 % 19,2 %
Infratest 02.02.2006 33,0 % 29,0 % 3,0 % 6,0 % 23,0 %
Infratest 15.12.2005 31,0 % 30,0 % 2,0 % 6,0 % 27,0 %
Infratest 25.11.2005 33,0 % 25,0 % 4,0 % 9,0 % 25,0 %
IWD 05.09.2005 26,6 % 28,1 % 3,3 % 6,0 % 30,0 %
Dernières élections 21.04.2002 37,3 % 20,0 % 2,0 % 13,3 % 20,4 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Parti Suffrages Sièges
Voix  % +/- MU1 +/- Députés +/-
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 326 721 36,2 % en diminution 1,1 40 en diminution 8 40 en diminution 8
Parti du socialisme démocratique (PDS) 217 295 24,1 % en augmentation 3,7 3 en augmentation 3 26 en augmentation 1
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 192 754 21,4 % en augmentation 1,4 2 en augmentation 1 24 en diminution 1
Parti libéral-démocrate (FDP) 60 209 6,7 % en diminution 6,6 0 en stagnation 7 en diminution 10
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 31 117 3,6 % en augmentation 1,6 0 en stagnation 0 en stagnation
Union populaire allemande (DVU) 26 905 3,0 % en augmentation 3,0 0 en stagnation 0 en stagnation
TOTAL (participation : 44,4 %) 855 001 95,0 % n/a 45 en diminution 4 97 en diminution 18

Analyse[modifier | modifier le code]

Au pouvoir depuis quatre ans, la coalition noire-jaune CDU/FDP de Wolfgang Böhmer subit un sérieux revers en perdant 18 de ses 65 députés régionaux. Même si le nombre total de siège diminue tout autant, elle rate la majorité absolue à deux sièges près. À gauche, Die Linke s'affirme comme la première force d'opposition, alors que le SPD, même s'il perd un siège, progresse légèrement en pourcentage de voix sans toutefois retrouver son niveau des années 1990, quand il dépassait les 30 %. Les écologistes, exclus du Landtag en 1998, échouent pour la seconde fois à y revenir, tandis que la DVU, malgré sa poussée, échouer à y faire son entrée.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La réédition de l'alliance de centre-droit étant compromise, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) s'est tournée vers le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) afin de former une grande coalition dirigée par Wolfgang Böhmer.

Notes et références[modifier | modifier le code]