Élections législatives mongoles de 2008

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Élections législatives mongoles de 2008
76 sièges du Grand Khoural d'État
29 juin 2008
Type d’élection  législatives
Démographie électorale
Votants 1 735 120
  
74,31 %
Red flag waving.svg
Parti révolutionnaire du peuple mongol
Voix 914 037
  
52,67 %
Sièges obtenus 45 Green Arrow Up.svg 9
Blue flag waving.svg
Parti démocratique
Voix 701 641
  
40,43 %
Sièges obtenus 28 Red Arrow Down.svg 6
Green flag waving.svg
Volonté Civile
Voix 34 319
  
1,97 %
Sièges obtenus 1 Green Arrow Up.svg 1
Green flag waving.svg
Parti Vert
Voix 24 806
  
1,42 %
Sièges obtenus 1 Green Arrow Up.svg 1
No flag.svg
Indépendants
Voix 60 320
  
3,47 %
Sièges obtenus 1 Red Arrow Down.svg 2
Résultats par circonscriptions
Diagramme
Résultats en fonction des circonscriptions
Premier ministre
Sortant
Élu
Législature élue
5e Grand Houral d'État

Des élections législatives se sont tenues en Mongolie le 29 juin 2008 afin d'élire les 76 membres du Grand Khoural d’État, le parlement mongol. Ces élections supposées frauduleuses ont entrainé des émeutes et des violences après la publication des résultats

Système électoral[modifier | modifier le code]

Un nouveau système électoral a été mis en place pour ces élections. Lors des précédents scrutins, les votants élisaient un député pour chaque circonscription. Le nouveau système électoral, plus complexe, prévoyait l'élection des plusieurs députés pour chaque circonscription (de 2 à 4 selon les aïmags et les districts de Oulan-Bator) au scrutin majoritaire plurinominal. La complexité de ce nouveau mode de scrutin a retardé la publication des résultats définitifs.

Campagne[modifier | modifier le code]

Pour l'élection des 76 membres du parlement, 356 candidats se sont présentés (311 représentant un parti politique ou une coalition, 45 indépendants). Parmi ces candidats, seuls 28 étant des députés sortants. Les deux principaux partis politiques ont promis des retombées financières en cas de victoire, le Parti démocratique promettant 1 million de tugriks (environ 600 euros) par personne en cas de succès. Dénonçant dans un premier temps ce genre de promesses, le PRPM a finalement promis 1,5 million par personne. Les autres principaux sujets de campagne furent l'inflation et les concessions minières.

Résultats[modifier | modifier le code]

La publication des résultats fut retardée, notamment à cause de la complexité du système électoral. Des résultats partiels furent publiés le 14 juillet 2008, soit plus de deux semaines après le scrutin. Ces résultats donnaient au moins 39 sièges au Parti révolutionnaire du peuple mongol (PRPM), 25 sièges au Parti démocratique, un au parti de Volonté Civile, et 3 aux candidats indépendants. La publication des résultats de 3 circonscriptions fut repoussée (Hentiy, Dornod et Bayangol). Les résultats de Hentiy furent publiés le 20 août 2008 portant le nombre de députés du PRPM à 42. Les résultats définitifs furent finalement rendus publics, donnant une large victoire au PRPM. Le taux de participation fut de 74,3%, en baisse par rapport à 2004 (82%)[1].

Partis Votes  % Sièges +/–
Parti révolutionnaire du peuple mongol 914 037 52,67% 45 +8
Parti démocratique 701 641 40,43% 28 -6
Parti Volonté Civile 34 319 1,97% 1 +1
Parti Vert 24 806 1,42% 1 +1
Indépendants 60 320 3,47% 1 –2
Total 1 735 123 100% 76 =
Participation : 74,3%
Source: IPU.org

Allégations de fraude et émeutes[modifier | modifier le code]

Siège du PRPM, juillet 2008

Ces résultats, tardifs, donnèrent une majorité absolue au PRPM, permettant à ce parti de gouverner seul et de rompre la coalition qui le liait au parti démocratique. Le dirigeant du PD, Tsakhiagiyn Elbegdorj, contesta toutefois ces résultats, et affirma que son parti avait remporté l'élection[2]. Les observateurs internationaux présents qualifièrent pourtant ces élections de libres et régulières.

Peu de temps après l'annonce des premiers résultats, des émeutes se déclenchèrent, les émeutiers affirmant que les résultats des élections avaient été falsifiés. Ils mirent le feu au siège du PRPM, s'attaquèrent à un commissariat de police, et mirent le feu également au Palais culturel d'Oulan-Bator. Selon le ministre de la Justice Tsend Munkh-Orgil, il y eut cinq morts et 329 blessées (221 civils et 108 policiers) lors des violences et des affrontements entre les émeutiers et la police. La police procéda en outre à 718 interpellations[3]. En réponse, le 1er juillet, le président de la République, Nambaryn Enkhbayar, décréta l'état d'urgence dans le pays[2],[4]. De telles violences sont rares en Mongolie[3].

Conséquences politiques[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, le parti démocratique décida de boycotter l'investiture du nouveau parlement. En l'absence de plus d'un tiers des députés, le quorum ne fut pas atteint et les nouveaux députés ne purent pas être investis. Finalement, le 28 août 2008, la plupart des députés du PD assistèrent à l'investiture du parlement et un gouvernement de coalition entre les deux principaux partis fut formé le 11 septembre de la même année.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]