UTCATF

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UTCATF (ou UTCAF) (Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie), en anglais LULUCF (Modèle:Llangue), est une catégorie utilisée dans les inventaires sectoriels d'émissions de gaz à effet de serre qui regroupe les émissions et les absorptions de ces gaz découlant directement des activités humaines liées à l'utilisation des terres, leurs changements d'affectation et à la forêt. On parle habituellement du « secteur UTCATF »[1],[2],[3].

Description[modifier | modifier le code]

Le secteur UTCATF regroupe les flux de carbone induits par les activités humaines, relatifs au couvert végétal et à la matière organique du sol dont la teneur en carbone dépend des activités auxquelles il est destiné.

Il a remplacé le secteur UTCF (Utilisation des terres, leurs changements et la forêt), en anglais FOLU (Forestry and other land use), précédemment utilisée[4].

La CCNUCC considère comme anthropiques toutes les émissions et absorptions ayant lieu sur des terres déclarées comme « gérées », bien que celles-ci soient en partie naturelles et considérées comme telles dans les bilans carbone du GIEC[5]. Les aléas naturels comme les incendies ou les tempêtes ne sont normalement pas pris en compte mais le sont en France[6],[7].

Sont principalement concernées :

  • les terres forestières qui stockent beaucoup de carbone dans les arbres, la litière et le sol ;
  • les terres agricoles qui en stockent surtout dans le sol.

Les flux principaux sont dus au changement d'affectation des terres, comme l'afforestation, la déforestation ou l'urbanisation de terres agricoles, à des changements de pratiques, comme la culture sans labour ou à des dynamiques de long terme multifactorielles, comme la croissance forestière.

L'objectif de l'inventaire est d'évaluer les flux entrant ou sortant des différents réservoirs de carbone, définis ainsi par le GIEC : la biomasse vivante aérienne, la biomasse vivante souterraine, le bois mort, la litière, la matière organique du sol, les produits bois.

L'inventaire concerne tous les gaz à effet de serre émis ou absorbés par le secteur : CO2, méthane (CH4) et protoxyde d'azote (N2O).

Lorsque les absorptions de CO2 sont supérieures aux émissions, on parle d'émissions négatives et on dit que le secteur UTCATF constitue un puits de carbone.

Méthodologie[modifier | modifier le code]

Les inventaires UTCATF reposent sur un suivi des surfaces. Le territoire considéré est découpé en unités géographiques sur lesquelles les différents flux, émissions et absorptions liées à l'utilisation du sol, sont estimés.

Le GIEC distingue six grandes catégories d’occupation du sol :

  • les forêts ;
  • les terres cultivées (terres cultivées et labourées ainsi que les parcelles en agroforesterie pour lesquelles la définition de forêt ne s'applique pas) ;
  • les prairies (zones couvertes d'herbe d'origine naturelle ou semées il y a plus de cinq ans) ;
  • les terres humides ;
  • les zones artificielles ;
  • les autres terres (ex: roches, sols nus, sable...).

L'UTCATF ne couvre pas les émissions liées à la fertilisation azotée, aux amendements basiques et à l’élevage qui sont incluses dans le secteur Agriculture.

Inventaires[modifier | modifier le code]

Au niveau mondial, le secteur UTCATF est un émetteur net de carbone. Selon le GIEC, il contribuait à 11 % des émissions de gaz à effet de serre en 2010, soit 5,4 Gt CO2 éq.[8]. Sur la décennie 2006-2015, les émissions du secteur UTCATF ont été en moyenne de 4,4 Gt (±1.3) CO2 éq. par an. La zone tropicale a été une source nette de 5,2 Gt par an, alors que les latitudes moyennes de l'hémisphère nord ont été un puits net de −1,0 Gt et les latitudes moyennes de l'hémisphère sud ont été neutres en carbone[9].

France[modifier | modifier le code]

En France, le secteur UTCATF est un puits net de carbone. Il est compris selon les années entre -30 et -50 Mt CO2éq., ce qui permet de compenser environ 10% des émissions totales de gaz à effet de serre des autres secteurs. En 2017, ses émissions nettes ont été évaluées à −32 Mt CO2 éq (−36 Mt en France métropolitaine). La stratégie nationale bas carbone table sur un doublement des absorptions à l'horizon 2050, soit −67 Mt CO2 éq. par an[10],[11]. Il faudrait alors réduire les émissions de gaz à effet de serre à ce niveau là pour atteindre la neutralité carbone. C’est principalement la croissance des arbres sur pied (plus que l’expansion de la surface forestière) qui explique le niveau de puits de carbone de la France.

Autres utilisations[modifier | modifier le code]

Les critères de durabilité des biocarburants requis par la directive de l'Union Européenne sur les biocarburants incluent des prescriptions relatives à l'UTCATF[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Glossary » [PDF], sur GIEC, (consulté le 27 juillet 2018).
  2. Données présentées dans les inventaires de gaz à effet de serre pour la période 1990-2015, Nations Unies, FCCC, 20 septembre 2017 [PDF].
  3. « Glossaire », sur CITEPA (consulté le 15 novembre 2017).
  4. « Dictionnaire environnement : Définition UTCF », sur actu-environnement.com (consulté le 11 octobre 2015).
  5. Quentin Perrier, « « Zéro émissions nettes » : Signification et implications » [PDF], sur Institut Pierre-Simon-Laplace, (consulté le 14 novembre 2018).
  6. « Pourquoi les émissions de CO2 des forêts sont-elles exclues des inventaires de GES ? », sur Radio-Canada, (consulté le 15 août 2019).
  7. « Les émissions liées à l’utilisation des terres, aux changements d'affectation des terres et foresterie (UTCATF) », sur CITEPA, (consulté le 1er août 2019).
  8. Émissions anthropogéniques mondiales de gaz à effet de serre 1970-2010
  9. (en) R. A. Houghton et Alexander A. Nassikas, « Global and regional fluxes of carbon from land use and land cover change 1850–2015 », Global Biogeochemical Cycles banner, vol. 31, no 3,‎ , p. 456-472 (DOI 10.1002/2016GB005546).
  10. Colas Robert et Stéphanie Barrault, Gaz à effet de serre et polluants atmosphériques : Bilan des émissions en France de 1990 à 2017, CITEPA, , 450 p. (lire en ligne), p. 106,290
  11. Romain Bort et Nathan Vandromme, Rapport National d’Inventaire pour la France au titre de la Convention cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques et du Protocole de Kyoto, CITEPA, , 746 p. (lire en ligne), p. 93
  12. « DIRECTIVE (UE) 2018/2001 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 11 décembre 2018 relative à la promotion de l'utilisation de l'énergie produite à partir de sources renouvelables (refonte) », , p. 51

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]