Tube de Malpighi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les tubes de Malpighi sont, chez les Insectes un des organes constituant leur appareil excréteur


Dénomination[modifier | modifier le code]

Les tubes de Malpighi ont été nommés du nom de leur découvreur Marcello Malpighi.

Anatomie[modifier | modifier le code]

Les tubes de Malpighi sont des évaginations de la partie terminale du tube digestif, de forme tubulaire et de structure apparentée à celle des néphrons des vertébrés. Leur nombre varie de deux à plus de cent selon les espèces.

Physiologie[modifier | modifier le code]

Elle évolue avec l'âge de l'individu, du stade embryonnaire[1] au stade adulte, et notamment au cours des métaphorphoses[2]. Ils ont plusieurs fonctions connues[3].

  • Ce sont d'abord des organes motiles[4] et pulsatiles[5]) de l'excrétion ; ils achèvent le processus de digestion et nutrition ; ils baignent dans l'hémolymphe dont ils extraient activement le potassium.
  • Ils produisent du mucus[6], notamment utilisé par certaines larves pour former leur cocon ou abri[7].
  • Ils jouent aussi un rôle dans la régulation ionique[8] et l'osmorégulation ; l'eau du bol alimentaire est réabsorbée[9], ce qui diminue les pertes d'eau et permet à l'insecte de vivre en milieu très sec.
  • Ils jouent un rôle de détoxication en filtrant les déchets azotés, l'acide urique, les granules d'oxalate de calcium (expulsés sous forme de concrétions minérales[10],[11]), et le chlorure de sodium en excès.
  • Chez la larve d'une espèce néozélandaise (Arachnocampa luminosa), ils abritent une réaction de bioluminescence[12] ; un phénomène un peu similaire a été observé chez la chenille du Bombix neustria L.[13].
  • Ils peuvent être parasités[14], mais parfois les interactions entre le parasite et l'hôte pourraient être de type interactions durables.

Biologie comparée[modifier | modifier le code]

L'étude de cet organe chez les insectes, et leur physiologie comparée, entreprise il y a plus d'un siècle, notamment par E. Licent en 1912[15], présente un intérêt en taxonomie (par exemple pour la détermination des blattes[16]) mais aussi, selon Poll (1932), en phylogénèse[17] et pour leur comparaison avec le tube ulcinaire[Quoi ?] des vertébrés[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alkassis, W. (1983). Les tubes de Malpighi chez les Diptères supérieurs: leur évolution structurale et physiologique pendant la vie post-embryonnaire chez Calliphora erythrocephala Meigen, leur signification taxinomique chez les Drosophilidae (Thèse de doctorat).
  2. Hufnagel A (1912) Métamorphose des tubes de Malpighi de l'Hyponomeuta padella L. CR Soc. Biol.(Paris), 73, 100-102.
  3. Poll M (1932) Note sur la fonction des tubes de Malpighi des Coléoptères. Bull. Ann. Soc. Ent. Belg, 72, 103-109.
  4. Marchal P (1892) Sur la motilité des tubes de Malpighi. Ann. Soc. Ento. Fr.
  5. Lison, L. (1937). L'appareil pulsatile du tube de Malpighi chez Tenebrio molitor L. Ann. Soc. roy. Belg., 67, 41-49.
  6. Martoja, R. (1956). Mise en évidence d'une sécrétion muqueuse dans les tubes de Malpighi de quelques Orthoptères et d'un Phasmoptère. Bull. Soc. Zool. Fr., 81, 172-173.
  7. Pesson, P. (1956). Sécrétion d'une mucoprotéine par les tubes de Malpighi des larves de Cercopides. Son rôle dans la formation de l'abri spumeux. Boll. Lab. Zool. gen. agr. Portici, 33, 341-349.
  8. Bone, G., & Koch, H. J. (1942). Le rôle des tubes de Malpighi et du rectum dans la régulation ionique chez les insectes. Ann. Soc. zool. Belg, 73, 73-87.
  9. Berkaloff A (1960) Aspects morphologiques du transit de l'eau dans les tubes de Malpighi de Gryllus domesticus (Orthoptère, Gryllidae). Étude d'une néphrose osmotique. CR Acad. Sci., Paris, 250, 2609-2611.
  10. Humbert, W. (1974). Localisation, structure et genèse des concrétions minérales dans le mésentéron des Collemboles Tomoceridae (Insecta, Collembola). Zeitschrift für Morphologie der Tiere, 78(1-2), 93-109 (résumé).
  11. Barbier, R., & Le Garff, B. (1985). Ultrastructure des tubes de Malpighi et mise en evidence de cristaux de calcium chez la chenille de Galleria mellonella L.(Lepidoptera: Pyralidae). International Journal of Insect Morphology and Embryology, 14(1), 3-20.
  12. Photographies
  13. Busnel, R. G., & Drilhon, A. (1941). Une nouvelle substance fluorescente dans le tube de Malpighi de la chenille de Bombix neustria L. CR Soc. Biol, 135, 1008.
  14. Toguebaye B.S & Marchand B (1984) Étude ultrastructurale de Unikaryon matteii n. sp.(Microsporida, Unikaryonidae) parasite de Nisotra sp.(Coleoptera, Chrysomelidae) et remarques sur la validité de certaines Nosema d'Insectes. The Journal of protozoology, 31(2), 339-346.
  15. Licent E (1912) Recherches d'anatomie et de physiologie comparées sur le tube digestif des Homoptères supérieurs. J. Van In.
  16. Leconte, O., Lefeuvre, J. C., & Razet, P. (1967). Un nouveau critère taxonomique chez les blattes: l’insertion des tubes de Malpighi. Comptes Rendus Acad. Sci. Paris Série D, 265, 1397-1400.
  17. Poll M. (1932), Contribution a l’étude des tubes de Malpighi des Coléoptères; leur utilité en phylogénèse. Recueil de l’Institut Zoologique Torley-Rousseau, 4, 47-80
  18. Pol M (1934) Le tube de Malpighi des insectes comparé au tube ulcinaire des vertébrés. Ann. Soc. zool. Belg, 65, 87-95.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Berkaloff, A. (1961). Contribution à l'étude des tubes de Malpighi et de l'excrétion chez les insectes: observation au microscope électronique (Thèse de doctorat, Masson et Cie Éditeurs).
  • Gagnepain, J. (1956). Sur la présence d’un segment muqueux dans les tubes de Malpighi de quelques odonates. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, 242(23), 2777-2779.
  • Lison, L. (1936). Études histophysiologiques sur le tube de Malpighi. Arch. Biol., 48, 321-360.
  • Lison, L. (1938). Études histophysiologiques sur les Tubes de Malpighi des Insectes. Cell and Tissue Research, 28(2), 179-209 (résumé).
  • Martoja, R. (1959). Données cytologiques et histochimiques sur les tubes de Malpighi et leurs sécrétions muqueuses chez Locusta migratoria R. et F.(Orthoptère, Acridien). Acta histochem.(Jena), 6, 185-217.
  • Messier, P. E., & Sandborn, E. B. (1966). Mitochondries dans les microvillosités des tubes de Malpighi chez le grillon. Revue canadienne de biologie, 25(3), 217.