Trichomonas tenax

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Trichomonas tenax
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Trichomonas tenax en examen à l'état frais tiré du biofilm d'un patient atteint de parodontite chronique active. La forme de poire est typique. Les quatre flagelles sont bien distinctes et amènent les débris vers le mastigonte servant d'orifice masticatoire.

Classification
Domaine Eukaryota
Règne Excavobionta
Embranchement Metamonada
Super-classe Trichozoa
Classe Parabasalia
Ordre Trichomonadida
Famille Trichomonadidae
Genre Trichomonas

Nom binominal

Trichomonas tenax
(Müller, 1773)

Trichomonas tenax, ou trichomonas de la bouche, est un protiste vivant dans la cavité buccale de l'homme du chien et du chat[1]. L'hygiène habituelle n'est en général pas suffisante pour éliminer ce parasite, d’où son nom de "tenace". C'est un parasite parfois dit sans importance bien qu'il soit fréquemment rencontré lors des infections parodontales, touchant plus de 50 % de la population par endroits, mais il reste le plus souvent ignoré. Il demeure cependant absent du biofilm gingival commensal dit de santé[2]. Sa présence dans les gingivites ulcéro-nécrosantes (GUN) et parodontites ulcéro-nécrosantes (PUN) en font un pathogène aggravant de la maladie parodontale. Ce parasite est aussi présent dans certaines maladies chroniques pulmonaires ou son élimination a permis la guérison (Mussaev 1976). Il en va de même pour l'incidence et l'apparente guérison de la maladie parodontale suivant son élimination conjointement avec l'amibe Entamoeba gingivalis[3],[4]. Il fut rapporté présent dans presque 90 % des parodontites avancées dans les prisons de San Quentin au siècle dernier. Les conditions de proximité avec la multiplicité des contacts, ensemble possiblement accompagnés de diètes déficientes seraient responsable de ce taux particulièrement élevé. L'âge serait aussi un facteur d'importance (Kofoid et al.1929) et l'intense inflammation serait caractéristique.

C'est le plus petit des trois Trichomonas de l'homme, 6 à 8 microns de long sur 5 à 6 de large. Il possède un axostyle long et grèle, 4 flagelles antérieurs et un flagelle récurrent soulevant une membrane ondulante jusqu'aux deux tiers du corps. Il peut occasionnellement apparaitre plus volumineux, rappelant trichomonas vaginalis Dans ce cas spécifique, la confirmation d'un parasite buccal ou vaginal reste à confirmer d'autant que la transmission de ce genre de parasite résulte le plus souvent de contacts directs des muqueuses.

D'apparence très agile, la membrane ondulante donne presque l'impression de petites pattes.

Il vit dans le tartre dentaire, les clapiers de pyorrhée alvéolo-dentaire et les cryptes amygdaliennes purulentes. T.tenax serait impliqué dans la dégradation des tissus parodontaux par sécrétion de diverses substances telles la phosphatase alcaline, la fibronectine et la cathepsine[5][réf. insuffisante]. Trichomonas tenax remplit les conditions préalables pour être considéré pathogène puisqu'il peut causer des dommages aux cellules mamifères au même titre que trichomonas vaginalis[6]. Il n'a pas de forme kystique et se transmet directement sous forme végétative.

Trichomonas tenax peut facilement être détectée par microscopie à contraste de phase sur un examen à l'état frais du biofilm d'une poche parodontale infectée. Le montage se fait sur milieu salivaire pour éviter les déformations que l'eau courante ou une solution saline pourraient apporter.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kofoid CA, Hinshaw HC, Johnsotne HG. « Animal parasites of the mouth and their relation to dental disease » Journal of the American Dental Association 1929;1434-1455
  2. Bonner M., Tant de bouches à guérir... des parasites qui les vampirisent. Vaincre la parodontite. Éditions Amyris, 2009 (ISBN 978-2-9303-5375-3)
  3. (en) Lyons T. et al. « Oral amoebiasis : a new approach for the general practitionner in the diagnosis and the treatment of periodontal disease » Oral Health 1980;70:39-41, 108, 110.
  4. (en) Lyons T. Introduction to protozoa and fungi in periodontal infections. Trevor Lyons Publications, Ontario, Canada 1989. (ISBN 0-9693950-0-0)
  5. Trichomonase pleurale à Trichomonas tenax. Porcheret, Maisonneuve, Estève, Jagot, Le Pennec. 2002
  6. Ribeiro LC, Santos C, Benchimol M. Is Trichomonas tenax a Parasite or a Commensal? Protist 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bonner M. Tant de bouches à guérir… des parasites qui les vampirisent. Vaincre la parodontite. Éditions Amyris, 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]