Tir à l'arc à la perche verticale

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Tir à la perche verticale *
Image illustrative de l’article Tir à l'arc à la perche verticale
Tir à l’arc au papegai ancêtre du tir à l’arc à la perche actuel
Domaine Jeux
Lieu d'inventaire Nord-Pas-de-Calais
* Descriptif officiel Ministère de la Culture (France)

Le tir à l'arc à la perche verticale ou tir à l'oiseau[1] est un sport traditionnel pratiqué notamment dans le nord de la France, ainsi qu'en Belgique, en Angleterre, au Canada et aux Pays-Bas[2].

Il s'agit d'éjecter, à l'aide d'un arc et de flèches, des petits cylindres ornés de plumes tricolores, appelés « oiseaux », d'une grille placée au sommet d'un mât vertical, appelé perche, qui culmine à une trentaine de mètres[3].

Origines[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

La mention d'un tir comparable à celui du tir à l'oiseau est faite par Virgile dans l'Enéide, au chant V, vers 485 à 544, et qui font intervenir les personnages de Hippocoon, Mnesthée, Euryton et Aceste[4],[5],[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire des archers est en partie liée à celle des terres de Flandre et d'Artois. C'est ainsi qu'au XIIIe siècle, Philippe Auguste crée des milices d'archers au nord de son royaume. Au XVe siècle, ces compagnies s'organisent et prennent le nom de francs-tireurs, les guildes s'affrontant au cours de tournois. Au XVIe siècle, certaines villes du nord installent des « eschampersches » ou perches verticales sur des terrains spécifiques[7]. Les guildes sont dissoutes pendant la Révolution, mais le jeu revient au XIXe siècle grâce aux associations d'archers qui se créent alors.

Règles du jeu[modifier | modifier le code]

Photo en gros plan d'un objet en forme d'oiseau de couleur bleu et jaune.
Oiseau en bois utilisé pour le tir à l'oiseau.

L’objectif est d’éjecter des oiseaux postiches situés sur plusieurs niveaux en haut d’une perche d’une trentaine de mètres[8]. Cette perche est surmontée d'une herse ou grille en fer comprenant plusieurs barres transversales garnies de broches pour le placement des oiseaux (petits et primés). La grille est surmontée de trois barres portant chacune deux oiseaux (supérieurs, intermédiaires et inférieurs, appelés aussi « côtés »). La tige centrale est prolongée et sert de support à un oiseau unique dénommé oiseau d'honneur[9],[10].

Les flèches et les arcs doivent répondre aux critères suivants: arc compound ou arc traditionnel. La force de l’arc ne doit pas dépasser 70 livres (soit 31,71 kg). Le poids maximum de chaque flèche est de 100 grammes (pas de renfort métallique), le diamètre est compris entre 18 et 28 mm. Un embout en plastique plat remplace la pointe de la flèche.

Des points sont attribués en fonction de la taille et du placement des oiseaux éjectés. L’évaluation des points est la suivante : en Belgique et aux Pays-Bas (4 niveaux): Honneur 4 points, Supérieur 3 points, Intermédiaire 2 points, petits oiseaux 1 point; en France (5 niveaux): Honneur 5 points, Supérieur 4 points, Intermédiaire 3 points, Inférieur 2 points, petits oiseaux 1 point. Tout ce qui tombe lors d’un coup de flèche compte hormis en cas de bris de perche[11],[12].

En France[modifier | modifier le code]

Photo montrant un homme habillé en blanc visant le ciel avec un arc.
Tir du Roy de France avec le Roy de la Compagnie d'arc d'Amiens en train de tirer l'oiseau.

Le tir à l'arc à la perche verticale est très répandu dans la région du Nord-Pas-de-Calais où il est pratiqué sur des terrains prévus à cet effet. L'histoire de la pratique dans cette région remonte au Moyen Âge et à la Guerre de Cent Ans quand l’archerie perfectionnée par les Anglais était propagée dans le territoire. À l'époque, les archers s'organisaient dans des confréries par un système de parrainage[13].

C'est en que fut fondée l'Union des Associations des Archers du Nord de la France, qui fédère plus de 80 sociétés des départements du Nord et du Pas-de-Calais, qui se répartissent en trois secteurs géographiques : l'Artois, la Flandre maritime et la Flandre terrienne et qui compte environ 3 800 membres[7].

Ces associations ont alors remplacé les anciennes guildes et confréries en ont gardé les règles et les traditions. Ces sociétés portent souvent un nom, lié à l'esprit de solidarité qui unit ses membres (la Fraternelle, l'Alliance...) ou à l'Histoire, (Guillaume Tell, ou, très représenté, Saint Sébastien, saint patron des archers)[7].

Les compagnies d'arc traditionnelle organisent chaque année un tir à l'oiseau pour déterminer le « Roy » de la Compagnie. L'oiseau est en bois, de la forme en usage dans chaque compagnie. Il est posé sur deux pattes de bois, avec interdiction d'y mettre un fer ou un laiton qui puisse porter préjudice à l'abattage de l'oiseau. Il faut abattre le corps entier en le frappant avec la flèche, et non l'effleurer[14]. Depuis le XVIIIe siècle, la configuration des terrains des compagnies ne permettant pas toujours un tir vertical comme le veut la tradition, ce tir peut s'effectuer dans le jeu d'arc, sur terrain plat, à un peu moins de 50 mètres[14],[15]. Certaines compagnies ont également ouvert ce concours aux enfants de moins de 14 ans qui peuvent ainsi devenir « Roitelet(te) », leur distance est adaptée, ils peuvent tirer à 30 mètres[16],[17].

Depuis la Fédération française de tir à l'arc a également mis en place un tir pour déterminer le « Roy de France ». Chaque année, le Roy de la Compagnie représente donc la Compagnie. Cette épreuve se déroule en suivant les règles officielles, en tirant sur une perche verticale de 15 mètres de haut avec, à son extrémité, un oiseau en bois[15].

En France, en 1978 était créé le championnat de France de tir à l'arc à la perche verticale pour les femmes[13].

Dans la première décennie des années 2000, le Parc naturel régional des caps et marais d'Opale, la Maison des Archers de Watten[18] et le Musée de l’archerie du Valois[19] ont commencé à mener des actions pour valoriser cette pratique inscrite à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en 2012[20].

En Belgique[modifier | modifier le code]

Au Canada[modifier | modifier le code]

Ce sport est aussi pratiqué au Canada[21].

Aux Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le tir à l'oiseau ou à la perche »
  2. Tir à l'arc sur perches verticales : un vrai sport ancré dans l'histoire de France - La Voix du Nord - 18 août 2012
  3. « perche de tir à l'arc: un long mât vertical d'environ 30 mètres, avec en son centre, un axe placé sur un pied permettant la bascule du mât. Au sommet de celui-ci, on trouve des "râteaux" horizontaux appelés grilles et barres d'honneur sur lesquels on vient enfoncer de petits rondins de bois ornés de plumes tricolores que l'on appelle "oiseau". »
  4. [1]
  5. [2]
  6. [3]
  7. a b et c Historique sur le site de L'Union des Archers du Nord de la France.
  8. Un sport séculaire typique du Nord et du Pas-de-Calais : le tir à l’arc à la perche verticale - consulté le 11 mars 2019
  9. UNION DES ASSOCIATIONS D'ARCHERS DU NORD DE LA FRANCE Règlement Général Des CONCOURS de TIR A L'ARC A LA PERCHE VERTICALE (Revu et corrigé en 2018) - consulté le 11 mars 2019
  10. FICHE TYPE D'INVENTAIRE DU PATRIMOINE CULTUREL IMMATERIEL DE LA FRANCE « TIR A LA PERCHE VERTICALE » : Le but est « d’abattre un oiseau » se trouvant en haut d’une perche. L’oiseau (appelé aussi « papegai ») est un morceau de bois d’environ 5 cm surmonté de plumes et percé d’un trou pour pouvoir le fixer. Les plumes ont des couleurs différentes selon leur place sur la perche et selon les codes des concours. La perche mesure entre 25 et 30 mètres de haut. - site cilture.gouv.fr consulté le 18 mars 2018
  11. Règlement du Comité international Européen Tir à l‘arc à la perche verticale - édition 18 février 2017
  12. FICHE TYPE D'INVENTAIRE DU PATRIMOINE CULTUREL IMMATERIEL DE LA FRANCE « TIR A LA PERCHE VERTICALE » : Au sommet de la perche se trouve un grillage surmonté d’une tige avec plusieurs branches de chaque côté (des « grilles étagées »). Le nombre des grilles varie selon les perches. Au plus bas, se trouve les « inférieures », viennent ensuite les « intermédiaires », les « supérieures » et l’honneur (pique unique au sommet). C’est sur ces piques que se trouvent les oiseaux. Plus le pic est haut, plus l’oiseau abattu rapporte de points. L’archer doit donc viser les oiseaux avec ses flèches. Un embout de plastique plat (un « moquet ») remplace la pointe de flèche. L’honneur au sommet vaut 7 points. Les points sont dégressifs pour les étages du dessous. Les oiseaux qui se trouvent sur la grille du bas rapportent différents prix et lots selon les couleurs des oiseaux abattus. Les prix sont en général équivalents aux mises puisque les sociétés ne font pas de bénéfices sur les concours. Le vainqueur est l’archer qui totalise le plus de points.site culture.gouv.fr consulté le 18 mars 2018
  13. a et b « Tir à l’arc au papegai ancêtre du tir à la perche verticale », sur Patrimoine Culturel Immatériel (consulté en 11:03:2019).
  14. a et b Arnauld de Pomponne 1733.
  15. a et b FFTA, « Le Roy de France », sur ffta.fr (consulté le 3 mars 2021).
  16. Compagnie d'arc d'Amiens, « Tir à l’Oiseau - 23 avril 2017 », sur cie-arc-amiens.com (consulté le 18 février 2019).
  17. « Les Archers d'Amiens à travers les siècles - Association sportive », sur cie-arc-amiens.com (consulté le 18 février 2019).
  18. « Maison des Archers de Watten », sur Maison des Archers de Watten (consulté en 11:03:2019)
  19. « Musée de l’archerie du Valois », sur Le musée de l’archerie et du Valois (consulté en 11:03:2019)
  20. « Ministère de la culture » (consulté le 11 mars 2019)
  21. Des tireurs à l'arc se sont donné rendez-vous à Saint-Boniface Radio-Canada, 08 septembre 2014
  22. History of Pole Archery in Winnipeg, Manitoba "Robin Hood Archery Club", consulté le 11 mars 2019