Tanystropheus

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Tanystropheus
Description de cette image, également commentée ci-après
Reconstitution de Tanystropheus longobardicus.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Sauropsida
Sous-classe Diapsida
Infra-classe Archosauromorpha
Ordre  Prolacertiformes
Famille  Tanystrophidae

Genre

 Tanystropheus
Meyer, 1852

Espèces de rang inférieur

  • T. conspicuus Meyer, 1852 (espèce type)
  • T. longobardicus (Bassani, 1886)
  • T. meridensis Wild, 1980

Synonymes

  • Tribelesodon Bassani, 1886
  • Procerosaurus von Huene, 1902

Tanystropheus est un genre éteint de reptiles carnivores quadrupèdes d'environ six mètres de long, appartenant à l’ordre des Prolacertiformes. Il a vécu au cours du Trias (242-205 Ma) ; ses restes fossiles sont connus en Europe, en Israël et en Chine.

Fossiles découverts[modifier | modifier le code]

Le premier fossile a été découvert en 1852. Il vivait au Trias moyen. Sa taille est estimée à six mètres de long mais de plus petits spécimens, peut-être des jeunes, ont également été trouvés qui ne dépassaient pas les trois mètres de long.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de genre Tanystropheus est composé de deux mots du grec ancien τανυς (long) et στροφαηυς (vertèbre), qui indiquent la longueur exceptionnelle de ses vertèbres cervicales.

Description[modifier | modifier le code]

Ils ressemblaient à de grands lézards affublés d’un cou très allongé, et cette caractéristique de l'animal s'est développée à l'extrême chez certains individus de l'espèce, pouvant atteindre à lui seul trois mètres, soit la moitié de la longueur de l'animal. Le cou de l'animal ne compte que 12 à 13 vertèbres, extrêmement allongées[1]. Comme beaucoup de lézards actuels, sa queue pouvait se détacher si elle était saisie par un prédateur.

Paléobiologie[modifier | modifier le code]

Fossile de Tanystropheus longobardicus.
Peinture de Tanystropheus.

La morphologie et le mode de vie de Tanystropheus représentent une véritable énigme de biomécanique. La forme de Tanystropheus est si particulière qu'on se demandait à quoi il était adapté.

Diverses hypothèses ont été proposées concernant le mode de vie de cet animal. Certains en ont fait un reptile terrestre avec le cou tenu horizontalement et plutôt détaché. D'autres paléontologues ont estimé qu’il n’aurait jamais pu supporter le poids de son cou sur la terre ferme. Les reconstructions de l'animal en ont fait longtemps un être semi-aquatique, voire entièrement aquatique dans des eaux peu profondes, qui chasse le poisson grâce à son cou démesuré.

Cependant, Tanystropheus ne présente aucune adaptation morphologique à la vie aquatique, ce qui laisse croire qu'il a peut-être plutôt fréquenté les plages et autres abords de plans d'eau, se nourrissant de poissons et de coquillages qu'il a pu pêcher avec son cou hypertrophié.

En 2006, Silvio Renesto et al. décrivent un spécimen découvert en Suisse[2] qui montre la présence de plusieurs de sphérules calcitiques près de la base de sa queue. Celles-ci témoignent de l'existence d'une grande masse musculaire sur ses pattes arrière et sa queue. Le poids important de ces muscles déplace le centre de gravité très à l’arrière de l'animal. Ceci suggère à Silvio Renesto que Tanystropheus était particulièrement bien stable et ancré sur son arrière-train pour pouvoir manœuvrer facilement son très long cou. Il en conclut que l'animal vivait probablement le long du rivage, capturant avec ses dents acérés des poissons et autres organismes marins en balançant son cou hypertrophié dans des eaux peu profondes[2].

Le fossile suisse de Tanystropheus a également montré, pour la première fois, des empreintes de tissus mous, dont des empreintes de la peau de l'animal. Il est couvert d'écailles de forme semi-rectangulaire qui ne se recouvrent pas les unes les autres[2].

En 2015, une étude conduite par le paléontologue britannique Mark Witton renforce l'hypothèse d'une vie à dominante terrestre[3]. Outre le fait, déjà souligné, que Tanystropheus ne présente pas d'adaptation significative à la vie aquatique, il estime que le poids du cou, malgré sa longueur démesurée, ne représente que 20% de la masse totale de l'animal et parait donc facilement manœuvrable. Il conclut que Tanystropheus aurait pêché à la manière d'un héron[3],[4].

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

L'espèce la mieux connue est Tanystropheus longobardicus. En effet, la formation géologique de Besano en Italie (Ladinien), a livré de nombreux squelettes complets de jeunes Tanystropheus[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Rieppel, O., Jiang, DY., Fraser, N.C., Hao, W.C., Motani, R., Sun, YL., Sun, ZY. 2010. Tanystropheus cf. T. longobardicus from the Early Late Triassic of Guizhou Province, Southwestern China. JVP. 30(4):1082–1089
  2. a, b et c (en) Renesto, S. (2005). "A new specimen of Tanystropheus (Reptilia Protorosauria) from the Middle Triassic of Switzerland and the ecology of the genus." Rivista Italiana di Paleontologia e Stratigrafia, 111(3): 377–394
  3. a et b (en) http://markwitton-com.blogspot.com/2015/11/the-lifestyle-of-tanystropheus-part-1.html
  4. (en)http://markwitton-com.blogspot.com/2015/12/the-lifestyle-of-tanystropheus-part-2.html
  5. (en) Dal Sasso, C. and Brillante, G. (2005). Dinosaurs of Italy. Indiana University Press. (ISBN 0-253-34514-6), (ISBN 978-0-253-34514-1)

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Référence Fossilworks Paleobiology Database : Tanystropheus von Meyer, 1852 (en)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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