Swan Lake

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le ballet de Matthew Bourne. Pour le ballet de Tchaïkovski, voir Le Lac des cygnes. Pour les autres significations, voir Swan.

Swan Lake est un ballet de Matthew Bourne, créé en 1995, sur la musique du Lac des cygnes de Tchaïkovski.

La surprise majeure de cette interprétation vient de ce que les deux actes de Lev Ivanov sont dansés en force et puissance par des hommes uniquement plutôt qu'en grâce et légèreté par des femmes. Dans le reste de la représentation, le corps de ballet est mixte et la chorégraphie appuie fortement l'aspect sexué des relations entre hommes et femmes.

En remplaçant les cygnes incarnés par des femmes par un ensemble masculin menaçant, Matthew Bourne marie danse, élégance, humour et mime pour présenter un Lac des cygnes moderne, provocant et saisissant : Swan Lake transforme l'un des ballets les plus appréciés au monde en un conte contemporain, proposant au public une analyse sincère et approfondie de l'amour humain, de l'oppression sociale et du pouvoir de l'imagination.

Distribution des rôles principaux (9 novembre 1995, Sadler's Wells Theatre, Londres)[modifier | modifier le code]

  • Le Cygne / L’Étranger : Adam Cooper
  • Le Prince : Scott Ambler
  • La Reine : Fiona Chadwick
  • La Princesse (créditée sous le nom "Petite-amie") : Saranne Curtin
  • Le New Philharmonic Orchestra est dirigé par David Lloyd-Jones.

La version DVD date de la même année et est produite par la BBC et NVC Arts.

Distribution des rôles principaux (1996, West End, Londres)[modifier | modifier le code]

  • Le Cygne / L’Étranger : Adam Cooper
  • Le Prince : Scott Ambler
  • La Reine : Fiona Chadwick
  • La Princesse (créditée sous le nom "Petite-amie") : Emily Piercy
  • Le New London Orchestra est dirigé par David Lloyd-Jones, comme à la grande première.

Distribution des rôles principaux (2012, Sadler's Wells Theatre, Londres)[modifier | modifier le code]

  • Le Cygne / L’Étranger : Richard Winsor
  • Le Prince : Dominic North
  • Le Prince, jeune : Joseph Vaughan
  • La Reine : Nina Goldman
  • La Princesse (créditée sous le nom "Petite-amie") : Madelaine Brennan
  • Le Directeur de cabinet : Steve Kirkham
  • Le New London Orchestra est dirigé par David Lloyd-Jones.

Récompenses et reconnaissances[modifier | modifier le code]

  • Swan Lake remporte plus de 30 récompenses internationales de théâtre, dont 3 Tony Awards lors de son passage à Broadway.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

  • La dernière scène du film Billy Elliot montre Adam Cooper, jouant Billy à 25 ans, qui interprète le Cygne dudit ballet.
  • Cette création originale a été le ballet dont les représentations ont durées le plus longtemps à Londres et à Broadway.

Arguments[modifier | modifier le code]

Ce synopsis est dérivé du DVD et du programme. L’histoire générale du ballet tourne autour du Prince solitaire, de sa mère la Reine – qui est distante avec son fils – et du Cygne, représentation du désir d’amour et de liberté du Prince.


ACTE I

  • Scène I : Le Prince est un jeune garçon qui cauchemarde dans son lit. La vision d’un cygne menaçant le fait se réveiller en panique, avant que la Reine n’arrive. Bien que souhaitant le réconforter, elle refuse de le prendre dans ses bras, puis elle s’en va.
  • Scène II : Le Prince se réveille, tandis que femmes de chambres et valets, sous l’œil méticuleux du Directeur de cabinet (alias Von Rothbart), préparent le Prince pour ses affaires royales.
  • Scène III : Le Prince, en uniforme, et sa mère participent à différents événements, tel que le baptême d’un navire, accompagnés de citoyens Britanniques ; ces tâches officielles ennuient profondément le Prince qui s’en va de la scène. On devine qu’une dizaine d’années se sont écoulées car le Prince réapparaît à la même place qu’au début, mais l’acteur est adulte. Cela ne l’empêche pas d’être toujours aussi las des cérémonies, et à la Reine, d’être tentée et de fricoter avec quelques jeunes soldats à qui elle remet des décorations… Alors qu’il s’ennuyait, le Prince aperçoit qu’on amène une statue sous un drap représentant un jeune homme nu, dos au public ; il sera agréablement troublé par celle-ci. Enfin, une Princesse, que d’aucun qualifierons de « nunuche », sera présentée au Prince comme étant sa « petite-amie », et dont les manière laissent à désirer, ce qui ennuiera bien la Reine. La voyant follement amoureuse de lui, le Prince est ravi et dansera avec elle, sous l’œil ravi de Von Rothbart. Les amoureux préfèrerons s'éloigner quand la Reine revient, avant de partir pour l'Opéra.
  • Scène IV : Le Prince, la Princesse, la Reine, un Soldat et Von Rothbart apparaissent tous dans une loge de théâtre, où ils regardent un ballet qui est mis en scène pour le public réel ainsi que pour les personnages, créant ainsi une mise en abime. Les mauvais comportement de la petite amie à la représentation – téléphone qui sonne, cris, éclats de rires bruyants ou encore proposer des bonbons - et la perte de sa bourse sur la scène, agacerons la Reine et Von Rothbart. Le décor du fond de la scène, les costumes, les personnages et la pseudo-trame narrative parodient les ballets romantiques tel que La Sylphide ou encore Le Lac des cygnes lui-même.
  • Scène V : Dans la chambre de son fils, la Reine trouve ce dernier qui s’enivre devant un miroir, à sa grande stupéfaction. S’engage alors un pas de deux presque violent entre les deux : lui qui plaide pour son attention et son amour, elle tente de le repousser d’elle, assez nerveusement : elle est la reine avant d'être sa mère. Il fini par retomber dans sa mélancolie et décide de partir.
  • Scènes VI et VII : C'est là que la chorégraphie s'écarte du ballet classique, puisque l’on passe au jazz et la danse moderne. Le Prince déambule dans les rues, puis il entre dans une discothèque (le "Swank bar") des années 70, dans laquelle se trouvent des marins, des danseuses, des garçons des rues, des jeunes filles, un couple de marin gays, des travestis… Et même la Princesse et Von Rothbart (qui lui est ici incognito). Le Prince se laisse aller, ce que les deux acolytes tentent d'éviter. Le Prince quelque peu saoul et toujours dépressif est viré du bar pour s'être battu ; dans la rue, à terre, il est frappé par l'un des marins, avant que l’autre n’arrive et qu’il s’en aillent ensembles, lui mettant même la main aux fesses.
  • Scène VIII : Le Prince voit la Princesse sortir de force et être payée par Von Rothbart,pour qu’elle continue de faire semblant de l'aimer. La Princesse préfère donner son argent à un garçon, plutôt que d'accepter cette argent qui lui brûle les doigts. Honoré de ce geste mais malgré tout brisé, le Prince souhaite s’homicider.
  • Scène IX : Il commence à imaginer un groupe de cygnes volant vers lui mais la vision disparaît. C'est le premier signe de démence du Prince.


ACTE II

  • Aux abords d’un lac dans un jardin public, le Prince s’assied sur un banc et écrit sa lettre de suicide qu’il accroche sur un poteau où il y a marqué « Ne pas nourrir les cygnes ». Perdu et déçu de ne jamais trouver d'affection réelle, le Prince part se jeter dans un lac aux cygnes. Il est sauvé par une autre vision dans laquelle il est entouré par des cygnes – joués par un groupe de danseurs uniquement masculins, aux torses nus - et « le » Cygne, qui lui était apparu dans ses cauchemars d’enfant. Initialement rejeté par ce dernier qui semble être le chef de tous les autres, le Prince est peu à peu accepté. Dans un pas de deux sensuel entre lui et le mâle alpha, il est pris dans ses bras, réalisant finalement ce qu'il a toujours désiré. Ayant retrouvé la joie de vivre en même temps que la raison et abandonne l’idée de mourir ; il embrasse une vieille dame qui passait, avant de retourner au château.


Acte III

  • Scène I : De belles femmes de tout pays, dont la Princesse, et Gardes-du-corps arrivent devant les portes du palais pour un bal ; une foule de photographes et de Britanniques derrière une corde rouge, leurs demandent des autographes et des interviews, mais ils n’y prêtent pas attention, sauf la Princesse.
  • Scène II : Dans la salle de bal, où des gigantesques torches sont tenues par des mains immenses, attendent les invités ; la Reine et son fils arrivent et ils regardent les autres danser - Von Rothbart et la Princesse discutent de la suite des évènements en dansant - après quoi, le fils et sa mère les rejoignent. Bien qu'elle veuille lui parler, la Princesse est repoussée par le Prince. Les autres femmes tentent de séduire le Prince, mais celui-ci ne leurs accordes qu’une légère attention… La Princesse tente à nouveau de parler avec le Prince, et dans un excès de colère, il lui parle de son imposture.
  • Scène III : Mais la compagnie n’a pas le temps de s’émouvoir de cette annonce car, comme dans Le Lac des cygnes où celle qui joue Odette le cygne blanc est souvent Odile le cygne noir, arrive un Étranger aux mêmes traits que le Cygne bien-aimé du Prince. Attiré par lui, il est aussitôt choqué de voir un comportement aussi lascif et triomphant envers les demoiselles qui sont toutes folles de lui, et aussi la Reine ainsi que la Princesse. Von Rothbart fils – parce que c’était lui – et le Prince ne cesserons de se défier durant les danses successives. Suivrons différents styles de danses par les La Reine est très attiré par ce beau mâle, et son fils est empli de jalousie quand il les voient danser ; il finira d’ailleurs par s’imaginer en faire autant avec lui, de manière sensuelle, avant qu’il ne soit rejeté violemment par l’Étranger. Ses mouvements erratiques ayant intrigués l’assemblé, il se trouve moqué de tous. Tout le monde sauf lui, danse à nouveau ; il voit la Reine (un peu ivre) et le jeune Von Rothbart finalement s’embrasser, provoquant sa colère, et il les séparera violemment. (Cet outrage lui vaudra un soufflet de la part de sa mère.) La pression est trop forte : le Prince sort un pistolet pour tenter de tuer sa mère, car elle lui a "piqué" l'homme qu'il aime. La Princesse tentera d’arrêter son amoureux, tandis que Von Rothbart père sortira aussi un pistolet pour tenter de blesser, voir tuer, le Prince, mais c’est la Princesse qui tombe morte, en ayant protégé celui qu'elle finira par vraiment aimer. Tombé aussi, il est tiré de force hors de la salle, et la Reine se jette dans les bras de son danseur. Les Von Rothbart ricanent de la situation car le tour est joué : si le Prince est déclaré fou et que la Reine épouse le fils, ils pourrons enfin régner sur le trône d’Angleterre légalement.


ACTE IV

  • Scène I :Le prince, considéré comme étant fou, est placé en asile psychiatrique, dans une pièce blanche avec une fenêtre barrée. La Reine vient le voir mais se refuse encore à lui montrer de l’affection. Un docteur, au visage de Von Rothbart et une équipe d'infirmières portant des masques qui ressemblent au visage de la Reine, le soignent dans une scène qui a quelques similitudes avec sa toilette quand il est enfant. La Reine se soucie pour lui, mais encore une fois, elle est incapable d'exprimer pleinement son affection.
  • Scène II : Le prince rampe dans son lit et semble dormir. Cependant, il cauchemarde, et des cygnes émergeant de dessous son lit et des côtés, dansent autour de lui. Il s'éveille de son cauchemar, vérifiant sous son lit et autour de sa chambre, s’il ne s’y trouve pas des cygnes. Son expression torturée et ses mouvement incohérents montrent tout la détresse du Prince. Le Cygne sort alors du matelas du lit du Prince. Le Cygne danse avec le Prince, et lui montre toute son affection. Mais cela ne plaît guère aux autres cygnes qui séparent les deux amoureux, et commencent à attaquer le Prince avant que le Cygne saute pour le sauver. La fureur des autres augmente, et leurs aigreur se porte sur le Cygne, qui disparaît ensuite, malgré ses efforts pour sauver le Prince. Le cœur brisé, ce denier gémit et s'effondre sur le lit. La Reine, ayant senti du grabuge, trouve alors le corps de son fils mort et éclate en sanglots. C’est dans la mort que le Prince et le Cygne sont réunis, ce dernier tenant son bien-aimé dans ses ailes, au-dessus de la scène où la Reine se lamente.


  • NOTE : le DVD 2010 montre une nouvelle histoire : l’intrigue ayant évoluée en quinze ans, la sous-intrigue de la conspiration pour le trône d’Angleterre a disparue. Le Directeur de cabinet est seulement un fonctionnaire au service de la famille royale, et n’a plus de double identité, mais la Princesse joue toujours un rôle d'imposture. Quant à l’Étranger, il n’est plus Von Rothbart fils et son identité reste vague, aussi sa relation avec le Prince est ambiguë, et c’est le spectateur qui se fait sa propre idée.


Une interview de Matthew Bourne[modifier | modifier le code]

À l'occasion de la reprise de son spectacle à Paris, Matthew Bourne a donné une interview qui éclaire sa conception du ballet en général et du Lac des cygnes en particulier[1].

Qu’est-ce qui vous attire dans les œuvres classiques ?
Une musique superbe et des histoires superbes. Mais par-dessus tout, je dois dire que c’est la musique qui m’attire initialement. Je n’ai pas de formation musicale formelle et je peux donc uniquement étudier la musique en l’écoutant à de multiples reprises jusqu’à ce que j’aie l’impression de la comprendre (...). Il faut que j’aime passionnément la partition avec laquelle je travaille et que je ressente le désir de la communiquer au public. C’est pourquoi je suis attiré par les grands ballets et par la musique de Tchaïkovski en particulier. Elle est tellement mélodique, dramatique, palpitante que je ne m’en lasse jamais (...). Les grands ballets ont également des scénarios très simples mais puissants, qui s’intéressent aux thèmes universels de l’amour et de la trahison, du bien et du mal et créent une atmosphère constante de magie et de mystère. À partir de là, je peux développer une version très personnelle autour de l’histoire d’origine.
Qu’est-ce qui vous a particulièrement attiré dans le Lac des Cygnes ?
C’est le premier ballet auquel j’ai assisté, interprété par le Scottish Ballet en 1979. Auparavant, mes seuls contacts avec la danse avaient été au cinéma et dans les comédies musicales. Mon idole était Fred Astaire. J’étais très surpris par la vitesse du mouvement des cygnes. Comme je n’avais jamais vu de ballet, je pensais que ce serait un spectacle majestueux et lyrique mais c’était bizarre et merveilleux. J’étais mordu ! (...) La variété de cette œuvre m’attire également beaucoup. J’entrevoyais la possibilité de créer une histoire très humaine, dotée d’un énorme potentiel dramatique, de me laisser aller à mes tendances plus satiriques et humoristiques tout en créant des suites entières de mouvements abstraits, tout cela sur la musique de danse parmi les meilleures jamais composées. Irrésistible !
Pourquoi un cygne mâle ?
L’idée d’un cygne masculin est tout à fait logique pour moi : la force, la beauté, l’envergure des ailes de ces oiseaux me rappelle la musculature d’un danseur beaucoup plus qu’une ballerine en tutu blanc. La ballerine réussit à suggérer la beauté sereine de l’oiseau qui glisse sur l’eau mais l’une de ces images que nous avons étudiées durant les répétitions était un film au ralenti d’un cygne qui attaquait un petit bateau de pêche (pour protéger ses petits, je crois) et c’était terrifiant. Nous voulions exprimer le côté plus violent des cygnes. C’était également plus facile de créer une nouvelle chorégraphie et de nouvelles images avec ce changement de sexe. La vision d’une ballerine dans le rôle du cygne est tellement incrustée dans l’esprit de chacun qu’il aurait été extrêmement difficile de remplacer cette image par mes idées si j’avais utilisé des danseuses. En utilisant des hommes, on efface toutes ces images dans l’esprit du public et on libère son imagination (...).
Je pense également que je voulais faire des expériences avec la danse masculine, tenter de créer quelque chose de beau et de lyrique pour les danseurs en laissant leur virilité absolument intacte. Je voulais aussi que les scènes où figurent les cygnes soient chargées de sexualité, de sensualité et d’audace, mais sans la parade d’égos machistes qui est l’apanage de beaucoup de chorégraphies réalisées pour des danseurs.
Pourquoi la transposition à la Cour royale d’Angleterre ?
Le Lac des cygnes a toujours eu comme sujet les problèmes d’un mariage royal. La Reine veut que le Prince épouse une Princesse, le Prince veut se marier par amour, etc. Ma version du Lac est beaucoup plus proche de nous à cause de la période durant laquelle l’action se déroule (entre 1950 et aujourd’hui), et je ne nie pas que nos personnages royaux ressemblent à certains membres de la saga des Windsor. Mais nos recherches ont couvert un éventail bien plus large de personnages royaux depuis 150 ans (...). La différence entre la vie publique et la vie privée d’un personnage royal est également un domaine fascinant à explorer. Je crains que nous n’ayons rendu la vie privée et la vie publique de notre Prince aussi horribles l’une que l’autre mais cela contribue à créer le vide affectif qui se trouve au cœur de sa malheureuse existence et qui est absolument essentiel dans l’histoire du Lac des cygnes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]